Portugal : la droite veut faire payer les étrangers non résidents pour le service de santé
Le Parlement portugais a débattu jeudi 15 octobre de propositions de loi du PSD, du CDS-PP et de Chega, les votes étant prévus vendredi matin. Le PS et d'autres partis d'opposition ont accusé la droite de faire porter aux migrants la responsabilité des problèmes du service de santé.
Les propositions de loi reviennent au Parlement
Le Parlement portugais a débattu jeudi 15 octobre d'un ensemble de propositions de loi visant à restreindre l'accès au service national de santé (SNS) pour les étrangers non résidents, un sujet que la droite qualifie de « tourisme médical ». Les propositions du PSD, du CDS-PP et de Chega avaient été approuvées en 2024, mais sont tombées caduques lors de la dissolution de l'Assemblée de la République en 2025, ce qui a conduit les partis à les redéposer. Les votes sont prévus vendredi 16 octobre au matin. Le PSD et le CDS-PP veulent que les migrants en situation irrégulière et les non-résidents paient leurs soins, tandis que Chega étend la facturation aux apatrides et aux demandeurs d'asile dont la demande n'a pas été accordée. Marta Silva, de Chega, a chiffré le gain potentiel à 15 millions d'euros par an, un chiffre qu'elle attribue à des estimations circulant parmi des sources crédibles.
Nous ne confondons pas les immigrés résidents avec les visiteurs opportunistes.
Les partis de gauche ripostent
Le Parti socialiste (PS) a fait valoir que la loi de base sur la santé en vigueur impose déjà aux non-résidents de payer, et que l'accès universel s'applique aux personnes vivant au Portugal. Le PS a également cité les conclusions d'une commission d'évaluation présidée par Maria de Belém Roseira. Mariana Vieira da Silva, du PS, s'est montrée plus directe au sujet du texte du PSD.
La proposition de loi du PSD n'est que de la propagande.
D'autres partis d'opposition, dont l'IL, ont accusé la droite de faire porter aux étrangers la responsabilité des défaillances dans le recouvrement des factures impayées par l'État. Joana Cordeiro, de l'IL, a déclaré qu'il était plus facile de pointer du doigt les personnes venant de l'étranger. Paulo Muacho, de Livre, a qualifié le débat de façade que la droite continue d'alimenter. Paula Santos, cheffe de file parlementaire du PCP, a critiqué ce qu'elle a décrit comme une « rhétorique réactionnaire, raciste et xénophobe » de la droite.
L'ampleur du phénomène
Fabian Figueiredo, du Bloco, a ouvert le débat en demandant quel était réellement l'impact annuel du traitement des étrangers non résidents, minimisant l'estimation de 15 millions d'euros. Paulo Muacho a cité les données de l'Inspeção-Geral das Atividades em Saúde (IGAS) pour 2024 : les non-résidents traités dans le SNS sans aucune couverture, telle qu'une assurance santé, une convention ou un accord international, représentaient 0,66 % des épisodes d'urgence. Le député PSD Alberto Machado a reconnu que l'ampleur réelle du phénomène était inconnue, tout en soulignant que ces coûts étaient supportés par les contribuables portugais. Le député centriste João Pinho de Almeida a ironisé sur le fait que les urgences des hôpitaux Amadora-Sintra et Garcia de Orta étaient « pleines de Suédois et de Norvégiens », et a résumé la proposition en une question.
Combien cela coûte-t-il ? Même si c'était 50 centimes, il faudrait quand même les payer.
Perspectives pour vendredi
Le PS a déposé une résolution non contraignante demandant au gouvernement de collecter des données sur l'accès des non-résidents au SNS. L'IL a proposé de percevoir le paiement à l'arrivée dans l'unité de santé, tandis que le Bloco veut supprimer purement et simplement les taxes modératrices. Livre a proposé d'améliorer l'accès des immigrés aux soins de santé. Le même jour, le PSD a présenté une proposition de loi visant à approuver le statut du Conseil national de la procréation médicalement assistée, mais l'opposition s'est concentrée sur l'absence de centres publics de PMA dans l'Alentejo et l'Algarve et sur les listes d'attente pour les traitements. Les votes sur les propositions de loi relatives à la santé sont prévus vendredi 16 octobre au matin.
