
La NBP projette une inflation polonaise à 2,2 % d'ici 2028, une croissance du PIB à 3,7 % cette année
La banque centrale polonaise a publié vendredi sa projection de juillet, montrant un repli de l'IPC de 2,9 % fin 2026 à 2,2 % fin 2028, tandis que le PIB croît de 3,7 % en 2026 avant de ralentir.
Trajectoire de l'inflation
Le scénario central de la NBP montre une baisse régulière de l'inflation, de 2,9 % à fin 2026 à 2,7 % en 2027 puis 2,2 % en 2028. L'IPC reste ainsi dans la fourchette cible de 2,5 % de la banque centrale (plus ou moins un point de pourcentage) durant tout l'horizon de projection. L'inflation sous-jacente, qui exclut l'alimentation et l'énergie, devrait s'établir à 3 % en 2026 et 2027 avant de fléchir à 2,4 % en 2028.
En 2026, l'inflation sous-jacente restera élevée en raison de la forte hausse des prix dans les transports et les services de loisirs. La hausse des coûts des matières premières et les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales ont inversé la tendance déflationniste des importations.
- 2026
- 2.9 %
- 2027
- 2.7 %
- 2028
- 2.2 %
Perspectives du PIB
La croissance du PIB selon le scénario central est prévue à 3,7 % cette année, avant de ralentir à 2,8 % en 2027 puis de remonter à 3 % en 2028. Selon la NBP, l'expansion de cette année sera à peu près équivalente à celle de 2025, mais inférieure à la projection de mars. Deux forces opposées sont en jeu : l'absorption des fonds européens atteint son maximum, offrant un coup de pouce temporaire, tandis que la hausse des prix mondiaux des matières premières énergétiques pèse sur l'activité. Alors que le cycle d'investissement financé par l'UE ralentit les années suivantes, la croissance devrait se modérer.
- 2026
- 3.7 %
- 2027
- 2.8 %
- 2028
- 3 %
Choc d'offre en provenance du Moyen-Orient
La banque attribue directement la récente hausse de l'IPC à un choc d'offre provoqué par le conflit au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix des matières premières énergétiques sur les marchés mondiaux. Après être tombé à 2,1 % sur un an en janvier et février, l'IPC global est remonté à 3,1 % en mai, note le rapport.
Après la clôture de la projection de mars, la Pologne a subi un nouveau choc d'offre ces dernières années — une hausse des prix mondiaux de l'énergie déclenchée par le conflit au Moyen-Orient. Ce choc a fait passer l'IPC de 2,1 % sur un an en janvier–février à 3,1 % sur un an en mai. En conséquence, l'inflation IPC en 2026–2027 restera plus élevée que supposé dans la projection précédente.
L'impact devrait persister jusqu'au second semestre 2026 avant de s'atténuer en 2027–2028, à mesure que le choc se diffuse dans l'économie. À court terme, cependant, les ménages polonais subiront en juillet une flambée des prix des carburants et de l'énergie en raison de la fin d'un programme public de subventions aux carburants ; la banque prévoit un retour à la normale des marchés mondiaux de l'énergie d'ici le quatrième trimestre.
Prix alimentaires et effets retardés
Pour l'instant, des prix alimentaires moins élevés freinent l'inflation globale. La NBP note une baisse marquée de la croissance des prix alimentaires au deuxième trimestre : davantage de produits transformés sont arrivés sur le marché, la viande est devenue moins chère grâce à une offre accrue sur les marchés européens, et les récoltes nationales ainsi que les importations ont fait baisser les prix des légumes. Ce répit sera temporaire. En 2027, l'inflation alimentaire devrait repartir à la hausse, les coûts de production plus élevés (notamment pour les engrais, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient) se répercutant avec un décalage.
Risques orientés à la hausse pour 2028
La NBP identifie la poursuite de la guerre au Moyen-Orient comme le principal risque pour la projection. Un scénario sans accord de paix durable, accompagné de restrictions persistantes sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, pourrait perturber les approvisionnements énergétiques et maintenir les coûts d'assurance du transport maritime à un niveau élevé. À l'inverse, un accord de paix rapide, la réouverture du détroit et un allègement partiel des sanctions sur les exportations de pétrole iranien feraient baisser les prix de l'énergie en dessous de la trajectoire de référence.
Un deuxième risque apparaît en 2028 : le lancement prévu du nouveau système d'échange de quotas d'émission de l'UE, ETS2, introduit une incertitude considérable pour les prix intérieurs. En outre, la politique budgétaire intérieure pourrait influencer la trajectoire de l'inflation ; des déficits budgétaires élevés pourraient nécessiter des coupes dans les dépenses publiques, ce qui affaiblirait la demande et agirait comme une force désinflationniste. La banque centrale estime que la balance des risques est à peu près symétrique pour le PIB, mais orientée à la hausse pour l'IPC en 2028.
Politique monétaire en attente
Le Conseil de politique monétaire a maintenu son taux directeur inchangé à 3,75 % le 8 juillet, soit la quatrième décision consécutive de statu quo. Le dernier mouvement a été une baisse de 25 points de base en mars 2026, après un assouplissement cumulé de 2 points de pourcentage au cours de l'année précédente. L'inflation devant rester dans la fourchette cible et le choc d'offre se dissipant, le Conseil semble en mesure de conserver sa position attentiste.


