Trump prépare de nouveaux droits de douane sur 60 pays alors que les taxes temporaires expirent, risquant une inflation avant les élections de mi-mandat
Alors que les élections de mi-mandat approchent et que la guerre en Iran s’éternise, la Maison-Blanche se prépare à imposer de nouveaux droits de douane à 60 partenaires commerciaux, en utilisant des arguments juridiques inédits pour contourner un blocage de la Cour suprême.
Droits expirent et manœuvres juridiques
Les droits de douane temporaires de 10 % imposés en vertu de la section 122 du Trade Act de 1974 doivent expirer à minuit le vendredi 22 juillet 2026. L’administration avait utilisé cette disposition pour maintenir des droits universels sur toutes les marchandises entrant aux États-Unis après que la Cour suprême a bloqué en février les droits de douane massifs annoncés par Trump le 2 avril 2025, son « jour de la libération » autoproclamé. Plutôt que de laisser les droits expirer, la Maison-Blanche prépare un nouveau paquet ciblant au moins 60 pays. Le représentant au Commerce, Jamieson Greer, a confirmé à CNBC qu’une annonce est attendue prochainement, même s’il doit d’abord consulter le Congrès. Selon le Financial Times, les espoirs que le Congrès vote pour prolonger la section 122 sont très faibles.
Nous prévoyons de faire une annonce bientôt.
Les avocats de l’administration ont passé des mois à fouiller des milliers de pages de droit commercial pour trouver une base juridique alternative. Une option de premier plan est la section 301 du même Trade Act, qui permet aux États-Unis de bloquer les importations en provenance de pays qui utilisent le travail forcé. Greer a déclaré que cette disposition pourrait couvrir environ 99 % du commerce américain. Les nouveaux droits de douane iraient initialement de 10 % à 12,5 %, mais l’administration a signalé des escalades à plus long terme. Trump a promis sur les réseaux sociaux que les droits de douane sur les médicaments génériques importés passeront progressivement à 200 % d’ici 2029.
Pression politique intérieure
La poussée tarifaire intervient à un peu plus de 100 jours des élections de mi-mandat de novembre, alors que la cote de popularité du président Trump est à des niveaux historiquement bas et que la guerre en Iran s’éternise. Plusieurs républicains, dont le chef de la majorité au Sénat, John Thune, appellent à la retenue. L’inquiétude à Washington est que de nouvelles barrières commerciales alimentent l’inflation et augmentent le coût de la vie pour les familles américaines déjà mises à rude épreuve par les turbulences du marché de l’énergie liées au conflit iranien. Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, a révélé que la guerre a déjà coûté 37,5 milliards de dollars. Malgré les critiques, Trump reste convaincu que les droits de douane sont le meilleur outil pour protéger les intérêts nationaux, les qualifiant, selon des informations, de son « mot préféré ».
Les droits de douane sont mon mot préféré.
Le Canada frappé de droits élevés
Le Canada est le premier pays à ressentir la nouvelle approche. Utilisant une disposition conçue pour punir les nations qui discriminent les produits américains, Washington a annoncé des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur le vin, le ciment et les bâtons de hockey canadiens. Cette mesure s’est accompagnée de vives critiques sur la fumée des incendies de forêt canadiens qui dérive vers les villes américaines, une pique polémique bizarre reflétant la détérioration du ton des relations commerciales.
L’Union européenne observe avec prudence
De l’autre côté de l’Atlantique, l’Union européenne surveille la situation avec prudence. Bruxelles se souvient de l’accord de Turnberry, signé en Écosse et récemment ratifié par le Parlement européen, qui plafonne les droits de douane à 15 %. Les responsables européens espèrent que le pacte servira de protection contre une guerre commerciale généralisée, même si les souvenirs des ruptures commerciales transatlantiques précédentes restent vifs.
Contexte économique et géopolitique
Cette nouvelle offensive tarifaire se déroule dans un contexte de tensions économiques et géopolitiques. La guerre en Iran a coûté 37,5 milliards de dollars et perturbé les marchés de l’énergie, tandis que la cote de popularité de Trump est à des niveaux historiquement bas. La créativité juridique de l’administration reflète une détermination à maintenir des politiques protectionnistes malgré les revers judiciaires.
- Trump impose des droits de douane massifs le « jour de la libération »
- La Cour suprême bloque ces droits de douane
- Le représentant au Commerce Greer propose d’utiliser la section 301
- Les droits de douane temporaires de 10 % en vertu de la section 122 expirent
- L’administration devrait annoncer un nouveau paquet de droits de douane


