
La liste d'attente pour la dépendance en Espagne atteint 265 503 personnes, avec 13 503 décès en 2026
Un nouveau rapport des directeurs des services sociaux indique que 265 503 personnes attendaient une évaluation ou des prestations de dépendance en Espagne en mai, avec un décès toutes les 16 minutes.
Bilan national
La liste d'attente pour les soins de dépendance en Espagne comptait 265 503 personnes à la fin du mois de mai, selon les données de l'Observatorio Estatal de la Dependencia, rattaché à l'Imserso, publiées le 15 juin. Ce chiffre est en hausse de 7 293 par rapport au début de l'année, inversant une tendance à la baisse qui durait depuis plusieurs années jusqu'à fin 2024. L'Asociación de Directores y Gerentes de Servicios Sociales, qui a compilé ces chiffres, a critiqué le ministère des Droits sociaux pour ne comptabiliser que les personnes dont le délai légal de 180 jours est dépassé, suggérant que le retard réel est plus important.
Peu de sujets d'État font l'objet d'un tel consensus et revêtent une telle urgence sociale que la prise en charge des personnes en situation de dépendance. Après 20 ans, cela reste un droit non satisfait.
Parmi les personnes sur la liste, 110 108 attendaient une évaluation initiale et 155 352 s'étaient vu accorder un service ou une prestation, mais attendaient toujours de le recevoir. À l'échelle nationale, le délai moyen entre la demande et la résolution a atteint 320 jours, soit 19 jours de moins qu'à la fin de 2025, mais toujours bien au-delà de la limite légale de 180 jours.
Disparités régionales
Seules six communautés autonomes et Ceuta respectent le délai de six mois. La Castille-et-León est la plus rapide, résolvant les dossiers en 119 jours, suivie par l'Aragon (122), le Pays basque (131), La Rioja (144), la Castille-La Manche (166) et la Cantabrie (171). À l'autre extrémité, Murcie prend 552 jours, l'Andalousie 446 et les Asturies 411. Les îles Canaries ont réduit leur délai de 95 jours pour atteindre 335 jours, bien que cela reste au-dessus du plafond.
- Castilla y León
- 119 jours
- Aragón
- 122 jours
- País Vasco
- 131 jours
- La Rioja
- 144 jours
- Castilla-La Mancha
- 166 jours
- Cantabria
- 171 jours
- Canarias
- 335 jours
- Asturias
- 411 jours
- Andalucía
- 446 jours
- Murcia
- 552 jours
Géographiquement, 80 827 personnes sur la liste vivent en Catalogne, 49 513 en Andalousie, 28 808 dans la Communauté valencienne et 17 457 dans les îles Canaries, représentant ensemble près de 67 % du total national. Trois régions ont vu la liste s'allonger fortement cette année : la Cantabrie (+106,8 %), Madrid (+42,6 %) et la Castille-La Manche (+26,9 %), tandis que les baisses les plus marquées ont été enregistrées dans les îles Canaries, en Navarre et en Castille-et-León.
Décès en attente
Entre janvier et mai 2026, 13 503 personnes sont décédées avant de recevoir les soins demandés ou promis. Cela correspond à un décès toutes les 16 minutes. Parmi elles, 6 940 attendaient encore une évaluation de dépendance et 6 563 attendaient un service qui leur avait déjà été accordé. La Catalogne a comptabilisé 4 342 de ces décès et l'Andalousie 2 204 ; la Galice a enregistré le nombre le plus faible, avec 34.
Tensions budgétaires
L'association a lié l'inversion des tendances de la liste d'attente à la fin de l'injection annuelle supplémentaire de 600 millions d'euros qui faisait partie du Plan de Choque 2021–2023. José Manuel Ramírez, président du groupe, a averti que le système progresse trop lentement pour faire face au vieillissement de la population et que les nouveaux bénéficiaires se voient de plus en plus attribuer des services à moindre coût, tels que la téléassistance et les aides aux aidants familiaux. La position du ministère, qualifiée de « triomphaliste » par les directeurs, a suscité de vives critiques pour ce qu'ils considèrent comme un manque de transparence et pour le fait de ne classer qu'une infime partie des cas comme une véritable attente.


