
Des drones des FSR frappent Khartoum et quatre autres villes soudanaises lors d'une offensive de deux jours
Les Forces de soutien rapide (FSR) du Soudan ont lancé des attaques coordonnées de drones sur Khartoum et quatre autres villes tenues par l'armée les 12 et 13 août, tout en revendiquant le contrôle de deux localités près de la frontière éthiopienne.
Offensive de drones des FSR à travers le Soudan
Les Forces de soutien rapide (FSR) ont lancé mercredi 12 août une attaque coordonnée de drones à grande échelle, ciblant cinq villes contrôlées par l'armée soudanaise sur des centaines de kilomètres. L'offensive s'est poursuivie jeudi 13 août, la capitale Khartoum étant frappée pour le deuxième jour consécutif. Un journaliste de l'AFP à Khartoum a signalé des tirs de missiles sol-air depuis Omdourman, la ville jumelle de Khartoum, suivis d'explosions. Des témoins dans le centre de Khartoum et à Khartoum-Nord (Bahri), de l'autre côté du Nil, ont rapporté avoir vu des drones et entendu des explosions.
Une source militaire a déclaré à l'AFP que la défense aérienne de l'armée a riposté aux drones de la milice et les a abattus. Les FSR n'ont pas revendiqué les frappes de drones sur Khartoum. Selon Reuters, il s'agissait des premières attaques de ce type depuis mai.
- Frappes de drones et tirs d'artillerie lourde des FSR ciblent Geissan, dans l'État du Nil Bleu
- Les FSR annoncent le contrôle de Geissan ; lancent une attaque coordonnée de drones sur cinq villes tenues par l'armée
- Deuxième jour de frappes de drones sur Khartoum ; les FSR revendiquent Kurmuk ; huit drones frappent el-Obeid, tuant deux personnes
Attaques sur el-Obeid et le front du Kordofan
La ville stratégique d'el-Obeid, dans le Nord-Kordofan, a également été touchée. Des témoins ont déclaré à Reuters que huit drones ont attaqué la ville, provoquant une riposte de la défense aérienne de l'armée. Des personnels médicaux ont fait état de deux morts et de plusieurs blessés. El-Obeid se trouve sur deux routes centrales utilisées par l'armée et les FSR pour le ravitaillement, notamment la route vers le nord en direction de la capitale.
Des combats ont également été signalés à Jabret al-Cheikh et Bara, le long de la route reliant Khartoum à el-Obeid. La région du Kordofan, située entre le centre du Soudan contrôlé par l'armée et le Darfour contrôlé par les FSR, est contestée depuis des mois. L'ONU estime que plus de 1 000 personnes ont été tuées par des attaques de drones des deux côtés au Kordofan depuis le début de l'année.
Avancée des FSR dans l'État du Nil Bleu
Les FSR ont annoncé mercredi 12 août avoir pris le contrôle de Geissan, dans l'État du Nil Bleu, près de la frontière éthiopienne. L'attaque a été précédée par des frappes de drones et des tirs d'artillerie lourde mardi. Des combattants des FSR ont publié des photos et des vidéos sur les réseaux sociaux devant un centre médical de la ville et montrant des dépôts d'armes capturés. L'armée a déclaré que les combats se poursuivaient et que la base militaire de la 13e division d'infanterie restait en sa possession, l'armée utilisant des drones turcs pour frapper les positions des FSR.
Les FSR ont également revendiqué le contrôle de Kurmuk, une autre ville du Nil Bleu près de la frontière éthiopienne qui avait été reprise par l'armée le mois dernier. Une source militaire a déclaré à l'AFP que l'attaque avait été lancée depuis le territoire éthiopien. L'Éthiopie nie héberger des combattants des FSR, mais selon des preuves convergentes citées par RFI, les FSR et leurs forces alliées s'entraînent dans un camp à Benishangul, en Éthiopie, et le pays achemine l'aide militaire des Émirats arabes unis aux paramilitaires via l'aéroport d'Asosa. Les FSR ont décrit l'opération dans un communiqué.
Cette victoire a été remportée après une bataille héroïque menée avec courage et une détermination inébranlable. Nos vaillantes forces ont infligé de lourdes pertes à l'Armée du mouvement islamique, tant en hommes qu'en matériel, poursuivant les restes qui ont fui, vaincus.
Les FSR ont également déclaré avoir saisi de grandes quantités d'armes et de munitions en cours d'inventaire. L'Organisation internationale pour les migrations a signalé que les combats à Geissan ont déplacé 2 500 personnes, dont 500 familles, certains civils passant en Éthiopie. Le gouvernement de Geissan a déclaré que l'attaque s'était produite pendant la saison des récoltes et que la totalité de la récolte et du marché central avaient été pillés, qualifiant cela de « crime extrême ».
Bilan de la guerre et contrôle territorial
La guerre entre l'armée d'Abdel Fattah al-Burhan et les FSR de Mohamed Hamdan Daglo dure depuis avril 2023. Les travailleurs humanitaires estiment que plus de 200 000 personnes ont été tuées et plus de 12 millions déplacées, dans ce que l'ONU appelle la pire crise humanitaire au monde. L'armée contrôle le centre, le nord et l'est du pays, tandis que les FSR tiennent le Darfour à l'ouest et cherchent à s'étendre dans le Sud-Kordofan et le long de la frontière éthiopienne.
- Total (depuis avr. 2023)
- 200000 personnes
- al-Fashir, 3 jours (automne 2025)
- 6000 personnes
- Kordofan (depuis janv. 2026)
- 1000 personnes
- el-Obeid (août 2026)
- 2 personnes
Des observateurs ont mis en garde contre une répétition des atrocités commises lors de la prise d'al-Fashir par les FSR au Darfour l'automne dernier, lorsque le bureau des droits de l'homme de l'ONU a signalé plus de 6 000 morts en trois jours. Une commission d'enquête de l'ONU a conclu que la violence des FSR présentait les caractéristiques d'un génocide.


