En bref
Selon la police, l'homme s'est engouffré dans un immeuble de la rue Marszałkowska, a attaqué une policière et l'a blessée à la tête. Elle a été transportée à l'hôpital et un couteau a été retrouvé sous sa veste.
Kaczyński a parlé d'une attaque violente contre le bureau d'Adam Borowski, évoquant des vitres brisées et des collaborateurs roués de coups. Le quartier général de la police de la capitale a démenti tout assaut contre un bureau.
Le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński a annoncé vendredi 16 octobre que le ministère signalerait au parquet de possibles infractions commises par les journalistes de TV Republika et Tomasz Sakiewicz, notamment diffamation et insultes.
Donald Tusk a écrit sur X que la responsabilité politique de la montée de l'agressivité incombait au président Karol Nawrocki et à Jarosław Kaczyński.
Le député PiS Marek Jakubiak a affirmé qu'un ancien soldat interpellé avait le front gonflé et entaillé et se trouvait menotté dans un fauteuil roulant, sous la garde de cinq agents. Ces affirmations proviennent uniquement de Jakubiak.
Le récit de la police sur l'incident de la rue Marszałkowska
Les policiers sécurisaient un rassemblement devant le Tribunal constitutionnel (TK), vendredi 16 octobre, lorsqu'ils ont remarqué un homme dont le comportement et la nervosité ont attiré leur attention. Selon le quartier général de la police de la capitale (KSP), il s'est dirigé vers la rue Marszałkowska et s'est engouffré dans un immeuble près de l'avenue Szucha et de la place de l'Union de Lublin lorsque les agents se sont approchés pour vérifier son identité. À l'intérieur, selon la police, il s'est montré agressif, a attaqué une policière et l'a blessée à la tête. Elle a été transportée à l'hôpital pour y être soignée, tandis que les agents maîtrisaient et interpellaient l'homme. Un couteau a été retrouvé sous sa veste, et Polsat News a rapporté qu'il avait lui aussi été conduit à l'hôpital.
La version de Kaczyński et de TV Republika
Jarosław Kaczyński a écrit sur X qu'une attaque violente avait visé le bureau d'Adam Borowski, militant social lié au PiS et candidat au poste de médiateur, et a appelé à un rassemblement en défense du Tribunal prévu samedi 17 octobre. Son message disait :
« Une attaque violente contre le bureau d'Adam Borowski, un homme exceptionnellement méritant ! Des vitres brisées, des collaborateurs roués de coups. Les méthodes de ce gouvernement, c'est la violence et l'agression. »
TV Republika, dont le patron Tomasz Sakiewicz a rapporté l'affaire à l'antenne, a présenté une femme comme l'agresseur et un homme lié à la protestation comme roué de coups. Sakiewicz a affirmé qu'un collaborateur de Borowski avait été emporté inconscient et menotté. Borowski a déclaré que la force avait été employée contre un soldat des forces armées polonaises présent au bureau, venu soutenir les défenseurs du Tribunal. La police a démenti que des agents aient pris d'assaut un quelconque bâtiment et a indiqué que l'intervention visait à vérifier l'identité d'un homme au comportement suspect.
L'homme interpellé est un ancien soldat qui avait rejoint le camp de protestation devant le Tribunal depuis plusieurs jours. Le député PiS Marek Jakubiak a déclaré sur wPolsce24 l'avoir trouvé aux urgences de la rue Lindleya, le front gonflé et entaillé, menotté et assis dans un fauteuil roulant, sous la garde de cinq policiers.
Réaction du gouvernement et signalement au parquet
Le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński a annoncé que le ministère déposerait un signalement auprès du parquet concernant les journalistes de TV Republika et Tomasz Sakiewicz :
« En raison de l'agressivité croissante contre les policiers, nous avons décidé de déposer un signalement pour un possible délit commis par les journalistes de TV Republika et M. Sakiewicz. »
Il a précisé que la plainte porterait sur la diffamation des agents, les insultes à leur égard, les appels à abandonner leurs devoirs, les appels à divulguer leur vie privée et l'influence sur leurs actions officielles. La porte-parole du ministère, Karolina Gałecka, a déclaré que la couverture de la chaîne déshumanisait les policiers et que le ministère les défendrait. naTemat.pl a rapporté que la station avait qualifié les agents de « chiens dressés » et de « bourreaux en uniforme bleu ».
Le Premier ministre Donald Tusk a écrit sur X vendredi après-midi :
« Un homme avec un couteau dans la poche a attaqué une policière qui assurait l'ordre devant le Tribunal constitutionnel. Il a été interpellé et répondra devant la loi. »
Tusk a également attribué la responsabilité politique de la montée de l'agressivité au président Karol Nawrocki et à Jarosław Kaczyński.
Le bras de fer autour du Tribunal, toile de fond des affrontements
Des manifestants liés aux clubs Ruch Obrony Granic et Gazeta Polska se trouvent devant le Tribunal depuis plusieurs semaines, et des responsables du PiS les rejoignent régulièrement. L'escalade est survenue mercredi 14 octobre, lorsque Maciej Berek, choisi par la Diète début septembre comme juge, a prêté serment à la Diète avec la formule « devant le président ». Le président du TK, Bogdan Święczkowski, qui empêche Berek d'exercer, est allé à la rencontre des manifestants et leur a demandé de baisser les tensions. Jeudi 15 octobre, Berek a déclaré que Święczkowski portait la responsabilité personnelle de la situation. La police est également intervenue à l'intérieur du bâtiment du Tribunal, où se déroule un conflit autour de cinq juges ayant prêté serment devant la Diète.