
À l'occasion de l'anniversaire sandiniste, Ortega exclut toute future élection au Nicaragua pour écarter l'opposition
Lors du 47e anniversaire de la révolution sandiniste, le président Daniel Ortega a déclaré que son gouvernement allait élaborer des lois pour empêcher les « putschistes » et les partis soutenus par les États-Unis de jamais prendre le pouvoir.
Annonce lors de l'anniversaire sandiniste
Le 19 juillet 2026, lors du 47e anniversaire de la révolution sandiniste à Managua, le président Daniel Ortega a déclaré que le Nicaragua n'organiserait plus d'élections. Ortega, aujourd'hui âgé de 80 ans, est arrivé au pouvoir pour la première fois comme commandant guérillero lors du soulèvement de 1979 qui a renversé le dictateur Anastasio Somoza. S'exprimant devant des milliers de partisans, il a affirmé que son gouvernement allait élaborer de nouvelles lois pour empêcher ceux qu'il appelle les « putschistes » et les partis soutenus par les États-Unis de jamais revenir au pouvoir.
Ils peuvent oublier, ici au Nicaragua il n'y aura plus d'élections où ils pourraient essayer de prendre le contrôle du gouvernement et de s'emparer du pouvoir.
Ortega a accusé l'opposition de comploter constamment et de chercher à former des partis capables de remporter un vote hypothétique. Il a juré que l'ère des partis « installés par les Yankees » au gouvernement du Nicaragua était définitivement révolue.
Modifications constitutionnelles qui ont préparé le terrain
Cette annonce fait suite à une série de réformes constitutionnelles qui ont progressivement concentré le pouvoir. Le FSLN avait déjà étendu le mandat présidentiel de cinq à six ans en 2005. En 2014, la limitation des mandats a été abolie, permettant à Ortega de se présenter indéfiniment. Il a entamé son mandat actuel en 2007 et a été réélu en 2011, 2016 et 2021. Une réforme adoptée il y a environ un an et demi a étendu le mandat présidentiel à six ans, repoussant les prochaines élections de novembre 2026 à 2027. Cette même réforme a supprimé la séparation des pouvoirs et accordé à Ortega et à sa femme, la coprésidente Rosario Murillo, une autorité quasi absolue.
Les élections législatives étaient prévues pour novembre 2026, mais l'extension du mandat les a effectivement retardées. Avant le scrutin de 2021, Ortega a emprisonné les sept candidats potentiels de l'opposition, s'assurant un quatrième mandat consécutif que les États-Unis et l'Union européenne ont jugé illégitime. Les deux ont imposé des sanctions aux responsables nicaraguayens.
Opposition en exil et pression internationale
Le mouvement d'opposition nicaraguayen opère désormais principalement depuis l'exil. Ses dirigeants espèrent qu'une pression internationale soutenue forcera une transition ou le rétablissement des élections. Des figures de l'opposition en exil ont appelé la communauté internationale à imposer de nouvelles sanctions et à pousser au retour des normes démocratiques. Les États-Unis et l'UE ont constamment critiqué le régime autoritaire d'Ortega, mais les mesures concrètes pour inverser la concentration du pouvoir ont été limitées.
L'histoire des partis installés par les Yankees revenant au gouvernement est terminée, pour toujours.
La rhétorique d'Ortega présente l'opposition comme des proxies étrangers, un récit qui résonne auprès de sa base mais isole davantage le Nicaragua des démocraties occidentales.
La suite
Ortega a déclaré qu'il travaillerait avec l'Assemblée nationale pour créer des barrières juridiques contre les « traîtres » et les « putschistes ». Le scrutin présidentiel de 2027, déjà repoussé par la réforme constitutionnelle, semble désormais peu probable. Avec l'opposition à l'étranger et les sanctions internationales en place, le Nicaragua se rapproche d'un État à parti unique sous la direction du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), qui gouverne depuis 2007.
- La révolution sandiniste renverse le dictateur Anastasio Somoza
- Ortega revient à la présidence après 17 ans
- Amendement constitutionnel supprimant la limitation des mandats présidentiels
- Ortega emprisonne tous les candidats rivaux avant l'élection, remporte un quatrième mandat consécutif
- Réforme constitutionnelle étendant le mandat présidentiel à six ans, repoussant les élections à 2027 et concentrant le pouvoir
- Ortega annonce qu'il n'y aura plus d'élections, promet de bloquer les partis soutenus par les États-Unis
- Les élections présidentielles prévues sont désormais incertaines
