
Des milliers de personnes manifestent à New Delhi pour exiger la démission du chef de la commission électorale Gyanesh Kumar
Les forces de sécurité ont interpellé plus de 20 000 personnes durant le week-end, alors que l'opposition et le Cockroach Janta Party poussaient lundi 12 octobre une marche vers la Cour suprême.
Des milliers de personnes marchent vers la commission électorale
Des milliers de manifestants se sont rassemblés lundi 12 octobre dans le centre de New Delhi sous forte surveillance policière, pour exiger la démission du chef de la commission électorale, Gyanesh Kumar. L'opposition et le Cockroach Janta Party (CJP), un mouvement de jeunesse né en ligne pour canaliser la colère de la génération Z, sont mobilisés depuis des semaines contre une révision des listes électorales. Les critiques estiment que cette révision favorise le Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi et cible les minorités, en particulier les musulmans, ainsi que d'autres groupes vulnérables. La commission électorale et son président ont nié toute irrégularité. Des articles de presse cités par RFI et SAPO indiquent que la révision, entamée en 2025, a retiré environ 130 millions d'électeurs inscrits des listes.
Interpellations du week-end et capitale barricadée
Les forces de sécurité ont procédé à des milliers d'interpellations samedi 10 et dimanche 11 octobre, avec plus de 20 000 personnes interpellées selon la presse locale. Des barricades bloquaient tous les axes menant à Jantar Mantar, lieu de contestation de longue date, et lundi la police a annoncé que ce site ne pourrait plus accueillir de rassemblements et que trois autres lieux le remplaceraient. L'internet mobile a été coupé, les transports publics suspendus et les rues du centre fermées à la circulation durant le week-end, selon RTS et SAPO. Des photographies de l'AP montraient des rangées de bus orange, préparés par les autorités pour évacuer les manifestants, stationnés le long des grands axes, tandis que des soldats camouflés se tenaient près de barricades jaunes. La chronologie ci-dessous retrace le week-end et la marche de lundi.
- Abhijeet Dipke et deux autres dirigeants du CJP interpellés à leur arrivée en avion à New Delhi
- Dipke et les deux autres libérés après 24 heures ; plus de 20 000 interpellations durant le week-end, selon la presse locale
- Des milliers de personnes se rassemblent dans le centre de New Delhi pour exiger la démission de Gyanesh Kumar ; Rahul Gandhi appelle ses partisans à marcher vers la Cour suprême
Interpellation de dirigeants du CJP
Abhijeet Dipke, fondateur du CJP, et deux autres dirigeants du mouvement ont été interpellés à leur arrivée en avion à New Delhi samedi et placés 24 heures en garde à vue, rapporte RTS. RFI indique qu'ils ont été libérés au bout de 24 heures, comme la plupart des autres manifestants interpellés. Après sa libération, Dipke a écrit sur X que Modi était une honte pour l'Inde et que le pays n'avait jamais vu un lâche ou un brute pire. De nombreux parlementaires et manifestants ont accusé les forces de sécurité de violences. Lundi, Dipke a demandé pourquoi Gyanesh Kumar était si indispensable à Modi que le gouvernement était prêt à s'en prendre à tout le monde.
La marche de l'opposition vers la Cour suprême
Rahul Gandhi, chef de l'opposition et dirigeant du Congrès, a appelé ses partisans à marcher vers la Cour suprême, et Bloomberg a rapporté que des centaines de dirigeants de l'opposition et de militants ont défilé dans le centre de New Delhi avec Gandhi et Priyanka Gandhi Vadra. Gandhi a déclaré que la campagne ne s'arrêterait pas tant que la Constitution ne serait pas respectée. Il a montré une lettre adressée au juge en chef Surya Kant, écrite conjointement avec le président du Congrès Mallikarjun Kharge, exposant des inquiétudes sur la conduite prêtée à Kumar et sur la révision contestée. Gandhi a indiqué que Kant leur avait suggéré de déposer une requête, qu'ils déposeraient à la fin de la marche. Kant a déclaré aux journalistes avoir refusé une rencontre pour certaines raisons non précisées, et a affirmé :
Tout citoyen indien a le droit de s'adresser à la Cour, et nous écouterons les préoccupations et les raisons, en veillant à ce que la loi prévoit.
Contexte et suites
Le CJP a été créé en ligne en mai pour canaliser la colère étudiante contre le système éducatif, et en mai la mobilisation a contribué au départ de Dharmendra Pradhan, aujourd'hui ancien ministre de l'Éducation. Le CJP a déclaré dimanche 11 octobre que la protestation se poursuivrait jusqu'à la démission de Kumar. L'opposition prévoit de déposer sa requête une fois la marche terminée. La démission de Kumar reste la revendication centrale de l'opposition comme du CJP, et la police a remplacé le site de protestation de Jantar Mantar par trois autres lieux.
