Palantir et la mairie de Londres abandonnent leur bataille judiciaire sur un contrat bloqué de 50 millions de livres
Palantir a abandonné sa procédure devant la High Court contre le Mayor's Office for Policing and Crime, et les deux parties ont retiré leurs demandes mercredi 14 octobre 2026. Le contrat d'IA de 50 millions de livres bloqué pour la police londonienne sera relancé, et Palantir pourra y soumissionner.
Les deux parties retirent leurs demandes
Palantir et le Mayor's Office for Policing and Crime (MOPAC) ont retiré leurs demandes réciproques mercredi 14 octobre 2026, mettant fin à une bataille devant la High Court qui devait être jugée en janvier. Aucune des deux parties n'a versé d'argent à l'autre, et chacune assumera ses propres frais de justice. La mairie maintient sa décision d'empêcher la Metropolitan Police de signer un contrat logiciel de deux ans avec l'entreprise américaine, et l'accord reste donc bloqué pour l'instant. Sadiq Khan avait accepté que ses textos et ses courriels soient examinés dans le cadre du procès, une étape qui n'aura plus lieu. L'accord a été exposé dans un communiqué conjoint publié le même jour.
Pourquoi le MOPAC a bloqué l'accord
Le MOPAC a suspendu le contrat en mai 2026. L'accord portait sur 50 millions de livres sur deux ans et aurait doté la Met d'outils d'IA pour traiter le renseignement dans les enquêtes pénales, via un système appelé « unified operational analytics ». Kaya Comer-Schwartz, adjointe au maire chargée de la police et de la criminalité, a écrit au commissaire de la Met que la police n'avait sérieusement examiné qu'un seul fournisseur et n'avait pas soumis sa stratégie d'achat pour approbation, ce qu'elle a qualifié de « manquement clair et grave » aux règles. Palantir a déposé sa requête devant la High Court en juin, soutenant que le MOPAC avait imposé un « veto illégal » en pesant les valeurs et l'éthique de l'entreprise. Le MOPAC a nié.
- Le MOPAC bloque le contrat de deux ans et de 50 millions de livres pour des outils d'IA de renseignement
- Palantir dépose une requête devant la High Court contre le MOPAC
- Les avocats du MOPAC accusent la Met et Palantir d'avoir coordonné leurs actions pour fixer l'issue de la procédure d'achat
- Les deux parties retirent leurs demandes dans un communiqué conjoint
La pression budgétaire invoquée par la Met
En juin, le commissaire Sir Mark Rowley a déclaré que l'achat de la police avait été légal et commercialement solide, et il a averti que des services et des effectifs pourraient être supprimés. Il a déclaré au London Policing Board que le système Palantir aurait permis à la Met de supprimer 500 postes pour répondre à un déficit budgétaire de 100 millions de livres cette année et de 125 millions l'an prochain. Le commissaire a lié directement ces suppressions potentielles à l'issue de la procédure d'achat, que la mairie a désormais accepté de relancer. Ce sont les deux chiffres de déficit qu'il a donnés au conseil.
- Cette année
- 100 M£
- L'an prochain
- 125 M£
Communiqué conjoint et relance
Dans le communiqué conjoint, le MOPAC a indiqué que sa décision ne reposait pas sur les valeurs ou l'éthique de Palantir, ni sur des articles plus larges concernant l'entreprise. Il a reconnu qu'une déclaration du porte-parole du maire, donnée aux médias avant la décision, avait pu laisser croire à tort que les valeurs de l'entreprise avaient compté. La mairie a rappelé que son rôle statutaire était d'examiner les propositions de dépenses et de garantir le bon usage de l'argent public pour les Londoniens. Le MOPAC travaille avec la Met à relancer la procédure d'achat au plus vite, et Palantir pourra soumissionner. Le communiqué le dit clairement :
Le MOPAC n'a pas, et n'a jamais eu, de politique consistant à ne pas contracter avec Palantir.
The Independent rapporte que Palantir reste dans le processus d'appel d'offres, une décision étant attendue au printemps.
Réactions et contexte plus large
Khan a défendu la contribution de l'entreprise à Londres, déclarant :
Londres est la capitale technologique de l'Europe, et je suis fier que des entreprises logicielles de premier plan choisissent la ville comme domicile.
Louis Mosley, qui dirige Palantir au Royaume-Uni et en Europe, a accusé Khan de politiser les marchés publics et de « placer la politique au-dessus de la sécurité publique ». The Guardian note que Palantir travaille aussi pour l'armée israélienne et pour la répression migratoire de l'administration Trump, alors que Khan avait déclaré que les Londoniens voulaient que l'argent public ne soit dépensé qu'avec des entreprises partageant les valeurs de la ville. Tom Watson, ancien chef adjoint du parti travailliste, a été recruté comme lobbyiste à plein temps par Palantir un mois avant l'accord. Palantir fait aussi face à une campagne de citoyens et de députés visant à faire supprimer et remplacer son contrat de 330 millions de livres sur les données médicales du NHS.