
L'Andalousie confirme 16 cas de virus du Nil occidental, tous dans la province de Séville, 19 communes en alerte
Deux nouveaux cas bénins à Villamanrique de la Condesa et Coria del Río portent le total saisonnier à 16, dont cinq cas neuro-invasifs nécessitant une hospitalisation. Les efforts de lutte s'intensifient avec 11 équipes déployées dans 15 communes.
Hausse des cas dans la province de Séville
L'Andalousie a confirmé 16 cas humains de fièvre du Nil occidental depuis le début de l'année 2026, tous dans la province de Séville. Les deux infections les plus récentes, toutes deux bénignes, ont été annoncées le 3 août : un homme de Villamanrique de la Condesa et une femme de Coria del Río. Ils rejoignent un groupe qui compte désormais 11 cas bénins et cinq cas neuro-invasifs, ces derniers nécessitant une hospitalisation. Le ministère régional de la Santé a indiqué que les diagnostics ont été confirmés par le laboratoire de référence de l'hôpital universitaire Virgen del Rocío de Séville.
- Bénins
- 11
- Neuro-invasifs
- 5
Plus tôt dans la même semaine, un homme de Dos Hermanas a été hospitalisé pour une méningo-encéphalite causée par le virus, et un cas a été confirmé à La Puebla del Río. Le patient de Dos Hermanas était toujours hospitalisé au 3 août. La commune a été déclarée zone d'alerte jusqu'au 30 août, tandis que Villamanrique de la Condesa et Coria del Río ont été placées sous alerte jusqu'au 26 et 27 août respectivement.
- Cas confirmé à La Puebla del Río ; alerte déjà active
- Cas confirmé à Dos Hermanas ; la commune déclarée en alerte jusqu'au 30 août
- Deux cas bénins confirmés à Villamanrique de la Condesa et Coria del Río ; alertes jusqu'au 26 et 27 août
Intensification des mesures de lutte
Dans la zone touchée, la Diputación de Sevilla a porté son programme de lutte antivectorielle à son déploiement maximal. Onze unités de traitement travaillent désormais simultanément dans 15 communes sous surveillance spéciale. Rien qu'à Dos Hermanas, entre le 29 juin et le 24 juillet, les équipes ont effectué 422 inspections larvaires, trouvé 149 sites positifs et appliqué 145 traitements larvicides pour éliminer les sites de reproduction avant l'émergence des moustiques adultes. Des nébulisations adulticides à partir de camionnettes, utilisant des pulvérisateurs Tifone, sont effectuées la nuit, lorsque les moustiques sont les plus actifs et la présence du public la plus faible. Un nouveau passage adulticide était prévu pour la semaine du 4 août.
- Inspections larvaires
- 422
- Sites positifs
- 149
- Traitements larvicides
- 145
Les autorités locales inspectent et traitent les caniveaux, les réseaux d'égouts, les eaux stagnantes, les espaces verts et tout autre site susceptible d'abriter les moustiques Culex, principal vecteur. Le statut d'alerte exige que les communes intensifient leurs actions non seulement dans les zones bâties, mais aussi dans un rayon de 1,5 km autour des foyers larvaires identifiés ou des sites de repos des adultes.
Circulation du virus et analyse des experts
Raúl Rivas, professeur de microbiologie à l'université de Salamanque, a expliqué que l'Espagne compte deux foyers principaux du virus du Nil occidental. Le foyer sud-ouest, centré sur Séville, porte le lignage 1, tandis que le foyer nord-est, autour du delta de l'Èbre, porte le lignage 2, la souche européenne la plus courante. Le virus circule principalement entre les oiseaux et les moustiques ; les humains et autres mammifères sont des hôtes accidentels.
La situation est dans la norme de ce à quoi on peut s'attendre en Andalousie, car le virus circule chez les oiseaux, et nous savons qu'il affecte particulièrement les corvidés et les rapaces.
Nicola Lorusso, directeur de l'unité de stratégie de santé publique andalouse Avista, a noté que la circulation du virus a été détectée dans des pièges à moustiques ou chez des oiseaux dans toutes les provinces andalouses, à l'exception de Cadix. Il a indiqué que l'augmentation apparente des cas humains est en partie due à un nouveau protocole de surveillance qui capture désormais les infections bénignes, permettant une détection plus précoce de la transmission.
L'augmentation des cas est en partie due à l'introduction cette année de la surveillance des cas bénins, une mesure visant à identifier plus tôt la transmission du virus.
Contexte et perspectives
En 2024, la province de Séville a enregistré 102 cas de virus du Nil occidental et deux décès, déclenchant des protestations de voisinage. L'année suivante, seuls deux cas ont été signalés, une baisse attribuée à une forte augmentation des efforts de prévention du gouvernement provincial et des conseils municipaux dans le cadre d'un programme de lutte contre les moustiques de la communauté autonome. Les 16 cas actuels, bien que bien en dessous du pic de 2024, marquent le retour du virus sur le devant de la scène publique. Dix-neuf communes andalouses sont désormais en alerte, dont environ 80 % dans la province de Séville, avec des alertes supplémentaires à Jaén, Grenade et Malaga. La circulation virale a également été détectée chez des moustiques à Benacazón (Séville) et Bujalance (Cordoue), bien qu'aucun cas humain n'y ait été confirmé. Les autorités sanitaires exhortent les résidents, en particulier les personnes vulnérables, à utiliser des répulsifs, à porter des vêtements de protection et à éliminer les eaux stagnantes autour des habitations.


