
Le Pakistan lance des frappes aériennes sur l'Afghanistan, Kaboul fait état de neuf civils tués
L'aviation militaire pakistanaise a bombardé des cibles dans les provinces afghanes du Kunar et de l'Helmand dans la nuit de mercredi, suscitant des bilans contradictoires de Kaboul et d'Islamabad après trois mois d'accalmie relative.
Frappes dans le Kunar et l'Helmand
L'aviation militaire pakistanaise a mené des frappes aériennes tard dans la nuit contre des cibles dans l'est et le sud de l'Afghanistan mercredi soir, mettant fin à trois mois d'accalmie relative entre les deux États voisins. Le bombardement a touché des sites dans la province nord-orientale du Kunar et dans la province méridionale de l'Helmand. Des responsables des deux gouvernements ont confirmé jeudi 1er octobre 2026 que des aéronefs militaires ont opéré dans les deux provinces pendant la nuit. Les autorités talibanes afghanes ont rapporté que les frappes ont touché des quartiers résidentiels et détruit trois habitations. Le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid a déclaré que neuf civils, tous des femmes et des enfants, ont été tués dans les attaques, et que 11 autres personnes ont été blessées. Mujahid a publié une déclaration officielle sur la plateforme X dénonçant les frappes aériennes comme un acte d'agression.
Nous condamnons cet acte et le considérons comme une agression et un crime contre tous les principes admis.
Bilans contestés des pertes
Le gouvernement pakistanais a publié une évaluation opposée de l'opération aérienne nocturne. Le ministère pakistanais de l'Information a annoncé sur X que son armée a frappé des camps et des cachettes de terroristes à deux endroits distincts du territoire afghan. Les rapports officiels cités par le ministère indiquaient que les premières évaluations confirmaient la mort de 22 terroristes lors de l'opération. Les responsables pakistanais ont également déclaré que les forces de sécurité ont détruit d'importants stocks d'armes et de munitions retrouvés sur les sites visés. Le ministère a affirmé que ses frappes ont visé strictement des militants armés et non des zones civiles. Les bilans concurrents des pertes et les chiffres des dégâts sur les sites n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante.
- Gouvernement taliban afghan (civils)
- 9 morts
- Ministère pakistanais de l'Information (militants)
- 22 morts
Controverse sur les incursions militantes transfrontalières
Les frappes nocturnes font suite à des mois de tensions croissantes entre Islamabad et Kaboul au sujet de la sécurité frontalière et des opérations de militants transfrontaliers. Les autorités pakistanaises accusent le gouvernement taliban de Kaboul de laisser les combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) utiliser le territoire afghan pour préparer des attaques au Pakistan. Les responsables talibans afghans rejettent ces accusations, affirmant que la violence relève d'un problème intérieur pakistanais et non d'une facilitation transfrontalière. Les relations bilatérales entre les deux voisins se sont fortement dégradées depuis le retour des talibans au pouvoir à Kaboul, malgré des liens historiques antérieurs. Les dernières frappes militaires ont mis fin à trois mois de calme relatif le long de la frontière commune.
- L'aviation pakistanaise mène des frappes aériennes sur des sites dans les provinces du Kunar et de l'Helmand.
- Le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid rapporte neuf civils tués et trois maisons détruites.
- Le ministère pakistanais de l'Information indique que les frappes ont touché deux camps, tuant 22 militants.
Bilans des Nations unies
Les frappes militaires nocturnes s'ajoutent à une inquiétude internationale croissante quant à l'impact de la violence frontalière sur les habitants. La mission des Nations unies en Afghanistan a déclaré la semaine dernière que la violence transfrontalière a causé plus de 1 100 victimes civiles, morts et blessés confondus, en Afghanistan depuis le début de l'année. Les équipes de surveillance des Nations unies ont documenté plusieurs cas de victimes civiles résultant de frappes aériennes pakistanaises lors d'opérations antérieures le long de la frontière. Aucun des deux gouvernements n'a programmé de discussions diplomatiques bilatérales ou de pourparlers de désescalade après les frappes. Les communautés frontalières de l'Helmand et du Kunar subissent des perturbations continues, les forces de sécurité des deux camps restant déployées le long de la frontière.

