Sinokor propose une prime équivalant à six mois de salaire pour un transit pétrolier d'un mois dans le détroit d'Ormuz alors que les attaques contre les navires se multiplient
Sinokor Group, le plus grand propriétaire de pétroliers au monde, propose à ses équipages six mois de salaire supplémentaire pour un aller-retour entre l'Irak, l'Arabie saoudite et le golfe d'Oman, alors que les attaques contre les navires marchands s'intensifient dans la région.
L'offre de prime
Sinokor Group, le plus grand propriétaire de superpétroliers au monde, a proposé une incitation financière exceptionnelle aux équipages prêts à naviguer dans le détroit d'Ormuz. Selon un document diffusé la semaine dernière et consulté par Bloomberg, l'entreprise offre six mois de salaire supplémentaire pour un seul aller-retour d'environ un mois. Le voyage consiste à charger du pétrole brut dans des ports irakiens ou saoudiens et à le décharger dans le golfe d'Oman.
Les capitaines, qui peuvent gagner jusqu'à 15 000 USD par mois, sont ceux qui bénéficient des montants absolus les plus élevés, tandis que les membres d'équipage subalternes, qui gagnent normalement environ 1 500 USD par mois, verraient une augmentation proportionnelle importante. Deux responsables de compagnies maritimes ont confirmé les barèmes salariaux à Bloomberg, et une source de recrutement a noté que même si d'autres entreprises offrent des primes inférieures, les taux restent très attractifs.
Des dangers croissants dans le Golfe
Les attaques contre les navires marchands dans le golfe Persique et ses approches se sont intensifiées depuis le déclenchement d'un conflit à la fin février. L'agence maritime de l'ONU rapporte qu'au moins 59 navires commerciaux ont été touchés et 17 marins tués. Rien que la semaine dernière, au moins deux marins sont morts dans des frappes, et un autre navire a été abandonné lundi 20 juillet.
Ces incidents ont suscité une nouvelle vague de propositions de primes. L'offre de Sinokor était en préparation avant la dernière attaque, mais la violence a rendu le calcul risque-récompense encore plus aigu.
Certaines entreprises leur offrent d'énormes primes.
Le capitaine Pradeep Chawla, président de GlobalMET, un organisme qui coopère avec l'Organisation maritime internationale sur la formation des marins, a déclaré à Bloomberg que de nombreux membres d'équipage refusent de naviguer dans la zone de danger, mais que les armateurs parviennent toujours à pourvoir les postes.
- Un conflit éclate dans la région du golfe Persique, déclenchant des attaques contre la navigation marchande.
- Au moins deux marins tués dans des attaques la semaine dernière, portant le bilan à 17 morts.
- Sinokor Group diffuse un document de prime offrant six mois de salaire supplémentaire pour les transits par Ormuz.
- Un autre navire abandonné lundi après une nouvelle attaque.
- Des rapports détaillent l'ampleur des primes de risque et le coût humain croissant.
Pression des armateurs et choix des équipages
Les armateurs peuvent exiger des millions de dollars pour un seul transit par Ormuz, et les assureurs facturent désormais des primes énormes pour le passage. Néanmoins, le fardeau le plus lourd incombe aux équipages eux-mêmes. Selon la réglementation internationale, les marins ont le droit de demander à débarquer et d'être remplacés s'ils ne souhaitent pas entrer dans une zone de risque de guerre.
Deux sources de recrutement d'équipage ont déclaré à Bloomberg que les taux de prime typiques sont inférieurs à l'offre de Sinokor, bien qu'ils restent très attractifs. L'une d'elles a indiqué que certaines entreprises n'avaient pas encore égalé le montant de six mois. Les documents montrent que l'offre s'applique à un voyage qui durerait environ un mois au total, ce qui équivaut à six mois de salaire ordinaire pour un seul trajet.
Perspectives pour le transport pétrolier
Le détroit d'Ormuz reste le point de passage le plus critique du transport pétrolier mondial, et la recrudescence des attaques oblige les armateurs à peser des revenus de plusieurs millions de dollars face à l'augmentation des coûts d'assurance et, surtout, à la sécurité de leurs équipages. Si les récompenses financières pour un seul voyage peuvent être immenses, le nombre croissant de morts (17 marins perdus depuis février) remodèle les décisions sur la passerelle et dans les agences de recrutement.

