Généré par IA·En savoir plus
© POLITICO
Conflits·-1 h

Rubio dit au Congrès que l'Iran pourrait discuter d'un accord nucléaire alors que Téhéran suspend les pourparlers de paix et ferme Ormuz

Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré au Sénat que l'Iran avait accepté de négocier des questions nucléaires qu'il refusait auparavant d'aborder, alors même que Téhéran annonçait suspendre les pourparlers de paix et se préparer à fermer complètement le détroit d'Ormuz.

Deux récits contradictoires

Le secrétaire d'État Marco Rubio a comparu mardi devant la commission sénatoriale des relations étrangères, offrant une vision prudemment optimiste des progrès diplomatiques avec l'Iran. Il a affirmé que Téhéran avait accepté de négocier des aspects de son programme nucléaire qu'il refusait d'aborder il y a encore un mois. « Il y a une perspective devant nous, qui pourrait se concrétiser aujourd'hui, demain, la semaine prochaine, que pour la première fois, du moins dans ma mémoire, ils aient accepté de négocier des aspects de leur programme nucléaire qu'ils refusaient il y a encore un mois », a déclaré Rubio aux sénateurs.

Son témoignage est intervenu le lendemain matin de la publication par l'agence Tasnim, affiliée à l'État iranien, d'un rapport selon lequel Téhéran cesserait d'échanger des messages avec Washington par l'intermédiaire de médiateurs, pointant les opérations militaires israéliennes au Liban comme une violation du cessez-le-feu. The Guardian a rapporté que l'Iran se préparait également à fermer complètement le détroit d'Ormuz.

Le cadre en deux phases

Rubio a présenté une approche en deux phases pour les discussions. La première phase verrait l'Iran rouvrir le détroit d'Ormuz et s'engager à ne pas imposer de péage aux navires de transit ni à tirer sur eux. Ils doivent également accepter des discussions de suivi sur leur programme nucléaire, où un allègement plus large des sanctions pourrait être discuté. Il a précisé que l'allègement des sanctions est lié aux concessions nucléaires, et non à la seule réouverture de la voie navigable.

Tout allègement des sanctions est conditionnel, ce qui signifie qu'il doit être en échange de la raison pour laquelle ces sanctions ont été imposées en premier lieu, à savoir leur programme nucléaire.

Il a ajouté que des progrès pourraient intervenir dès cette semaine, mais aussi peut-être la semaine prochaine.

Le tableau militaire

Rubio a dressé un tableau d'une dégradation étendue des capacités militaires conventionnelles de l'Iran. Il a suggéré que le programme de missiles iranien avait été « considérablement dégradé », sa capacité de lancement réduite, et sa capacité de construction de drones « érodée ». Il a déclaré que la marine iranienne était détruite. « Il n'y a pas de marine iranienne », a-t-il dit. « Elle gît au fond de l'océan et, d'ici quelques années, ce seront d'excellents sites de pêche, car ils se transformeront en récifs. »

Ces affirmations ont été contestées. Le New York Times a rapporté en mai que l'Iran avait conservé environ 70 % de son stock de missiles d'avant-guerre, bien que des analystes aient noté que les dégâts les plus importants pourraient concerner la capacité de l'Iran à les remplacer, plus de 85 % de la base industrielle de missiles balistiques, de drones et de défense navale de l'Iran étant endommagée ou détruite. Rubio a concédé que le régime possédait encore « beaucoup de drones », les qualifiant de faciles à fabriquer et de problème omniprésent.

La direction et le guide suprême

Rubio a également abordé le statut de Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père Ali Khamenei après que le guide suprême a été tué lors des frappes initiales américano-israéliennes du 28 février. Mojtaba Khamenei n'a pas été vu en public depuis son entrée en fonction. Rubio a affirmé qu'il était vivant et de plus en plus actif. « Je pense qu'il y a des indications qu'il s'engage de plus en plus à un certain niveau », a-t-il déclaré.

Pression intérieure sur le Congrès

Des parlementaires des deux partis ont profité de l'audience pour réclamer la fin du conflit, qui a commencé par des frappes des États-Unis et d'Israël le 28 février. Le sénateur démocrate du Connecticut, Chris Murphy, a exprimé sa frustration sur l'émission Face the Nation de CBS. « Nous avons besoin que cette guerre se termine, quelles que soient les conditions à ce stade », a-t-il déclaré, citant l'impact de la hausse des prix de l'essence sur les consommateurs et les entreprises américains.

Nous avons besoin que cette guerre se termine, quelles que soient les conditions à ce stade.

Les républicains espèrent que Trump pourra rouvrir le détroit d'Ormuz et faire baisser les prix de l'essence avant les élections de novembre qui décideront si le parti conserve ses majorités étroites au Congrès. Parallèlement, Trump doit faire face aux faucons iraniens de son parti qui s'opposent à toute concession à Téhéran. L'administration cherche également l'approbation du Congrès pour une réduction proposée de 30 % du budget des affaires étrangères tout en demandant une augmentation de 50 % des dépenses militaires.

La voie à suivre

Le mois dernier, le Sénat américain a voté pour faire avancer une résolution sur les pouvoirs de guerre qui mettrait fin au conflit iranien. Le témoignage de Rubio marquait sa première apparition publique devant le Congrès sur la guerre, bien qu'il ait informé les membres à huis clos. Les auditions se poursuivent sur deux jours, couvrant la demande de budget du Département d'État devant la commission sénatoriale des relations étrangères, la commission des affaires étrangères de la Chambre, et les sous-commissions des crédits de la Chambre et du Sénat.

Moments clés du conflit et de la diplomatie iraniens
  1. Les États-Unis et Israël lancent des frappes initiales sur l'Iran ; le guide suprême Ali Khamenei est tué
  2. Le New York Times rapporte que l'Iran a conservé environ 70 % de son stock de missiles d'avant-guerre
  3. Le Sénat américain vote pour faire avancer une résolution sur les pouvoirs de guerre afin de mettre fin au conflit iranien
  4. L'agence de presse iranienne Tasnim rapporte que Téhéran suspend les pourparlers de paix et se prépare à fermer complètement le détroit d'Ormuz
  5. Rubio témoigne devant la commission sénatoriale des relations étrangères, affirmant que l'Iran est prêt pour des discussions nucléaires
Washington · Téhéran

3 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie