
L'Allemagne participera pour la première fois à un exercice nucléaire français, Merz et Macron promettent une coopération défensive et technologique renforcée
Les forces allemandes participeront pour la première fois à un exercice nucléaire français d'ici la fin de l'année, tandis que les deux gouvernements se sont également engagés à construire un « backbone numérique souverain européen » et à contrer les pratiques commerciales chinoises.
Coopération en matière de dissuasion nucléaire
L'Allemagne participera pour la première fois à un exercice nucléaire français avant la fin 2026, une première que le chancelier Friedrich Merz a décrite comme une étape vers une éventuelle nouvelle doctrine. La décision a été annoncée après une session du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité sur la base aérienne de Nörvenich, près de Cologne. Merz a déclaré que cette mesure complète les accords de partage nucléaire de l'OTAN, sans les remplacer. Le président français Emmanuel Macron a souligné que la France seule financera sa dissuasion nucléaire. Huit autres pays européens (Royaume-Uni, Pologne, Pays-Bas, Belgique, Grèce, Suède, Danemark et Norvège) ont déjà accepté de renforcer leur coopération nucléaire avec la France.
Nous procédons étape par étape, il se peut que cela aboutisse à une nouvelle doctrine, mais il est bien trop tôt pour le dire aujourd'hui.
Macron a déclaré que l'Allemagne jouerait un « rôle d'avant-garde » dans la dissuasion, la coopération comprenant des exercices conjoints, le partage de pratiques et une plus grande confiance entre les équipes militaires. Un exercice symbolique conjoint de ravitaillement en vol impliquant des Rafale français et des Eurofighter allemands a eu lieu jeudi.
Projets industriels de défense
Les deux gouvernements ont convenu de lancer un programme de recherche pour le Système principal de combat terrestre (MGCS), le projet franco-allemand visant à remplacer les chars Leopard 2 et Leclerc par un réseau de véhicules avec et sans équipage. L'objectif initial est une preuve de concept couvrant la conduite autonome, les capteurs et la mise en réseau sur le champ de bataille. Concernant le Système de combat aérien du futur (FCAS) en difficulté, la déclaration commune n'a pas mentionné l'avion de combat de nouvelle génération, mais les dirigeants ont déclaré qu'ils créeraient un « standard de combat collaboratif européen » permettant aux avions de combat, drones et autres aéronefs de différents pays de communiquer et de combattre ensemble. La France et l'Allemagne travailleront également avec la Grande-Bretagne pour examiner une coopération sur les missiles à longue portée, avec une technologie qui pourrait donner aux armes une portée de 2 500 kilomètres, en exploitant les capacités d'ArianeGroup. Les deux gouvernements ont également réitéré leur soutien à une cotation en Bourse du fabricant de chars KNDS, à condition que les conditions du marché soient réunies et que les deux parties soient d'accord.
Technologie et espace
Un groupe de travail conjoint de haut niveau pour le secteur spatial a été créé, et les deux pays se sont engagés à une coopération plus étroite sur les satellites de reconnaissance et à une plus grande utilisation des fusées européennes, dont Ariane 6, pour les lancements militaires. La déclaration a également soutenu le système satellitaire européen Iris², visant à réduire la dépendance vis-à-vis d'autres fournisseurs avec environ 300 satellites. Sur le plan numérique, la France et l'Allemagne examineront le développement d'un « backbone numérique souverain européen », citant la plateforme d'IA militaire française Arcadia comme alternative au logiciel Maven de Palantir utilisé par l'OTAN. Une coopération dans les domaines de l'intelligence artificielle, des technologies quantiques et de la fusion nucléaire a également été convenue, le document conjoint reconnaissant l'importance cruciale de l'énergie de fusion.
Position économique sur la Chine
Les deux dirigeants ont pris pour cible les pratiques commerciales de la Chine. Merz et Macron ont déclaré que la Chine fournit au moins huit fois le niveau de soutien public à son industrie observé dans les autres pays de l'OCDE. Macron a noté que l'Europe affiche un déficit commercial avec la Chine d'un milliard d'euros (1,14 milliard de dollars) par jour. « Nous ne sommes en aucun cas anti-chinois, ni dans notre diplomatie ni dans notre économie, mais nous avons une vision lucide », a déclaré Macron.
Nous ne sommes en aucun cas anti-chinois, ni dans notre diplomatie ni dans notre économie, mais nous avons une vision lucide.
Contexte politique
La réunion au château d'Augustusburg à Brühl, où Charles de Gaulle a proposé le traité d'amitié à Konrad Adenauer en 1962, était probablement la dernière à ce niveau avec Macron avant l'élection présidentielle française de 2027. Merz a déclaré que l'Allemagne reste ouverte à une coopération plus approfondie quel que soit le résultat des élections. Les deux dirigeants ont également convenu d'une coopération militaire plus étroite avec l'Italie. Merz a remercié Macron pour la confiance et l'enthousiasme qui ont marqué le conseil, et tous deux ont réaffirmé leur engagement à soutenir l'Ukraine jusqu'à ce qu'une paix préservant sa souveraineté et la sécurité européenne soit obtenue. La journée a commencé par la descente des deux dirigeants d'un hélicoptère Super Puma, symbole de la coopération franco-allemande, avant qu'un survol de Rafale et d'Eurofighter n'ait lieu.
- Les Rafale français et Eurofighter allemands effectuent un exercice conjoint de ravitaillement en vol.
- Merz et Macron tiennent le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité sur la base aérienne de Nörvenich.
- Honneurs militaires au château d'Augustusburg ; survol de Rafale et d'Eurofighter.
- Conseil des ministres franco-allemand réunissant dix ministres de chaque côté.
- Conférence de presse conjointe annonçant la participation à l'exercice nucléaire, le backbone numérique et d'autres initiatives.


