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Affaire de la sextape de Saint-Étienne : le parquet requiert trois ans de prison ferme contre l'ancien maire Gaël Perdriau, verdict le 10 septembre

La cour d'appel de Lyon a entendu les dernières plaidoiries dans l'affaire de chantage à la sextape visant Gaël Perdriau. Le parquet a requis cinq ans de prison, dont trois ferme, et dix ans d'inéligibilité.

Vendredi, le parquet général près la cour d'appel de Lyon a requis cinq ans de prison (dont trois ferme) et dix ans d'inéligibilité contre l'ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau. Âgé de 53 ans, il a toujours nié avoir ordonné une opération de kompromat pour faire taire son premier adjoint, Gilles Artigues, en 2015. Cette réquisition est légèrement plus clémente que les cinq ans dont quatre ferme prononcés en première instance en décembre 2025, peine qu'il n'a que partiellement purgée lors de deux mois de détention provisoire cet hiver avant d'être remis en liberté dans l'attente de son appel.

Le piège tendu à l'adjoint

En 2015, trois proches de Perdriau ont recruté une travailleuse du sexe et filmé Gilles Artigues avec elle à l'aide d'une caméra cachée. L'ancien adjoint à l'éducation, Samy Kéfi-Jérôme, s'est chargé du tournage ; son compagnon de l'époque, Gilles Rossary-Lenglet, a conçu le piège. Tous deux ont reconnu leur rôle dans ce qu'ils ont décrit comme un « coup tordu » et affirmé que Perdriau était l'instigateur. Kéfi-Jérôme a écopé de deux ans ferme en première instance et n'a pas fait appel de la durée ; le parquet a requis la même peine vendredi. Rossary-Lenglet, déjà condamné à trois ans, risque désormais une peine plus lourde. L'ancien directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, décrit par ses collègues comme une figure autoritaire et colérique à la Raspoutine, n'a pas fait appel de sa peine de deux ans.

Le calvaire de la victime

Gilles Artigues, l'adjoint victime du chantage, a vécu sous la menace constante que la vidéo soit montrée à sa femme et à ses quatre enfants. Son épouse, Mireille Artigues, a confié à la cour que la famille s'était enfoncée dans « un piège obscur » et « une dépression contagieuse ». Artigues a été contraint de renoncer à sa candidature aux législatives et à son poste de premier adjoint,

paralysé par la honte et la peur que la vidéo soit vue par sa femme et ses enfants.

La stratégie de la défense

Lors de l'audience, les avocats de Perdriau ont tenté de rejeter toute la responsabilité sur son ancien directeur de cabinet, Pierre Gauttieri. Ils ont plaidé que Gauttieri, qui est resté silencieux tout au long de la procédure, était le véritable architecte. Mais le procureur général, Olivier Nagabbo, a écarté cette ligne et s'est directement adressé à l'ancien maire :

Qu'avez-vous fait de vos valeurs, de votre honneur, de vos électeurs ?

Verdict en septembre

La cour d'appel rendra sa décision le 10 septembre. Gaël Perdriau, contraint de démissionner de la mairie après son incarcération initiale, a déjà passé deux mois derrière les barreaux dans le cadre de l'exécution provisoire de sa peine de première instance. Si la cour confirme une peine de prison ferme, il risque de retourner en prison à l'automne.

Lyon · Saint-Étienne

5 sources

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