
Le gouvernement néerlandais dévoile son plan azote : zones tampons, limite de vaches par hectare et fonds de 20 milliards d'euros
Le gouvernement néerlandais a présenté un ensemble de mesures ambitieuses pour réduire les émissions d'azote, comprenant des zones tampons autour des réserves naturelles, un plafond de 2,6 vaches par hectare et un fonds de soutien de 20 milliards d'euros.
Le plan après des années de blocage
Après sept ans sans action d'envergure, le cabinet dirigé par le Premier ministre Rob Jetten s'est accordé dans la nuit sur un ensemble de mesures sur l'azote et l'a officiellement présenté vendredi. Le plan vise à mettre fin au « stikstofslot » (verrouillage de l'azote) qui a gelé les permis de construction et d'infrastructure depuis qu'un arrêt du Conseil d'État de 2019 a imposé la priorité à la restauration de la nature.
Zones tampons et limite nationale de vaches
Le plan désigne 15 grandes zones naturelles (dont la Veluwe et la région de Peel) avec une zone tampon de 1 kilomètre où les exploitations agricoles doivent réduire leur azote de 20 % supplémentaires par rapport aux mesures nationales. 85 autres sites Natura 2000 bénéficient de zones de 500 mètres. Pour les fermes laitières à l'échelle nationale, un maximum de 2,6 vaches par hectare s'appliquera, touchant le plus durement les exploitations intensives de l'Est et du Sud.
Les agriculteurs confrontés à des choix difficiles
Les agriculteurs proches de la nature vulnérable devront réduire considérablement leur cheptel, se reconvertir ou cesser leur activité. Le cabinet a fixé un objectif de réduction de 42 à 46 % pour l'agriculture d'ici 2035 par rapport à 2019, tandis que l'industrie et la mobilité doivent réduire de 50 %. Van Essen affirme que le volet est « juridiquement solide » et espère que les permis commenceront à être délivrés à partir de 2027.Ce ne sera pas un chemin facile. Nous en demandons beaucoup.
Une carotte de 20 milliards d'euros et le bâton de la réduction forcée
Pour amortir le choc, 20 milliards d'euros sont alloués : 9 milliards pour la transformation agricole, 2,2 milliards pour la restauration de la nature, 2 milliards pour l'innovation et 2,7 milliards pour un dispositif de sortie volontaire.
Mais le plan inclut un « ultime recours » : si les objectifs d'émissions ne sont pas atteints, le gouvernement peut imposer une réduction générique (effectivement une réduction forcée du cheptel) à partir de 2035. Van Essen insiste sur le fait que l'expropriation forcée est exclue.Nous n'abandonnons pas les agriculteurs.
- Transformation agricole
- 9 Md €
- Restauration de la nature
- 2.2 Md €
- Soutien à l'innovation
- 2 Md €
- Dispositif de sortie volontaire
- 2.7 Md €
Qui obtient la priorité et reprise des permis
Le premier espace azoté libéré est attribué aux PAS-melders, agriculteurs qui ont agrandi leurs exploitations sans permis en raison d'une politique gouvernementale antérieure. Ensuite, les agriculteurs qui réduisent leurs émissions le plus rapidement obtiennent la priorité. Une législation d'urgence plus tard dans l'année vise à leur donner une sécurité juridique. D'ici fin 2027, un « rekenkundige ondergrens » sera relevé, permettant aux projets à faibles émissions de se poursuivre sans attendre. Le gouvernement veut éviter de rétablir les vitesses autoroutières à 130 km/h tant que le blocage des permis n'est pas résolu, a déclaré le ministre de l'Infrastructure Vincent Karremans.
- Le cabinet parvient à un accord dans la nuit sur le volet azote
- Plan officiellement présenté par la ministre de l'Agriculture Jaimi van Essen
- Législation d'urgence attendue pour les PAS-melders (agriculteurs sans permis)
- Rekenkundige ondergrens relevé, facilitant les permis pour les projets à faibles émissions
- Toutes les exploitations doivent respecter les nouvelles normes d'émission ; objectif agricole de réduction de 42 à 46 %
Obstacles politiques et colère à l'horizon
Le cabinet ne dispose d'aucune majorité dans l'une ou l'autre chambre et aura besoin du soutien de la gauche comme de la droite. Les détails doivent encore être affinés. Les organisations agricoles, se souvenant des blocages de tracteurs de 2019 et des manifestations aux flambeaux, ont averti que de nouvelles actions sont possibles.
Quand je lis quelles pourraient être les mesures, je m'inquiète. La combinaison du zonage et des mesures plus strictes aura un impact important en Overijssel.

