
Un tribunal roumain accorde une libération conditionnelle à Omar Hayssam après 13 ans de détention
Le tribunal d'Ilfov a ordonné la libération conditionnelle de l'homme d'affaires syrien Omar Hayssam de la prison de Jilava, le plaçant sous rétention administrative en vue de son expulsion.
Jugement du tribunal et sortie de prison
Le tribunal d'Ilfov a accordé une libération conditionnelle à l'homme d'affaires syrien Omar Hayssam le 11 septembre 2026, annulant un rejet précédent prononcé par le tribunal du secteur 4 de Bucarest le 17 juillet 2026. Hayssam purgeait une peine cumulée de 24 ans et 4 mois de prison à la prison de Jilava, résultat de multiples condamnations dans trois principaux dossiers d'affaires couvrant des infractions terroristes et financières. Le tribunal a statué conformément aux dispositions du Code pénal de 1969, constatant que Hayssam avait accompli la fraction légale de sa peine requise pour une libération conditionnelle. La décision l'a libéré environ neuf ans avant la conclusion formelle de sa peine complète d'emprisonnement. Hayssam a quitté l'établissement pénitentiaire de Jilava vendredi après-midi à bord d'une ambulance, accompagné de sa famille et de son avocat. Le condamné, né le 3 janvier 1963, a vu sa santé se dégrader en détention, nécessitant l'usage d'un fauteuil roulant et suivant un traitement neurologique continu.
- Enlèvement des trois journalistes roumains à Bagdad
- Omar Hayssam fuit la Roumanie en bateau suite à somme médicale temporaire
- Tribunal roumain condamne Hayssam par contumaché à 20 ans pour terrorisme
- Les autorités roumaines annoncent le rapatriement et l'arrestation de Hayssam
- Le tribunal du secteur 4 rejette la demande de libération conditionnelle de Hayssam
- Le tribunal d'Ilfov annule la décision de la juridiction inférieure et accorde la libération conditionnelle
Transfert sous la garde de l'immigration et procédure d'expulsion
Après sa libération de la prison de Jilava, Hayssam a été directement transféré sous la garde des agents de la branche d'Ilfov de l'Inspection générale de l'immigration (IGI). Les autorités roumaines de l'immigration ont expliqué que les ressortissants étrangers qui n'ont pas la citoyenneté roumaine et ne possèdent pas de titres de séjour valides doivent se soumettre à une vérification juridique formelle conformément à l'ordonnance d'urgence gouvernementale 194/2002. Hayssam restera sous garde permanente dans un centre d'accueil de l'immigration pendant l'examen administratif. Les décisions judiciaires ont établi que l'ancien homme d'affaires sera expulsé de Roumanie une fois les procédures terminées, à condition qu'il ne fasse pas l'objet d'une détention préventive ou d'une arrestation dans le cadre d'une autre affaire pénale. Le tribunal l'a également informé formellement des obligations légales régissant la libération conditionnelle et du reste de sa peine non purgée.
L'enlèvement de 2005 et l'historique judiciaire
Hayssam est d'abord devenu central dans les procédures pénales roumaines en mars 2005 après l'enlèvement des journalistes Marie Jeanne Ion, Sorin Mișcoci et Ovidiu Ohanesian à Bagdad. Les procureurs ont déterminé que Hayssam avait orchestré la crise des otages pour se poser comme négociateur indispensable et échapper à l'examen dans le cadre de graves enquêtes pour fraud économique. Après son arrestation initiale en avril 2005, les tribunaux ont prononcé plusieurs peines, dont 20 ans pour terrorisme, 24 ans dans l'affaire Manchester pour émotionnement et crime organisé, 16 ans dans l'affaire de la fraude Foresta Nehoiu, et deux ans pour franchissement illégal de frontière. En mai 2006, les autorités judiciaires lui ont accordé une libération médicale temporaire suite à une opération chirurgicale du cancer du colon à l'hôpital de la prison de Rahova. Le 30 juin 2006, Hayssam a fui la Roumanie à bord d'un cargo, provoquant une crise institutionnelle qui a entraîné la démission des chefs du Service roumain de renseignement (SRI), du Service d'information extérieur (SIE), de l'agence de renseignement intérieur (DGIPI) et du Procureur général.
- Affaire Manchester
- 24 ans
- Enlèvement de journalistes
- 20 ans
- Fraude Foresta Nehoiu
- 16 ans
- Franchissement illégal de frontière
- 2 ans
Rapatriement et réactions politiques
Après sept ans sur les listes de personnes recherchées au niveau national, Hayssam a été remis à la Roumanie le 19 juillet 2013 et transféré sous la garde de la police roumaine pour commencer à purger ses peines. Les détails opérationnels complets de sa récupération en 2013 n'ont jamais été rendus publics par le président de l'époque Traian Băsescu. Lors de ses récentes audiences d'appel, la défense de Hayssam a mis en avant son état médical fragile, plaidant pour un traitement dans des cliniques spécialisées à l'étranger après que des requêtes antérieures eurent été rejetées pour manque de preuves de réhabilitation. Suite à la libération du 11 septembre 2026, Băsescu a exprimé des critiques directes à l'égard de la décision du tribunal lors d'une émission sur Digi24.
Je constate que, le jour même marquant les 25 ans de l'acte terroriste terrible aux États-Unis, la justice roumaine, en l'honneur de cet événement, a libéré Omar Hayssam.
Les autorités de l'immigration continuent de maintenir Hayssam sous garde tout en finalisant les étapes administratives nécessaires à son expulsion du pays.


