Israël et le Liban tiennent des pourparlers à Rome alors que le réseau de tunnels du Hezbollah occupe le devant de la scène
Des pourparlers politiques directs entre des représentants israéliens et libanais reprennent aujourd'hui à Rome, avec pour principaux points à l'ordre du jour la mise en œuvre de leur accord de sécurité et le vaste réseau de tunnels du Hezbollah dans le sud du Liban.
La réunion de Rome
Des représentants des gouvernements israélien et libanais se réunissent à Rome le 4 août 2026 pour de nouvelles discussions politiques sur leur accord de sécurité bilatéral. Selon les milieux gouvernementaux libanais, le réseau de tunnels souterrains du Hezbollah sera un sujet central. Ces discussions directes interviennent dans un contexte de tensions persistantes le long de la frontière israélo-libanaise, où un cessez-le-feu fragile depuis juin a été mis à l'épreuve par les récentes opérations militaires israéliennes.
L'infrastructure souterraine du Hezbollah
Le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a construit une structure militaire souterraine pendant des décennies, qu'Israël considère comme une menace directe. Selon des observateurs et des experts, le réseau de tunnels comprend des centres de commandement, des dépôts d'armes, des positions de lancement, des couloirs d'approvisionnement et des passages protégés permettant aux combattants de se déplacer sans être détectés. Le système s'étend sur plusieurs régions et atteint la partie nord de la vallée de la Bekaa, bien qu'il ne soit pas interconnecté à l'échelle nationale.
Les tunnels sont un élément « extrêmement important » de l'infrastructure militaire du Hezbollah.
L'expert militaire libanais Munir Shehadeh a expliqué que le déplacement des infrastructures militaires sous terre a fondamentalement changé le champ de bataille. Israël dispose d'une puissance aérienne supérieure, de reconnaissance par satellite, de drones, de surveillance électronique et d'armes de précision. Shehadeh a déclaré que la stratégie des tunnels visait à protéger les combattants, les armes et les centres de commandement tout en maintenant les opérations sous des frappes aériennes intenses. Au fil des ans, le Hezbollah a massivement investi dans sa capacité de guerre souterraine, et le système a atteint nombre de ses objectifs, même s'il n'a pas empêché Israël d'entrer dans le sud du Liban et de détruire des parties importantes de l'infrastructure militaire de l'organisation. Des images satellite montrent que les opérations de démolition israéliennes ont causé des destructions massives dans plusieurs villages du sud du Liban.
Avertissements et opérations israéliens
Israël a mis en garde à plusieurs reprises contre le risque que les combattants du Hezbollah utilisent les tunnels pour lancer une attaque à grande échelle contre le nord d'Israël, calquée sur l'assaut du Hamas du 7 octobre 2023. Le Washington Post rapportait il y a plus de deux ans, citant un représentant du Hezbollah, que l'unité d'élite Radwan avait été créée pour des missions offensives, y compris des attaques transfrontalières contre Israël.
L'armée israélienne détruit des tunnels du Hezbollah au Liban depuis plusieurs années, y compris certains qui pénétraient en territoire israélien. Des rapports libanais indiquent que des immeubles résidentiels ont été endommagés à plusieurs reprises lors de ces opérations. Les forces de maintien de la paix de l'ONU au Liban ont également déclaré avoir découvert un vaste réseau de tunnels dans le sud du pays à l'été 2025. Plus récemment, l'armée israélienne a détruit un tunnel appartenant au groupe chiite près du château de Beaufort, historiquement et stratégiquement important dans le sud du Liban, en utilisant environ 700 tonnes d'explosifs. Selon des sources israéliennes et libanaises, le château lui-même n'a pas été endommagé. L'agence de presse d'État libanaise NNA a fait état d'une autre vague de destructions violentes dans plusieurs villes au cours du week-end, décrite comme l'une des plus sévères depuis le début du cessez-le-feu en juin.
Évaluation des experts
Les experts considèrent le système de tunnels comme une réponse calculée à la supériorité militaire d'Israël. En déplaçant ses actifs sous terre, le Hezbollah tente de neutraliser les avantages en matière de puissance aérienne et de surveillance. Cependant, la stratégie a ses limites : les incursions terrestres israéliennes et les opérations de démolition de précision ont tout de même infligé des pertes substantielles à l'infrastructure du groupe, comme le confirment les images satellite et les rapports du terrain dans le sud du Liban.
L'objectif était de construire une infrastructure militaire souterraine qui protège les combattants, les armes et les centres de commandement tout en maintenant les opérations sous des frappes aériennes intensives.
Dans ce contexte, la réunion de Rome aujourd'hui devrait permettre de tester si l'accord de sécurité peut répondre à la menace des tunnels tout en préservant le calme fragile le long de la frontière.


