
L'armée espagnole stoppe l'expulsion d'un garçon de 12 ans à la frontière de Ceuta après l'intervention de journalistes
Un garçon de 12 ans était sur le point d'être renvoyé au Maroc lorsque des journalistes et des habitants sont intervenus, révélant qu'il était seul et protégé par la loi espagnole.
L'incident à la frontière
Le 3 août, un garçon de 12 ans était escorté par des soldats espagnols vers la frontière marocaine à Ceuta lorsque sa résistance en larmes a attiré l'attention de journalistes et de riverains. L'enfant, portant un short jaune et un t-shirt bleu foncé, s'est accroché au cou d'un soldat et a répété en arabe une phrase traduite par « Non, Maroc, non ». Plusieurs femmes sur place ont aidé à interpréter ses paroles, et il est apparu clairement que le garçon était seul, sans adulte pour l'accompagner.
Le garçon pouvait à peine parler, il s'accrochait à la femme et nous regardait.
Un lieutenant-colonel est arrivé et, après avoir appris que l'enfant était non accompagné, a ordonné l'arrêt du transfert. Il a dit aux soldats qu'un enfant ne peut pas être expulsé seul en vertu de la loi espagnole. Le garçon a été remis à la Guardia Civil puis à la Croix-Rouge, qui l'ont ramené dans la ville.
Protection juridique des mineurs
La législation espagnole établit une distinction nette entre les migrants adultes et les mineurs non accompagnés. Les adultes peuvent demander l'asile et risquent l'expulsion en cas de rejet, mais les mineurs qui arrivent sans tuteur doivent être pris en charge par les autorités espagnoles et ne peuvent pas être renvoyés sommairement. Le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a souligné ce principe.
En Espagne, les droits fondamentaux des mineurs, en tant que personnes vulnérables, sont respectés, tout comme ceux des adultes.
Save the Children a envoyé une lettre aux ministères de l'Intérieur et de la Défense exigeant des garanties qu'aucun enfant ne soit renvoyé sans une évaluation individuelle. La spécialiste des migrations de l'organisation, Jennifer Zuppiroli, a déclaré qu'il y avait des indications que des mineurs figuraient parmi les personnes escortées vers la frontière, et que tout rapatriement doit suivre la procédure spécifique prévue par la loi espagnole.
Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait qu'il pourrait y avoir des mineurs parmi les personnes transférées à la frontière. Avant tout retour, il est essentiel d'identifier chaque enfant et d'évaluer sa situation individuellement, en garantissant toujours son intérêt supérieur.
L'ampleur de la vague migratoire
L'incident s'est produit dans le contexte d'une arrivée massive qui a débuté le 30 juillet, lorsque environ 72 000 personnes sont entrées irrégulièrement à Ceuta en 24 heures, beaucoup en nageant depuis le Maroc voisin. Au 4 août, le gouvernement espagnol a déclaré que 69 500 personnes étaient retournées au Maroc, la plupart escortées par les autorités et certaines volontairement. Les chiffres officiels de la ville faisaient état de 862 mineurs non accompagnés dans les centres d'accueil et les installations d'urgence, bien que Save the Children estime le nombre à plus de 1 000, notant que beaucoup de ceux entrés le 30 juillet n'avaient pas encore demandé d'aide ou se cachaient. Au moins 44 personnes, principalement des jeunes et des mineurs, ont été signalées disparues par leurs proches.
- Environ 72 000 migrants entrent à Ceuta en 24 heures, beaucoup en nageant depuis le Maroc
- Un garçon de 12 ans est presque expulsé ; des journalistes et des habitants interviennent, et un lieutenant-colonel interrompt le transfert
- Le gouvernement annonce 25 millions d'euros pour les mineurs non accompagnés ; 69 500 migrants sont retournés au Maroc
Réponses du gouvernement et des ONG
Le gouvernement espagnol a annoncé une allocation exceptionnelle de 25 millions d'euros pour Ceuta afin de prendre en charge les mineurs non accompagnés. La Guardia Civil a ouvert un bureau des personnes disparues au poste de douane frontalier et a fourni une adresse e-mail pour signaler les disparitions. La ministre de l'Inclusion Elma Saiz n'a pas divulgué le nombre total d'enfants migrants dans l'enclave.
Parallèlement, un reportage d'EL MUNDO a décrit un système de deux portes au poste-frontière de Tarajal : l'une pour ceux amenés par des camions militaires, étiquetée « retours volontaires », et une autre pour ceux arrivant à pied. Le journal a été témoin d'un soldat escortant une fille d'environ 13 ans à travers la porte destinée aux retours volontaires, soulevant des questions sur la manière dont le caractère volontaire est déterminé dans la pratique.


