Le PP dépose une plainte contre Bergerot (Más Madrid) après ses propos sur l'absence de paix
Le PP de Madrid a déposé une plainte auprès de la Policía Nacional après que la porte-parole de Más Madrid, Manuela Bergerot, a déclaré qu'il n'y aurait pas de paix dans les rues de Madrid après la mort d'une femme de 87 ans expulsée de son logement.
Le propos et la plainte
Jeudi, lors de la séance de contrôle de l'Assemblée régionale de Madrid, la porte-parole de Más Madrid, Manuela Bergerot, a déclaré qu'il n'y aurait pas de paix dans les rues de Madrid après la mort de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans dont l'expulsion de son logement dans le quartier de Retiro avait alimenté les protestations sur la crise du logement. Bergerot a affirmé que le jour de l'expulsion de Maricarmen, quelque chose avait commencé à se briser, et que cela s'était désormais complètement brisé. Isabel Díaz Ayuso lui a demandé en réponse si elle menaçait physiquement le PP. L'après-midi, Alfonso Serrano, secrétaire général du PP à Madrid, a déposé une plainte auprès de la Policía Nacional contre Bergerot pour « menaces », afin que les autorités puissent déterminer si ses déclarations avaient une portée pénale. Serrano a également écrit au délégué du gouvernement, Francisco Martín, pour lui demander de garantir une campagne « en liberté ».
- Bergerot déclare qu'il n'y aura pas de paix dans les rues de Madrid lors de la séance de contrôle
- Alfonso Serrano dépose une plainte auprès de la Policía Nacional contre Bergerot
- Bergerot rejette l'accusation de menace en entretien, et Díaz-Pache tient une conférence de presse
La défense de Bergerot
Bergerot a rejeté l'accusation vendredi lors d'entretiens avec LaSexta et Cuatro. Interrogée par Antonio García Ferreras pour savoir si la phrase constituait une menace contre le PP ou contre Ayuso, elle a répondu :
Non, bien sûr que non.
Elle a déclaré que ses mots étaient une manière de recueillir « le cri des rues », et que des milliers de jeunes avaient clairement fait savoir qu'il n'y aurait pas de paix sociale tant qu'il n'y aurait pas de justice en matière de logement. Elle a refusé de s'excuser et a affirmé qu'Ayuso devrait avoir honte de se ranger « du côté des fonds vautours plutôt que d'une femme expulsée ». Bergerot a également mis en contraste son propos avec les déclarations de Vito Quiles appelant à l'anéantissement de la gauche, qu'elle a qualifiées de véritable menace. Elle a accusé le PP d'agir par peur des spéculateurs et d'avoir une réaction cynique face à la mort d'une femme expulsée.
Ce sont des lâches et ils commettent un acte de cynisme insupportable.
Le PP, le gouvernement régional et le maire
Carlos Díaz-Pache, porte-parole du PP à l'Assemblée, a déclaré lors d'une conférence de presse après la Junta de Portavoces que Bergerot avait franchi « toutes les lignes » et a mis en garde contre la prétention à être démocrate tout en recourant à l'intimidation. Il a qualifié le discours de « batasunisation » de Más Madrid, et a affirmé que Bergerot avait acquiescé et répété qu'il n'y aurait pas de paix lorsque lui-même et Ayuso lui ont demandé si elle parlait de menaces physiques et concrètes. Le porte-parole du gouvernement régional, Miguel Ángel García Martín, a accusé Más Madrid de « matonisme » à l'Assemblée et d'une menace explicite contre Ayuso. Le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, a déclaré que Más Madrid serait directement responsable si des violences se produisaient contre des membres du PP, qualifiant l'échange de jeudi de très grave. Il a également cité un rapport, lu dans les médias, sur des groupes radicaux et violents dans le campement de la Puerta del Sol.
Qui ne veut pas la paix dans les rues veut la haine, c'est aussi simple que cela.
Le PP a demandé l'évacuation du campement de protestation à la Puerta del Sol et que le délégué du gouvernement garantisse la campagne en liberté.
Les socialistes et les questions en suspens
Mar Espinar, porte-parole du PSOE à l'Assemblée, a déclaré que le PP voulait « détourner l'attention » et que le propos de Bergerot était une tournure de phrase plutôt qu'une menace. Elle a accusé Ayuso de faire preuve « une fois de plus d'un manque d'humanité » en observant une minute de silence dans l'hémicycle pour Maricarmen. Bergerot avait déclaré jeudi qu'Ayuso n'avait pas autorisé de minute de silence, les comptes rendus de la séance sont donc contradictoires. Espinar a également demandé à Serrano de retirer ses propos sur les socialistes. Les articles ne précisent pas comment la Policía Nacional traitera la plainte, ni si le délégué du gouvernement a répondu à la lettre.


