
Des milliers de personnes manifestent contre le coût de la vie et les loyers à Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro
Samedi 10 octobre, des manifestants à Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro ont exigé du gouvernement du Premier ministre Luís Montenegro des mesures urgentes, alors que le loyer moyen au Portugal a atteint un record de 10,17 euros le mètre carré au deuxième trimestre 2026.
Des marches dans quatre villes
Des milliers de personnes ont défilé samedi dans plusieurs villes portugaises contre la hausse du coût de la vie et du logement. Les manifestations se sont tenues à Lisbonne, Porto, Braga et Aveiro, organisées par la plateforme Não dá mais para viver assim, soutenue par plus de 30 syndicats, collectifs et associations.
À Lisbonne, la marche était prévue à 17h00 au Largo do Intendente, mais des dizaines de personnes étaient déjà rassemblées bien avant. La foule est passée de quelques centaines à plusieurs milliers de personnes en moins d'une demi-heure. Les manifestants ont ensuite rejoint le Largo de São Domingos, près du Rossio, un parcours d'environ trois heures encadré par des policiers.
À Porto, la manifestation s'est tenue à la Praça de D. João I. Les chiffres de la police (PSP) transmis à Lusa font état d'environ 1 500 personnes, d'autres sources évoquant environ 2 000 participants. Le soir, plus de deux dizaines de tentes avaient été installées devant le Teatro Municipal do Porto.
- La marche de Lisbonne devait partir du Largo do Intendente
- Plus de deux dizaines de tentes installées devant le Teatro Municipal do Porto
Ce que racontent les manifestants
Ana Mendes, 35 ans, qui dit participer pour la première fois à une manifestation, loue une chambre à Chelas pour 450 euros, soit plus de la moitié de son salaire. Elle travaille dans un centre d'appels et ne perçoit que le salaire minimum malgré un diplôme, et partage l'appartement avec deux autres couples.
Le salaire couvre à peine le loyer.
João Santos, 23 ans, titulaire d'un master, dit être aujourd'hui sans emploi après avoir arrêté de travailler pour s'occuper de ses parents malades, et avoir perdu les deux durant l'été. Il portait une pancarte à Lisbonne et exprimait sa frustration face au manque de soutien de l'État.
Ce pays n'apporte aucune aide.
À Porto, une enseignante de 53 ans, Paula Moreira, a rejoint la marche avec ses enfants et portait une pancarte demandant le départ de Montenegro. Duarte, 24 ans, a déclaré que les Portugais perdaient leurs centres-villes et a estimé que la population devait descendre dans la rue plutôt que d'attendre que le gouvernement règle seul la question du logement. Bruna Lopes, également âgée de 24 ans, dit chercher un emploi depuis trois mois après avoir terminé un master.
Des invectives contre le gouvernement
La plateforme organisatrice accuse le gouvernement de se radicaliser et de se rapprocher de Chega, le parti qu'elle cite dans ses critiques. Elle reproche aussi à Montenegro de privilégier les intérêts des grandes sociétés immobilières au détriment des conditions de vie et de la paix sociale. Montenegro dirige un gouvernement de centre droit, que des manifestants de plusieurs villes ont qualifié de passif face à la hausse des coûts.
Les griefs des manifestants s'appuient sur les données des loyers. Les loyers au Portugal ont atteint un record de 10,17 euros le mètre carré au deuxième trimestre 2026, en hausse de 10,2 % sur un an. Les loyers les plus élevés sont à Lisbonne et Porto, où les prix se situent entre 18 et 25 euros le mètre carré. Les manifestants affirment que la hausse des loyers n'a pas été accompagnée d'une progression comparable du pouvoir d'achat.
Un symbole venu d'Espagne
Le cas de Maricarmen Abascal, une Espagnole expulsée de son logement à l'âge de 87 ans, a été évoqué à Lisbonne comme à Porto. À Lisbonne, il a été cité comme un symbole de la lutte contre la spéculation immobilière. À Porto, des manifestants ont affirmé que son cas avait déclenché des manifestations dans toute l'Espagne.

