
Le PIB français croît de 0,2 % au T2, évitant la récession mais manquant les prévisions
Les exportations et la consommation des ménages ont soutenu le rebond après une contraction au premier trimestre, mais le chiffre est inférieur à la projection de 0,3 % de l'Insee.
Le PIB rebondit mais manque les prévisions
L'économie française a progressé de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, selon l'estimation préliminaire de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 30 juillet. Cette expansion fait suite à une contraction de 0,1 % au premier trimestre, ce qui signifie que le pays a évité une récession technique. Le chiffre est inférieur à la prévision de l'Insee de 0,3 %, mais conforme à celle de la Banque de France. La croissance est intervenue malgré un environnement international incertain, notamment l'impact du conflit au Proche-Orient sur la consommation d'énergie et une hausse des prix des carburants à partir de mars qui a pesé sur les budgets des ménages.
Moteurs de la croissance
Le rebond a été porté par un net redressement des exportations, qui ont augmenté de 2,6 % après une baisse de 3,1 % au premier trimestre. Le commerce extérieur net a contribué à hauteur de 0,6 point de pourcentage à la croissance du PIB, inversant une contribution négative de 0,8 point au trimestre précédent. La demande intérieure hors stocks est également redevenue positive, ajoutant 0,1 point après avoir soustrait 0,2 point au T1. La consommation des ménages a légèrement augmenté de 0,2 %, après un recul de 0,3 % au cours des trois premiers mois de l'année, soutenue par les dépenses en biens manufacturés et en services. Cependant, les ménages ont réduit leur consommation alimentaire et fortement diminué leur consommation de produits pétroliers raffinés et d'énergie. Les dépenses des administrations publiques ont augmenté de 0,4 %, accélérant par rapport à 0,3 % au trimestre précédent. La production totale de biens et services a augmenté de 0,3 %, les services marchands accélérant à 0,6 % tandis que la production manufacturière a ralenti à 0,1 %.
- Demande intérieure (hors stocks)
- 0.1 pp
- Exportations nettes
- 0.6 pp
Comparaisons internationales
La croissance française de 0,2 % est comparable à celle de l'Allemagne et de l'Italie, les deux autres grandes économies de la zone euro. L'Espagne a fait mieux avec une expansion de 0,7 %, tandis que l'Irlande a enregistré une hausse de 3,9 %. La performance française, bien que modeste, a suivi le rythme de ses pairs et a évité la récession que certains experts redoutaient quelques semaines plus tôt.
- France
- 0.2 %
- Allemagne
- 0.2 %
- Italie
- 0.2 %
- Espagne
- 0.7 %
- Irlande
- 3.9 %
Réaction officielle
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, s'est félicité des chiffres dans un entretien sur France Inter.
C'est une bonne nouvelle. Cela prouve que face aux vents contraires, l'économie française a résisté.
Les commentaires du ministre traduisent un soulagement que l'économie n'ait pas basculé dans un ralentissement, même si le taux de croissance reste fragile. Avec une croissance cumulée de 0,5 % à mi-année, l'économie française devra éviter la stagnation au second semestre pour réaliser une expansion annuelle significative. Cette première estimation reste provisoire et pourra être révisée dans les mois à venir.


