
La justice demande la levée de l'immunité de Daniel Obajtek et son placement en détention dans l'affaire des prix des carburants
Le procureur général Waldemar Żurek a demandé au Parlement européen de lever l'immunité de l'eurodéputé Daniel Obajtek et d'autoriser son placement en détention, dans une affaire liée aux baisses des prix des carburants pratiquées par Orlen en 2023.
Demande de levée d'immunité
Le jeudi 15 octobre 2026, le procureur général Waldemar Żurek a adressé à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, une demande de levée de l'immunité de Daniel Obajtek, eurodéputé PiS et ancien président d'Orlen. La requête sollicite également l'accord du Parlement pour le placer en détention, le faire comparaître par la force et le placer en détention provisoire. Selon le parquet, les éléments réunis suffisent à justifier le soupçon qu'il a commis un délit, et l'accord du Parlement est nécessaire avant toute mise en examen formelle. Żurek a décrit cette étape en ces termes :
J'ai envoyé au PE une motion visant à lever l'immunité et à placer Daniel Obajtek en détention.
Ce que reproche le parquet
L'affaire est instruite par la branche de Łódź du parquet national. Selon les procureurs, alors qu'il dirigeait Orlen, Obajtek a ordonné à ses subordonnés de baisser les prix de gros et de détail afin qu'un litre de carburant dans les stations de l'entreprise ne coûte pas plus de 5,99 zł entre le 1er et le 15 octobre 2023. Pour les enquêteurs, les motifs n'étaient pas économiques et cette politique tarifaire a enfreint les procédures formelles et informelles qui s'imposaient à la direction d'Orlen. L'infraction reprochée est l'abus de pouvoirs et le manquement aux obligations de gestion, qui aurait causé à Orlen un préjudice supérieur à 4,1 milliards de zł. L'infraction est passible de 5 à 25 ans de prison. Żurek a indiqué qu'un effet secondaire de cette baisse des prix avait été l'épuisement du carburant dans plus de 600 stations, qui ont affiché des messages signalant des pompes en panne, avant d'ajouter :
Il s'agit d'un délit de mauvaise gestion à grande échelle, passible de jusqu'à 25 ans de prison.
Cinq cadres mis en examen
Début octobre 2026, cinq anciens et actuels cadres d'Orlen ont été mis en examen dans le cadre de cette politique tarifaire présumée. Des agents de l'Agence de sécurité intérieure les ont interpellés le 6 octobre 2026 sur ordre du parquet de Łódź. Un tribunal a placé quatre d'entre eux en détention provisoire, avec possibilité de libération après versement d'un cautionnement en nature. Le parquet justifie sa demande de détention d'Obajtek par le risque qu'il entrave la procédure et par la perspective d'une peine lourde, mais seul un tribunal peut décider du placement en détention provisoire. Selon les explications fournies, la motivation a été classifiée car elle contient des informations sensibles sur les activités d'Orlen, ses intérêts stratégiques et économiques ainsi que le contexte géopolitique actuel et les menaces hybrides. Orlen a été désignée par un règlement du 16 juin 2026 comme une entreprise d'importance significative pour l'économie de l'État.
- Période durant laquelle, selon le parquet, le prix de détail du carburant d'Orlen devait être plafonné à 5,99 zł le litre
- Des agents de l'Agence de sécurité intérieure interpellent cinq anciens et actuels cadres d'Orlen sur ordre du parquet
- Le procureur général envoie au Parlement européen la demande de levée de l'immunité de Daniel Obajtek
La réponse d'Obajtek
Obajtek a répondu sur la plateforme X : si les procureurs veulent le placer en détention parce que les Polonais ont fait le plein à moins de 6 zł, ils peuvent le faire. Il y a ajouté une condition, celle que le Premier ministre Donald Tusk soit détenu dans la même cellule, et il a soutenu que Tusk avait promis un carburant à 5,19 zł et avait déclaré, en tant que chef du gouvernement, que les entreprises publiques ne devaient pas réaliser de profits mais veiller au bien-être des Polonais. La réponse d'Obajtek a été publiée le jour même de la demande. L'accord du Parlement reste nécessaire avant toute mise en examen, et toute décision de détention provisoire relève d'un tribunal.

