
Jaime Lorente passe à la réalisation avec « El mal hijo », un drame familial rural en Murcie en salles
L'acteur Jaime Lorente signe son premier long métrage en tant que réalisateur avec « El mal hijo », adapté du roman de Salvador S. Molina, qui sort dans les salles espagnoles vendredi 16 octobre. Les critiques sont partagées : elles saluent les performances et s'interrogent sur le brusque changement de ton du film.
Cinq ans pour arriver à l'écran
Lorente a tenté de réaliser son premier long métrage pendant cinq ou six ans, et « El mal hijo » est le quatrième scénario que son équipe a cherché à porter à l'écran, a-t-il déclaré à La Razón. Le film n'adapte que la première partie du roman de Salvador S. Molina, la seconde, qui suit Rubén adulte, relevant de la fiction, a précisé Lorente. Il a tourné six semaines en Murcie, sa région natale, parce qu'il voulait un morceau de sa terre dans le film, a-t-il expliqué à La Vanguardia. Le film a été présenté dans la section Nouveaux réalisateurs du dernier festival de Saint-Sébastien, et Lorente a confié avoir longtemps espéré l'y présenter en première.
L'histoire
Un garçon de onze ans nommé Rubén vit avec sa grand-mère dans la campagne murcienne après que son père toxicomane a disparu de sa vie. La première partie est un drame familial vu principalement à travers les yeux de l'enfant, centré sur un père peu fiable et réfractaire à toute responsabilité. La seconde partie est un thriller situé des années plus tard, lorsque la grand-mère souffre de démence, que Simón s'occupe d'elle et que la famille doit de l'argent à un oncle exploiteur, Juanji. Lorente a déclaré que la dépendance porte le récit moins comme une maladie que par ce qu'elle fait à l'entourage, en particulier à la grand-mère. Le film est dédié aux grands-mères de Lorente, aujourd'hui disparues.
Je crois que l'amour le plus pur réside dans les grands-mères du monde.
Le casting réunit Miguel Ángel Puro, Susi Sánchez, Hugo Arbués et Óscar de la Fuente, et le film dure 106 minutes. Sa première moitié a été tournée en 16 mm et la seconde en 35 mm, un changement qu'El Periódico relie à la vie du protagoniste avant et après un tournant.
Accueil critique
Les critiques sont partagées. La Razón a attribué au film deux étoiles et demie, a jugé que le ton change brusquement entre les deux moitiés et a salué la complicité entre Hugo Arbués et Susi Sánchez. El País a parlé d'un premier film méritoire mais rugueux, avec une intrigue parfois peu crédible. El Mundo lui a donné trois étoiles et a décrit un film viscéral mais aussi surexcité, où chaque scène cherche à se distinguer. La critique de La Razón suggère également que le film abuse peut-être des malheurs sombres comme la dépendance, l'anorexie et la maladie.
Jeu, réalisation et enjeux personnels
Interrogé sur le cumul des deux fonctions, Lorente a déclaré qu'il ne réaliserait plus et ne jouerait plus en même temps, et il en a expliqué la raison dans un entretien à La Razón.
J'ai réalisé que mon énergie d'acteur et mon énergie de réalisateur sont très différentes, et je pense qu'elles sont incompatibles.
Dans un entretien à ABC, Lorente a déclaré partager avec le personnage du père une période difficile d'obscurité dans sa propre vie, ce qui lui a permis d'incarner le personnage sans jugement. Il s'est demandé ce qu'aurait pu devenir le père s'il avait pu entrer dans un centre de soins sans que cela coûte une fortune. Il a aussi dit partager avec Rubén un manque de gestion émotionnelle et une tendance à traverser les vagues d'émotion par l'autodestruction. Il a confié à La Razón que le fait d'être père avait façonné sa manière de dessiner les personnages, notamment dans la façon dont la grand-mère pose des limites avec bienveillance.


