
La Catalogne suspend son projet pilote de policiers en civil dans les écoles après la fronde des enseignants
Le gouvernement catalan a reconnu que son projet pilote visant à déployer des policiers en civil dans les collèges est désormais « en état de paralysie », après une vive opposition des enseignants et un scandale d’infiltration distinct.
Plan suspendu après l'opposition
Le projet pilote du gouvernement catalan visant à placer des agents des Mossos d'Esquadra en civil dans les collèges est entré dans « une voie de paralysie », a déclaré la conseillère à l'Intérieur, Núria Parlon, dans un entretien radiophonique mardi. Elle a reconnu que le plan « arrivait à un moment totalement inopportun », coïncidant avec le pic des mobilisations enseignantes sur les conditions de travail. L'initiative visait à faire entrer des médiateurs policiers dans les écoles pour aider à résoudre les conflits, mais s'est heurtée à une opposition immédiate du secteur éducatif.
Conflit enseignant et infiltration
L'année scolaire a été marquée par des grèves persistantes sur la charge de travail des enseignants, avec des slogans comme « moins de policiers et plus d'enseignants » lors des manifestations. Les tensions se sont accrues lorsqu'il a été révélé que deux agents des Mossos avaient infiltré une assemblée d'enseignants à Barcelone, se faisant passer pour des éducateurs. Parlon a qualifié cette infiltration de décision « maladroite et mal orientée », et une enquête interne a été ouverte.
- Annonce du plan avec 14 écoles sélectionnées pour y participer.
- Deux agents des Mossos infiltrent une assemblée d'enseignants, provoquant l'indignation.
- La conseillère à l'Intérieur Núria Parlon déclare le plan en « paralysie » en raison du conflit enseignant.
- Fin de l'année scolaire 2025–2026.
Messages contradictoires du gouvernement
Alors que Parlon signalait la suspension effective du plan, la porte-parole du gouvernement, Sílvia Paneque, a insisté quelques heures plus tard sur le fait qu'« il n'y avait rien de nouveau » et que le projet pilote se poursuivait comme prévu. Paneque a précisé que sept collèges restaient dans l'essai, contre quatorze initialement. Parlon avait déclaré que le projet ne pouvait pas avancer tant que le conflit avec les enseignants n'était pas résolu et qu'une décision sur la reprise ne serait prise qu'après une évaluation.
Réactions de la communauté éducative
La porte-parole parlementaire d'ERC, Esther Capella, a exhorté le gouvernement à se conformer à une motion parlementaire visant à annuler le projet pilote, l'appelant à « écouter la communauté éducative et la société en général ». Les principaux syndicats enseignants ont rejeté le plan, arguant que la véritable solution était d'embaucher davantage d'enseignants et de spécialistes de l'intégration sociale. Certains chefs d'établissement et plateformes de lutte contre le harcèlement ont exprimé un intérêt prudent, préférant attendre les résultats. Capella a également noté que le même gouvernement avait supprimé 120 postes de professionnels de l'intégration sociale cette année.
Avenir du projet pilote
Le département de l'Intérieur a déclaré qu'aucun nouveau centre ne serait ajouté tant qu'une évaluation claire ne serait pas réalisée, attendue pour le premier trimestre 2027. « Nous devons voir si nous pouvons vraiment le reprendre à l'avenir, une fois le conflit résolu, et voir si cela a un sens. Nous pensons que oui », a déclaré Parlon. Le sort du projet pilote est désormais lié à l'issue des négociations entre le département de l'Éducation et les syndicats d'enseignants, qui restent dans l'impasse.

