
Édouard Philippe propose une augmentation de 20 % des salaires des enseignants et des amendes parentales pour sa candidature à la présidentielle de 2027
Le candidat à la présidentielle du parti Horizons, Édouard Philippe, a présenté son programme éducatif dans un entretien publié le 24 août 2026, promettant une augmentation moyenne de 20 % des salaires des enseignants, ainsi que de nouvelles amendes parentales et une autonomie du calendrier scolaire.
Promesses salariales et références européennes
Dans un entretien au Figaro publié le 24 août 2026, le candidat du parti Horizons et ancien Premier ministre Édouard Philippe a présenté son programme éducatif en vue de l'élection présidentielle française de 2027. Philippe a proposé une augmentation moyenne de 20 % des salaires des enseignants sur un mandat présidentiel de cinq ans, visant à porter la rémunération des enseignants français au moins à la moyenne européenne, en particulier pour les enseignants en milieu de carrière. Selon les données de 2024 de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un enseignant du primaire français avec 15 ans d'expérience gagnait 49 462 dollars par an, en dessous de la moyenne de l'OCDE de 59 673 dollars. Philippe a qualifié cette augmentation de mesure nécessaire pour redonner de la dignité à la profession.
C'est massif, mais c'est indispensable pour redonner de la dignité à leur profession.
- Moyenne OCDE
- 59673 USD
- France
- 49462 USD
Démographie et grilles salariales nationales
Pour financer l'augmentation des salaires sans dégrader les finances publiques, Philippe a mis en avant la baisse démographique attendue du nombre d'élèves. Les chiffres de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l'Éducation montrent que la France comptera 1 676 800 élèves de moins en 2035 par rapport à 2025, soit une baisse de 14,2 % due à la faible natalité. Philippe a déclaré qu'avec près d'un million d'élèves en moins, l'État pourrait réduire la taille des classes là où c'est nécessaire tout en améliorant la rémunération des enseignants. Selon les données de la Depp, les enseignants fonctionnaires à temps plein dans les écoles publiques et privées sous contrat gagnaient en moyenne 3 180 euros nets par mois en 2024, les enseignants du primaire gagnant 2 950 euros et les agrégés 4 190 euros. Toutes catégories confondues, le revenu net mensuel moyen était de 3 090 euros, en hausse de 4,3 % grâce aux primes. Philippe a noté que l'éducation doit toujours respecter des exigences d'efficacité.
Faire de l'école une priorité ne signifie pas l'exempter de toute exigence d'efficacité.
- Agrégés et chaire supérieure
- 4190 EUR
- Certifiés
- 3220 EUR
- Fonctionnaires à temps plein
- 3180 EUR
- Moyenne de tous les enseignants
- 3090 EUR
- Enseignants du primaire
- 2950 EUR
Autorité, discipline et amendes parentales
Philippe a structuré son programme éducatif autour de trois priorités fondamentales : les savoirs fondamentaux centrés sur le mérite et l'excellence, la dignité des enseignants, et le rétablissement de l'autorité et de la sécurité dans les écoles. Pour renforcer la discipline, il a proposé d'introduire une amende de responsabilité scolaire inspirée des réglementations actuellement en vigueur au Royaume-Uni. Selon le mécanisme proposé, les maires auraient le pouvoir d'imposer des sanctions financières rapides aux parents d'élèves violents, perturbateurs, absentéistes ou harceleurs, sur recommandation du personnel enseignant. Philippe a également esquissé des projets de réforme de la formation initiale des enseignants en créant des écoles normales spécialisées avec des exigences académiques plus strictes axées sur les matières fondamentales.
Autonomie des écoles et intelligence artificielle
Le candidat a plaidé pour une autonomie opérationnelle accrue des écoles afin de s'adapter aux circonstances locales. Les chefs d'établissement recevraient davantage de pouvoirs pour organiser les structures de classe, ajuster les emplois du temps quotidiens et hebdomadaires, et ajouter des heures d'enseignement lorsque cela est jugé nécessaire. Les administrateurs scolaires seraient également autorisés à avancer le début de l'année scolaire d'une à deux semaines pour les élèves en difficulté pour qui les vacances d'été sont trop longues. Sur le plan technologique, Philippe a proposé une politique par étapes interdisant les outils d'intelligence artificielle avant le collège, introduisant un enseignement supervisé de l'IA au collège, et déployant un tutorat universel assisté par l'IA au lycée. Le programme recommande également d'adopter des outils d'IA pour aider les enseignants dans la préparation des cours et la correction des devoirs.


