
La police évacue les tentes du camp de protestation pour le logement à Porto, les manifestants restent sur la place
Lundi 12 octobre, la police a retiré entre 50 et 60 tentes d'un camp de protestation pour le logement installé place D. João I, à Porto, depuis le samedi. Le soir, environ 200 à 250 personnes ont tenu une assemblée et voté pour passer la nuit sur la place.
La police évacue le camp à l'aube
Les manifestants campaient depuis le samedi 10 octobre place D. João I, dans le centre de Porto, après une manifestation d'environ 1 500 personnes contre le coût de la vie et le logement. Vers 06h30, lundi 12 octobre, des agents de la Polícia Municipal et de la PSP sont arrivés sur la place pour retirer les tentes. Les sources font état d'environ 50 à 60 tentes selon les comptages. João Silveira a déclaré à Lusa que le démontage des tentes avait commencé pacifiquement à 08h00, tandis que d'autres récits indiquent que la police a retiré les tentes par la force alors que les manifestants étaient encore en train de les démonter. Certains manifestants ont formé un cordon pour protéger leurs affaires, et le groupe a fini par rassembler son matériel et accepter l'ordre de quitter les lieux.
- Environ 1 500 personnes manifestent à Porto et le camp s'installe place D. João I
- La police arrive sur la place pour retirer les tentes
- Les tentes commencent à être démontées pacifiquement, selon João Silveira
- Les manifestants entament une assemblée pour préparer la suite
- L'assemblée du soir débute avec environ 200 personnes présentes, selon la PSP
- L'assemblée décide que les manifestants passeront la nuit sur la place
- Assemblée prévue sur la place, ouverte aux syndicats et aux associations
La justification de la mairie
La mairie de Porto, dirigée par Pedro Duarte, a affirmé que le camp occupait illégalement l'espace public. Dans un communiqué, la municipalité a déclaré :
L'occupation de la place D. João I par l'installation d'un camp a été évaluée par les entités compétentes et les forces de sécurité, qui doivent agir conformément à la loi, sans permettre l'occupation illégale et la dégradation de l'espace public.
La mairie a qualifié l'opération d'action conjointe de la PSP, de la Polícia Municipal et de la société municipale Porto Ambiente pour retirer les objets occupant l'espace public. Elle dit respecter le droit de manifester mais estime que l'espace public doit être utilisé dans le cadre de la loi. Un porte-parole de la PSP, cité par le Bloco de Esquerda, a reconnu que la manifestation de samedi avait été déclarée et était légale, mais a soutenu qu'une fois les tentes installées, le camp devenait illégal faute d'autorisation. La police a également indiqué au Jornal de Notícias que l'assemblée n'avait pas été déclarée 48 heures à l'avance, ce qui constitue selon elle une désobéissance, sans qu'une intervention policière soit attendue sauf trouble à l'ordre public.
Les manifestants restent sur la place
Lors d'une assemblée qui a débuté à 19h30 lundi, la PSP a compté environ 200 personnes sur la place, tandis que le Jornal de Notícias avançait le chiffre d'environ 250.
- Comptage de la PSP sur place
- 200 personnes
- Estimation du Jornal de Notícias
- 250 personnes
Ils ont retiré les tentes, mais nous allons rester ici, pacifiquement et dans l'ordre, comme nous l'avons fait jusqu'à présent.
Le Bloco de Esquerda conteste la base juridique
Le Bloco de Esquerda a adressé une question au gouvernement via le ministère de l'Administration interne, demandant qui a décidé l'évacuation et sur quelle « base juridique » les tentes et les affaires ont été saisies. Le parti soutient que l'article 45 de la Constitution garantit la réunion pacifique dans les lieux publics « sans qu'aucune autorisation soit nécessaire ». Il cite également le décret-loi 406/74 du 29 août, qui exige seulement une notification préalable au maire. Le parti affirme que la police municipale ne peut se substituer aux autorités policières qualifiées qui interrompent les manifestations en vertu de la loi de sécurité intérieure, et estime que les explications officielles varient.
La suite
Le mouvement prévoit de demander à la mairie une autorisation formelle pour reprendre le camp et espère réinstaller les tentes le mercredi 14 octobre, sur la même place. Une assemblée populaire est prévue à 19h00 ce jour-là, que les organisateurs veulent ouvrir aux syndicats, aux associations et aux personnes confrontées à des problèmes de logement. La plateforme « Não dá mais para viver assim » a également organisé des actions à Aveiro, Braga et Lisbonne.


