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Le gouvernement espagnol accorde une nouvelle licence TV nationale à un consortium lié à Prisa, suscitant des accusations de copinage politique

Le gouvernement espagnol a accordé une licence nationale TNT de 15 ans à SIETE, un consortium lié aux actionnaires de Prisa et à l'ancien fondateur de La Sexta, José Miguel Contreras, battant Mediaset et déclenchant des accusations d'un accord politiquement motivé pour garantir un diffuseur pro-gouvernemental avant une éventuelle défaite électorale.

L'attribution de la licence

Le Conseil des ministres espagnol a approuvé mardi 26 mai 2026 l'adjudication d'une nouvelle licence nationale de télévision numérique terrestre (TNT). La licence a été attribuée à Servicios Integrados de Entretenimiento Televisivo SL (SIETE), un consortium administré par Andrés Varela Entrecanales et lié à un groupe d'actionnaires de Prisa réunis autour de Global Alconaba. L'autre candidat majeur était Mediaset, qui détient déjà huit fréquences TNT en Espagne.

La licence est accordée pour une durée de 15 ans et est renouvelable pour la même durée, sous réserve du respect des exigences de la loi 13/2022. Le consortium dispose désormais d'un délai maximal de six mois pour lancer la chaîne, visant des débuts à l'automne 2026.

Conséquence de ce plan technique, un concours a été lancé. Deux offres ont été reçues, une du groupe Mediaset et une autre d'un groupe appelé Servicios Integrados de Entretenimiento Televisivo. Et ce concours a été résolu en temps utile et normalement, et cette deuxième société a gagné.

Le consortium et ses soutiens

Le consortium gagnant SIETE est composé de quatre actionnaires principaux, chacun détenant 25 % des parts. Trois d'entre eux sont déjà regroupés au sein du groupe Prisa : Andrés Varela, Diego Prieto et Adolfo Utor. Le quatrième partenaire est l'homme d'affaires argentin José Luis Manzano, du groupe Integra qui détient une participation majoritaire dans la chaîne Telefé, bien que des sources précisent que Telefé elle-même n'est pas impliquée dans le projet.

José Miguel Contreras, fondateur de Globomedia et de La Sexta, participe en tant que conseiller stratégique. La première recrue officiellement annoncée pour le projet est Luis Morales Losada, qui occupera le poste de directeur de production, apportant son expérience du Grupo Mediapro.

Connexions politiques et judiciaires

Le moment de cette attribution a suscité un examen minutieux, intervenant une semaine seulement après la mise en examen de l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero par le juge José Luis Calama. Plusieurs articles soulignent un lien via l'homme d'affaires Daniel Romero-Abreu Kaup, membre du groupe d'actionnaires Global Alconaba. Romero-Abreu est le fondateur de Thinking Heads Group, une entreprise qui figure dans l'ordonnance du juge Calama comme l'une des entités ayant payé Zapatero.

Selon l'ordonnance judiciaire, Thinking Heads a effectué 37 virements à Zapatero entre mai 2021 et décembre 2025, totalisant 681 318 euros pour des activités de médiation, de conseil stratégique et académiques. Zapatero a personnellement reçu 649 552 euros de Thinking Heads Group SL et 31 766,04 euros de sa filiale américaine.

Une stratégie de survie politique

Plusieurs sources décrivent la nouvelle chaîne comme une décision stratégique du gouvernement pour s'assurer un média favorable. José Miguel Contreras aurait directement expliqué au Premier ministre Pedro Sánchez l'importance d'avoir un projet télévisuel avec un « ADN sanchiste » qui servirait de porte-voix infaillible pour les messages critiques, en particulier alors que les sondages montrent des options décroissantes pour Sánchez de rester au pouvoir.

Contreras sait qu'avec Sánchez encore au pouvoir, aussi affaibli soit-il, la capacité de faire pression sur les entreprises privées amies – surtout celles avec participation de la SEPI – est très élevée et leur garantirait beaucoup de carburant pour le lancement.

une source de l'environnement de Moncloa

La bataille interne chez Prisa

L'attribution de la licence est le point culminant d'une féroce bataille interne au sein du Grupo Prisa. En 2024, Contreras a été nommé directeur des contenus de Prisa Media avec pour objectif de mener le retour du groupe à la télévision nationale. Cependant, début 2025, le plus grand actionnaire de Prisa, Joseph Oughourlian d'Amber Capital, a stoppé le projet et renvoyé Contreras, considérant le lancement d'une chaîne TNT comme un suicide financier pour un groupe endetté à hauteur de 750 millions d'euros. Oughourlian ne voulait pas non plus assumer le coût réputationnel de transformer le groupe en une plateforme ouvertement partisane.

Après avoir été écartés, Contreras et les actionnaires espagnols de Prisa se sont regroupés en dehors de la structure de l'entreprise pour poursuivre la licence de manière indépendante, réussissant finalement avec le soutien du gouvernement.

Ambitions de programmation

La nouvelle chaîne, qui n'a pas encore de nom officiel mais envisage « Siete » ou « La Séptima », vise à concurrencer directement les six grands diffuseurs nationaux espagnols. Sa programmation sera construite autour de la production nationale originale, de la diffusion en direct et de l'actualité. Le consortium souligne que la chaîne sera le fleuron d'une plateforme multimédia plus large, avec des contenus numériques distribués sur toutes les fenêtres disponibles.

Chronologie de la nouvelle licence TNT espagnole
  1. José Miguel Contreras est nommé directeur des contenus de Prisa Media pour mener un retour à la télévision nationale.
  2. Le PDG de Prisa, Joseph Oughourlian, stoppe le projet télévisuel et licencie Contreras, invoquant la dette de 750 millions d'euros du groupe.
  3. Le Conseil des ministres approuve l'appel d'offres public pour une nouvelle licence nationale TNT.
  4. L'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero est mis en examen par le juge José Luis Calama.
  5. Le Conseil des ministres attribue la licence TNT de 15 ans au consortium SIETE.
  6. Date limite pour que SIETE lance la nouvelle chaîne (six mois après l'attribution).

L'élément déterminant du projet sera la présence de grands professionnels de la communication, chacun dirigeant son propre espace, bien que le consortium insiste sur la recherche d'une conjonction de personnalités diverses plutôt que d'un simple personalisme.

Madrid

8 sources

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Bandar Abbas · Koweït · Washington, D.C.