
La start-up allemande Neura lève jusqu'à 1,4 milliard de dollars auprès d'Amazon, Nvidia et d'autres pour produire en masse des robots humanoïdes
L'entreprise de Metzingen prévoit d'utiliser ce capital pour accroître sa production en série jusqu'à des millions de robots d'ici 2030, s'imposant sur un marché qu'elle nomme « l'IA physique ».
Le tour de financement
Neura Robotics, une start-up allemande fondée en 2019, a bouclé un tour de financement allant jusqu'à 1,4 milliard de dollars (environ 1,21 milliard d'euros). L'entreprise le décrit comme la plus importante levée de fonds depuis sa création. Selon le Handelsblatt, ce tour est l'un des plus importants jamais réalisés en Allemagne. Cette injection de capital valorise Neura à 7 milliards de dollars (6,1 milliards d'euros), lui conférant le statut de licorne, l'étiquette appliquée aux entreprises technologiques valorisées à 1 milliard de dollars ou plus.
Qui soutient l'entreprise
Plusieurs grandes entreprises américaines et européennes figurent parmi les investisseurs. Amazon, Nvidia et Qualcomm participent, aux côtés de la société de cryptomonnaies Tether, émettrice du stablecoin USDT. Les fleurons industriels allemands Bosch et Schaeffler, tous deux partenaires existants de Neura, contribuent également. La Banque européenne d'investissement est aussi impliquée. L'entreprise n'a pas révélé le montant engagé par chaque investisseur ni la part du total déjà débloquée.
Avec ce financement, Neura assure une position de leader dans la course mondiale à la robotique, à égalité avec les meilleurs des États-Unis et de la Chine.
Ce que construit Neura
Neura développe des robots cognitifs et humanoïdes équipés de la vue, de l'ouïe et du toucher. La gamme de produits comprend des machines industrielles, domestiques et humanoïdes. L'entreprise construit également le « Neuraverse », un écosystème d'intelligence partagée pour les robots. Les médias français décrivent Neura comme le challenger européen face à des pionniers comme le chinois Unitree et l'américain Boston Dynamics.
La thèse de l'IA physique
Le fondateur David Reger a expliqué que l'avenir de l'intelligence artificielle ne se limitera pas aux écrans. Selon lui, l'IA va bouger, interagir, apprendre et travailler aux côtés des humains dans le monde réel. Neura vise à construire ce qu'elle appelle la principale plateforme mondiale d'« IA physique », une combinaison de matériel et d'intelligence artificielle. L'entreprise fait état d'un carnet de commandes et d'un pipeline de développement stratégique de plus d'un milliard de dollars.
À l'avenir, les gens ne se demanderont plus seulement ce que l'IA peut leur dire. Ils se demanderont ce que l'IA peut faire physiquement.
Vers une production massive d'ici 2030
Neura prévoit d'utiliser ces nouveaux capitaux pour passer à une production en série de plusieurs millions de robots d'ici 2030. L'entreprise, dont le siège est à Metzingen, près de Stuttgart, collabore déjà avec Schaeffler et Bosch en Allemagne. L'automatisation utilisant des robots humanoïdes n'en est qu'à ses débuts et est considérée comme un marché d'avenir, selon l'entreprise.
- Fondation de Neura Robotics à Metzingen, Allemagne
- Annonce d'un tour de financement pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars ; valorisation à 7 milliards de dollars
- Objectif de production en série de plusieurs millions de robots


