Les cours du pétrole repassent sous leur niveau d'avant le conflit iranien, le trafic à Hormuz se normalise
Le brent est repassé sous son cours de clôture de 72,48 dollars le baril fin février, alors que le passage des pétroliers par le détroit d'Ormuz reprend, apaisant les craintes d'approvisionnement après le conflit iranien.
Les cours du pétrole reculent au niveau d'avant-guerre
Le brent, référence mondiale, est retombé jeudi autour de 72,50 dollars le baril, sous son cours de clôture de 72,48 dollars le 27 février, veille des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Ce repli efface les fortes hausses enregistrées depuis le début du conflit, lorsque les prix avaient bondi de 7,26% lors de la première séance de cotation complète et culminé à près de 120 dollars en avril.
Ce développement a contribué à la baisse des prix, les traders étant devenus plus confiants quant à la sécurité des expéditions énergétiques.
Le trafic par le détroit d'Ormuz reprend
Les expéditions via ce passage maritime stratégique se rapprochent de leur niveau d'avant-guerre, selon plusieurs fournisseurs de données. Kpler a enregistré 70 passages mercredi, contre plus de 100 par jour avant la guerre. Windward décrit l'activité comme « proche de la normale fonctionnelle », et AXSMarine note que les vraquiers sont déjà revenus à leurs volumes d'avant-guerre. Les données de MarineTraffic montrent un doublement des mouvements de navires au cours des dernières 24 heures, pour atteindre le niveau le plus élevé depuis fin février.
- Le brent clôture à 72,48 $/baril, la séance précédant les frappes américano-israéliennes sur l'Iran
- Le pétrole bondit de 7,26% à 77,74 $ lors de la première journée de cotation complète après le début de la guerre
- Le brent retombe vers 72,50 $ alors que le trafic à Hormuz se rétablit
Un soulagement à la pompe et pour les factures de chauffage
En Allemagne, le prix du gazole est brièvement repassé sous son niveau d'avant-guerre le week-end dernier, à 1,73 euro le litre, selon l'ADAC. Le fioul de chauffage a chuté à 110,90 euros les 100 litres jeudi, en forte baisse par rapport aux plus de 150 euros d'avril. Ces baisses devraient se répercuter sur les consommateurs avec un décalage d'une dizaine de jours. Une mesure de réduction fiscale distincte arrive à expiration à la fin du mois, mais le repli du marché pétrolier devrait en atténuer l'impact.
Les perspectives d'inflation s'améliorent
Le recul des coûts de l'énergie freine déjà l'inflation. Les prix à la consommation en Allemagne ont augmenté de 2,6% en mai, contre 2,9% en avril, qui avait été gonflé par les flambées de carburants liées à la guerre. Une enquête Schufa menée au début du conflit avait montré que les trois quarts des personnes interrogées craignaient une hausse du coût de la vie. Avec le pétrole de retour aux niveaux d'avant-guerre, les analystes anticipent une poursuite de la désinflation.
Des incertitudes persistantes
Tous les risques n'ont pas disparu. Les désaccords sur un éventuel péage de transit pour le détroit d'Ormuz restent un point de blocage dans les négociations américano-iraniennes, rapporte France 24.
La structure du marché à terme montre également un apaisement de l'offre à court terme, mais le contexte de déstockages stratégiques et d'une demande chinoise plus faible ajoute à l'impression d'un équilibre temporaire.Les traders intègrent un retour à la normale. Ils ne tiennent pas compte des risques futurs, qui restent pourtant bien réels.


