
La justice madrilène rejette la plainte policière contre le juge dans l'affaire Begoña Gómez
Le Tribunal supérieur de justice de Madrid a rejeté les poursuites disciplinaires contre le juge Juan Carlos Peinado après qu'il a affirmé que les escortes policières pourraient aider la femme du Premier ministre à échapper à la justice.
La cour rejette la plainte du syndicat de police
Le Tribunal supérieur de justice de Madrid (TSJM) a clos les poursuites disciplinaires contre le juge d'instruction Juan Carlos Peinado pour des propos concernant les escortes policières. L'enquête faisait suite à une plainte formelle déposée par le Syndicat unifié de la police (SUP) concernant des déclarations figurant dans une résolution judiciaire datée du 20 juin 2026. Le syndicat estimait que Peinado avait jeté un soupçon injustifié sur les agents de la Police nationale chargés de protéger Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Dans une résolution officielle du 3 septembre 2026, la présidence du tribunal a déterminé que les affirmations du juge ne constituaient pas une faute disciplinaire au titre de l'article 419.2 de la Loi organique du pouvoir judiciaire. La décision innocente Peinado de toute sanction administrative potentielle alors qu'il approche de la retraite pour raison d'âge dans les jours à venir.
Affirmations judiciaires sur le risque de fuite
La controverse est née de la décision de Peinado d'ordonner le retrait du passeport de Gómez et de lui imposer des comparutions régulières devant le tribunal pour gérer le risque perçu de fuite. La défense de Gómez avait fait valoir que la garde continue et l'accompagnement par les forces de sécurité de l'État éliminaient toute possibilité de fuite. Dans sa résolution écrite, Peinado a rejeté cette défense, affirmant que les agents désignés pourraient faciliter une évasion.
Il ne fait aucun doute que ces agents, à un moment donné, soit de leur propre initiative, soit sur ordre de leurs supérieurs hiérarchiques, peuvent être précisément ceux qui collaborent à l'action ou aux actions menées pour faciliter cette fuite.
Les mesures conservatoires imposées par Peinado, qui dirige le tribunal d'instruction n° 41 de Madrid, ont ensuite été annulées par la Cour provinciale de Madrid.
Renvoi par les instances de contrôle judiciaire
Le syndicat de police a présenté sa plainte au Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) immédiatement après la publication de la résolution de juin. Le représentant syndical Alberto Prieto Conesa a fait valoir dans son mémoire que la formulation du magistrat projetait un soupçon généralisé sur le personnel policier sans attribuer d'actes spécifiques à un agent en particulier. Le 28 juillet 2026, la Commission permanente du CGPJ a voté le transfert du dossier au Tribunal supérieur de Madrid, la présidente du Conseil, María Isabel Perelló, ayant utilisé sa voix prépondérante pour passer outre une proposition de classement émanant du promoteur de l'action disciplinaire. La présidence du TSJM a ouvert une enquête sommaire le 31 juillet 2026 et a demandé un rapport formel directement au magistrat avant de rendre sa décision.
- Peinado rend une ordonnance mettant en cause les escortes ; le syndicat SUP dépose une plainte disciplinaire.
- La Commission permanente du CGPJ renvoie la plainte au Tribunal supérieur de Madrid.
- La présidence du Tribunal supérieur de Madrid ouvre une enquête sommaire et demande un rapport à Peinado.
- La présidence du Tribunal supérieur de Madrid classe officiellement les poursuites disciplinaires.
Raisonnement juridique et contexte de l'affaire
Dans sa résolution finale, la présidence du TSJM a affirmé que la responsabilité disciplinaire ne peut découler des critères de décision juridictionnelle d'un juge. Le tribunal a reconnu que la formulation de Peinado pouvait être considérée comme inélégante et déconnectée du service habituel des forces de sécurité de l'État, mais a estimé que son caractère diffus et hypothétique empêchait toute sanction disciplinaire. L'article 419.2 de la loi sur le pouvoir judiciaire sanctionne le mépris envers les égaux, les subordonnés ou les citoyens par des peines allant d'amendes de 6 000 euros à des transferts forcés ou des suspensions. Cette décision fait suite au rejet antérieur des plaintes déposées contre Peinado par le ministre de la Justice Félix Bolaños, qui avait exigé une action rapide du Conseil après avoir témoigné comme témoin dans l'enquête de deux ans et demi sur Gómez pour trafic d'influence présumé et détournement de fonds.


