
François Bayrou comparait en appel pour les fonds d'assistants parlementaires européens
La cour d'appel de Paris ouvre mercredi un nouveau procès de quatre semaines pour l'ancien Premier ministre français François Bayrou et dix cadres du MoDem pour détournement présumé de fonds du Parlement européen.
Ouverture du procès en appel à la cour d'appel de Paris
L'ancien Premier ministre français François Bayrou et dix anciens cadres du Mouvement démocrate (MoDem) comparaîtront mercredi après-midi 9 septembre 2026 devant la cour d'appel de Paris. Les débats en appel doivent durer quatre semaines, avec des audiences prévues jusqu'au 2 octobre 2026. Au total, treize prévenus sont impliqués dans ce procès : Bayrou, dix anciens responsables du parti et deux organisations politiques poursuivies en tant que personnes morales : le MoDem et son prédécesseur historique, l'Union pour la démocratie française (UDF). Ce nouveau procès fait suite à l'appel interjeté par le parquet contre l'acquittement de Bayrou par le tribunal correctionnel début 2024. Le chef du parti centriste, candidat à la présidentielle à trois reprises, mènera la défense en tant que principal prévenu devant les juges d'appel. Bayrou s'est directement adressé aux journalistes sur sa position avant d'entrer dans la salle d'audience.
J'aborde ce procès avec une grande sérénité et une grande confiance.
Accusations de détournement et portée financière
L'affaire porte sur des allégations de détournement de fonds publics du Parlement européen entre 2005 et 2017. Le parquet affirme que les prévenus ont détourné environ 300 000 euros via onze contrats de travail désignés pour des assistants parlementaires. L'accusation soutient que ces personnes, bien que rémunérées par des fonds de l'Union européenne, travaillaient principalement ou exclusivement pour les activités domestiques du parti centriste en France plutôt que d'exercer des fonctions parlementaires. Parmi les prévenus figurent l'ancien ministre de la Justice Michel Mercier, qui était trésorier du parti à l'époque, ainsi que cinq anciens députés européens, dont Jean-Luc Bennahmias. Trois administrateurs du parti et un assistant parlementaire sont également jugés pour détournement de fonds publics, complicité ou recel de fonds détournés.
Condamnations en première instance et acquittement de Bayrou
Le 5 février 2024, le tribunal correctionnel de Paris a jugé que des emplois frauduleux avaient eu lieu au sein de l'appareil du parti, infligeant de lourdes amendes financières au MoDem ainsi que des peines d'emprisonnement avec sursis de 10 à 18 mois et des peines d'inéligibilité avec sursis pour plusieurs co-prévenus. Cependant, les juges ont acquitté Bayrou de toute infraction directe, notant qu'aucun document du dossier n'établissait qu'il avait ordonné aux cinq députés européens d'embaucher des assistants sous des termes fictifs. Le tribunal correctionnel a observé que, bien qu'il soit très probable que des actions menées par trois des prévenus aient eu lieu avec l'autorisation de Bayrou, le parquet n'avait pas fourni de preuve juridique tangible de ce consentement. La juridiction de première instance a également rejeté la caractérisation d'un système organisé au sein du MoDem, distinguant cette affaire de celle des assistants parlementaires du Rassemblement national, dans laquelle Marine Le Pen a été condamnée à une peine de détention à domicile sous surveillance électronique tant en première instance qu'en appel.
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Contexte politique et chronologie
La procédure judiciaire s'étend sur dix ans, débutant en juin 2017 lorsque des enquêtes préliminaires ont contraint Bayrou à démissionner du ministère de la Justice un mois seulement après sa nomination. Après son acquittement en février 2024, Bayrou a qualifié la décision de conclusion d'un cauchemar de sept ans, mais l'appel du parquet a prolongé le litige de près de trois années supplémentaires. Entre-temps, Bayrou a été nommé Premier ministre de la France et a gouverné pendant neuf mois avant de quitter Matignon le 9 septembre 2025, exactement un an avant le début de ce procès en appel. Bayrou a confirmé qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle de 2027 alors qu'il se prépare à passer le mois prochain à répondre aux accusations dans la salle d'audience parisienne.
