
Le président du Paraguay dénonce les 'asymétries' de l'accord commercial avec l'UE au sommet du Mercosur
Lors du 68e sommet du Mercosur au Paraguay, le président Santiago Peña a ouvert les débats par une critique acerbe de la mise en œuvre de l'accord commercial du bloc avec l'Union européenne, réclamant des 'résultats concrets' pour corriger les déséquilibres internes.
Un goût amer en ouverture
Le président du Paraguay, Santiago Peña, a utilisé l'ouverture du 68e sommet du Mercosur à Luque, en banlieue d'Asunción, pour livrer une évaluation sans concession de l'accord commercial du bloc avec l'Union européenne. Signé en janvier et toujours en attente de ratification, l'accord a laissé un « goût amer » aux petits membres, a déclaré Peña, exigeant que sa mise en œuvre soit plus équitable.
Le terrain n'est pas égal pour tout le monde, nous n'avons pas le même marché, ni les mêmes industries, ni la même logistique.
Ses remarques ont donné le ton d'une réunion qui a également vu le lancement de négociations de libre-échange avec le Japon et une minute de silence pour les victimes du séisme au Venezuela.
Justice et quotas
La colère de Peña s'est concentrée sur la répartition des quotas d'importation que l'UE offre avec des préférences tarifaires. Les petites économies du Mercosur, a-t-il soutenu, sont évincées. « À quoi bon négocier avec l'Europe si l'accès à de nouveaux marchés ne sert pas à développer ceux qui ne sont pas encore développés ? » a-t-il demandé.
C'est une question de justice. Un Mercosur sans justice n'est en aucun cas un bloc fraternel.
Il a ouvertement demandé si le bloc veut un modèle où « le plus fort piétine le plus faible » et a insisté sur le fait que l'équité interne est une condition préalable à la crédibilité externe.
Japon et autres affaires
Au-delà des frictions liées à l'accord avec l'UE, les chefs d'État ont approuvé le lancement officiel des négociations pour un accord de libre-échange avec le Japon. Ils ont également travaillé sur les détails techniques découlant de l'accord avec l'UE, entré en vigueur en mai, même si la ratification par l'UE reste en attente.
- Mercosur fondé par le traité d'Asunción.
- Accord commercial avec l'Union européenne signé.
- L'accord entre en vigueur, en attente de ratification par l'UE.
- Le 68e sommet du Mercosur s'ouvre avec les critiques de Peña sur la mise en œuvre de l'accord.
Absences et solidarité
Le sommet a réuni les présidents Lula (Brésil), Rodrigo Paz (Bolivie), Yamandú Orsi (Uruguay), ainsi que les membres associés José Antonio Kast (Chili) et Daniel Noboa (Équateur). Le président argentin Javier Milei a annulé au dernier moment, pris dans une tempête politique intérieure après la démission de son chef de cabinet pour un scandale d'enrichissement illicite. Les dirigeants ont observé une minute de silence pour le Venezuela, frappé la semaine dernière par un double séisme qui a tué au moins 1 700 personnes.


