
La cour d'appel de Paris réduit la peine d'Isabelle Adjani pour fraude fiscale à 10 mois avec sursis et 10 000 € d'amende
L'actrice française Isabelle Adjani s'est vu infliger mercredi une peine de 10 mois de prison avec sursis et une amende de 10 000 € par la cour d'appel de Paris, qui a confirmé sa culpabilité pour fraude fiscale aggravée et blanchiment d'argent, mais a considérablement réduit les sanctions prononcées lors de son premier procès en 2023.
Contexte sur l'actrice
Isabelle Adjani, 71 ans, est une icône du cinéma français et cinq fois lauréate du César, connue pour ses rôles dans des films comme "La Reine Margot", "Camille Claudel" et "Possession" d'Andrzej Żuławski. Elle a reçu des nominations aux Oscars pour "L'Histoire d'Adèle H." (1975) et "Camille Claudel" (1988). Ses démêlés judiciaires contrastent avec une carrière célébrée sur cinq décennies.
Le verdict
Mercredi, la cour d'appel de Paris a prononcé une peine nettement plus légère, réduisant sa sanction à 10 mois de prison avec sursis et 10 000 € d'amende. La cour a confirmé sa culpabilité pour fraude fiscale aggravée et blanchiment d'argent, mais la nouvelle peine marque un fort écart par rapport au jugement de première instance de décembre 2023, qui avait imposé deux ans avec sursis et 250 000 € d'amende. Le procès en appel, tenu début avril 2026, a réexaminé les charges et abouti à cette issue plus clémente.
- Adjani déguise un don en prêt pour éviter l'impôt (certains rapports mentionnent 2014).
- Transfert d'argent via les États-Unis sans déclaration.
- Adjani établit un domicile fictif au Portugal (2016–2017).
- Le tribunal correctionnel de Paris la condamne à 2 ans avec sursis et 250 000 € d'amende.
- La cour d'appel de Paris réduit la peine à 10 mois avec sursis et 10 000 € d'amende.
Ce dont elle a été reconnue coupable
Il a été établi qu'Adjani s'était créé un domicile fictif au Portugal pour les années 2016 et 2017, avait déguisé un don en prêt en 2013 (certains rapports précisent 2014) pour réduire son impôt, et avait fait transiter une somme non déclarée par les États-Unis en 2014. La cour a déterminé que, bien qu'elle ait eu une résidence au Portugal, ses intérêts principaux et le centre de sa vie restaient en France, l'obligeant à déclarer l'intégralité de ses revenus au fisc français.
La défense d'Adjani
L'actrice, qui s'est décrite comme souffrant d'une grave phobie administrative, a déclaré à la cour n'avoir jamais rempli de déclaration d'impôts. Elle a imputé la faute à un ancien conseiller fiscal qui, selon elle, avait promis de mettre ses affaires en ordre mais s'est avéré être un prédateur. Elle s'est présentée comme une "proie idéale" et une "victime d'escroqueries en série" au-delà du domaine fiscal.
Je n'ai jamais rempli de déclaration d'impôts. Et heureusement, parce que ça aurait été désastreux.
Adjani a insisté sur le fait qu'elle était totalement incapable d'orchestrer une fraude. "J'en suis incapable, je ne sais pas compter, je me fiche de posséder quoi que ce soit", a-t-elle déclaré à la cour, arguant qu'elle n'avait pas l'esprit stratégique requis pour une telle infraction. Elle s'est présentée comme ayant été punie pour s'être fait voler plutôt que pour une tromperie délibérée.
Réaction et suites
Son avocat, David Lepidi, s'est dit extrêmement soulagé par la réduction de la peine mais a confirmé qu'il ferait néanmoins appel devant la Cour de cassation. "Tout ça pour ça, la sanction pénale est drastiquement réduite", a-t-il déclaré, suggérant que l'affaire avait été disproportionnée. Adjani elle-même a confié à l'AFP se sentir soulagée et que ce qui comptait pour elle était le respect de la loi, ajoutant qu'elle chercherait ce respect devant la plus haute juridiction.
Tout ça pour ça, la sanction pénale est drastiquement réduite.
L'avocat de l'administration fiscale française, Ralph Boussier, avait plaidé en appel que le centre d'intérêt d'Adjani était clairement en France et qu'elle était donc obligée d'y déclarer ses revenus. La cour a finalement abondé dans ce sens, mais a choisi de réduire substantiellement la peine.
- Prison : Première instance (mois)
- 24
- Prison : Appel (mois)
- 10
- Amende : Première instance (k€)
- 250
- Amende : Appel (k€)
- 10


