
L'UE met en œuvre le Pacte sur la migration et l'asile, la Grèce déploie des procédures accélérées et un projet de centres de retour
Le 12 juin 2026, le Pacte sur la migration et l'asile de l'Union européenne, attendu de longue date, est entré en pleine application dans les 27 États membres, instaurant un contrôle obligatoire aux frontières, des procédures d'asile accélérées et un mécanisme de solidarité permanent. La Grèce, qui a adopté sa loi de transposition nationale trois jours plus tôt, met désormais en œuvre un système à quatre piliers, avec une volonté de créer des centres de retour hors de l'UE.
La réforme migratoire la plus ambitieuse de l'UE depuis des décennies est devenue opérationnelle le 12 juin, remplaçant le système de Dublin fragmenté par un règlement unique. Les États de première ligne comme la Grèce sont désormais confrontés à de nouvelles obligations et à un soutien garanti au niveau européen.
Ce que le Pacte change
Chaque arrivée irrégulière doit faire l'objet d'un contrôle obligatoire (identité, sécurité, santé et vulnérabilité) et être enregistrée dans la base de données Eurodac améliorée. Les demandes d'asile de certaines nationalités suivront une procédure frontalière obligatoire, avec des décisions attendues dans un délai de sept jours pour les cas express. Les personnes déboutées seront directement orientées vers des procédures de retour. Le Pacte oblige également tous les États membres à contribuer à un pool de solidarité annuel, aidant les pays sous pression par le biais de relocalisations, de financements ou d'une aide opérationnelle, bien que la plupart des gouvernements préfèrent pour l'instant les contributions financières à l'accueil de demandeurs d'asile.
Le 12 juin est le point de départ, pas la fin du voyage.
Le cadre à quatre piliers de la Grèce
La Grèce a adopté sa loi de transposition le 9 juin, reposant sur quatre piliers : le contrôle obligatoire aux frontières extérieures via le nouveau système Eurodac, le traitement accéléré des demandes d'asile avec des délais plus stricts et des procédures frontalières, un cadre de retour renforcé, et une coopération approfondie avec les agences de l'UE. La loi n'a été approuvée que par le parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie.
L'initiative des centres de retour
Un groupe de cinq États membres (Grèce, Allemagne, Danemark, Autriche et Pays-Bas) promeut conjointement la création de « centres de retour » dans des pays non membres de l'UE. Ces centres accueilleraient les personnes dont les demandes d'asile ont été définitivement rejetées. Le ministre grec de la Migration et de l'Asile, Thanos Plevris, a confirmé que des contacts avec des pays tiers sont en cours pour signer les premiers accords.
- L'UE adopte le Pacte sur la migration et l'asile, comprenant 10 actes législatifs interconnectés.
- La Commission européenne publie un rapport d'avancement, notant des progrès significatifs mais des étapes supplémentaires nécessaires.
- Le Parlement grec approuve la loi nationale transposant le Pacte.
- Le Pacte entre en pleine application dans les 27 États membres de l'UE.
Un lancement incomplet
Le commissaire Brunner a prévenu que des composantes essentielles ne sont pas encore pleinement opérationnelles. Plus urgent encore, la base de données Eurodac (décrite comme l'épine dorsale du nouveau système d'identification et de suivi) n'est pas prête à 100 %.
Nous ne sommes pas encore à 100 %.
Un rapport d'avancement de la Commission début mai a noté que si les États membres ont réalisé des progrès significatifs, des efforts supplémentaires sont nécessaires avant que le cadre n'atteigne sa pleine maturité opérationnelle. Actuellement, moins de 30 % des ordres d'expulsion sont exécutés dans l'UE, un chiffre que les nouvelles règles visent à augmenter.


