
Dieter Nuhr suscite la controverse après une blague sur les féminicides, conseillant aux femmes de 'mieux connaître' leur partenaire avant d'avoir des relations sexuelles
La suggestion du comédien allemand Dieter Nuhr selon laquelle les femmes devraient mieux connaître leur partenaire avant un rapport sexuel pour éviter d'être assassinées a suscité une large condamnation, tandis que le diffuseur public RBB estime que ces propos relèvent de la liberté artistique.
La blague qui a déclenché la tempête
Le 18 juin, lors de son émission sur ARD « Nuhr im Ersten XXL », l'artiste de cabaret allemand Dieter Nuhr a abordé le sujet des féminicides. Il a reconnu que 300 à 350 femmes sont assassinées chaque année en Allemagne, mais a soutenu que la probabilité pour une femme de rencontrer un meurtrier parmi des millions d'hommes était « pratiquement nulle ». Il a ensuite ajouté :
Le public en studio a ri et applaudi. Quelques jours plus tard, un extrait de la séquence a commencé à circuler sur les réseaux sociaux.Pour être prudent, il ne serait pas une mauvaise idée de peut-être connaître un peu son partenaire avant d'avoir des relations sexuelles.
- Nuhr fait une blague sur les féminicides dans « Nuhr im Ersten XXL »
- Un extrait de l'émission devient viral sur les réseaux sociaux
- Nuhr publie sur Facebook rejetant les critiques comme « lächerlich »
- La RBB répond : les critiques compréhensibles, mais la liberté artistique s'applique
Réactions des médias et des victimes
Carolina Schwarz, journaliste pour « taz », a accusé Nuhr de blâmer les victimes.
Elle a noté que 87 % des féminicides sont commis par des partenaires ou ex-partenaires. L'influenceuse Josephine Schreiber, survivante de violences conjugales, a déclaré que son ancien partenaire s'était d'abord présenté comme gentil avant de lui casser le nez.À travers son conseil de sécurité, sa vision devient claire : les femmes sont en faute si elles sont tuées. Elles auraient dû simplement connaître l'homme avant d'avoir des relations sexuelles.
L'influenceuse Leonie Plaar, qui écrit sous le nom de « Frau Löwenherz », a raconté que son ex-petit ami avait d'abord frappé un mur à côté d'elle après deux ans de relation, remettant en cause l'idée qu'une connaissance précoce pourrait empêcher la violence.Cela me dégoûte de voir des personnes absolument privilégiées, qui n'ont probablement jamais vécu de violence de leur putain de vie, assises là et se marrer comme des morts de rire à propos de femmes assassinées plusieurs fois par semaine en Allemagne par leur partenaire ou ex-partenaire.
La défense de Nuhr : mauvaise interprétation et satire
Le 26 juin, Nuhr s'est rendu sur Facebook pour rejeter les accusations.
Il a qualifié la polémique de « lächerlich » (ridicule) et affirmé que sa séquence visait la « dénigrement généralisé complètement exagéré » de tous les hommes comme structurellement violents. Il a ensuite écrit que la satire fonctionne par polarisation et exagération, et qu'il avait simplement souligné la chance négligeable de rencontrer un meurtrier de femmes. Nuhr a également évoqué l'usage abusif du mot « structurel », qui selon lui attribue la faute à tous les hommes.Pas de blague sur les féminicides, nulle part. Je n'ai jamais fait cela. Je ne le ferai pas.
Position de la RBB : liberté artistique dans la satire
Le diffuseur Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB), responsable de l'émission, a reconnu que les critiques étaient compréhensibles mais a souligné la protection de la liberté artistique.
La RBB a déclaré que le mandat de l'émission n'avait pas été violé et que les limites du goût pouvaient être débattues, mais que la large portée de la liberté de satire devait être prise en compte. Nuhr avait déjà provoqué des controverses avec des blagues sur la pandémie, Greta Thunberg, les migrants et les personnes homosexuelles.Dieter Nuhr peut, en tant qu'artiste, formuler des propos provocateurs et incisifs dans le cadre de la liberté artistique.
Le contexte plus large des violences faites aux femmes
Le débat a également mis en lumière l'absence d'une définition uniforme du féminicide en Allemagne. Bien que le chiffre de 300 à 350 avancé par Nuhr soit fréquemment cité, les chiffres réels sont plus complexes. Le « Tagesspiegel » a rapporté qu'en plus des meurtres, environ deux fois plus de tentatives de féminicides ont lieu chaque année, et 136 000 cas de violence domestique ont été recensés en 2024. Le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » a noté que le chiffre 360, souvent utilisé, provient à l'origine de l'ancienne ministre de l'Intérieur Nancy Faeser en 2024 et a été mal appliqué, car tous les meurtres de femmes ne sont pas des féminicides. Les critiques soutiennent que la relativisation statistique de Nuhr occulte la réalité selon laquelle la plupart des féminicides surviennent dans des relations de longue durée.
- Féminicides par an
- 350 cas
- Tentatives de féminicides par an
- 700 cas
- Cas de violence domestique (2024)
- 136000 cas


