
Les garde-côtes tunisiens récupèrent 12 corps après le naufrage d'un bateau de migrants au large de Zarzis
La Garde nationale tunisienne a récupéré 12 corps après le naufrage d'un navire transportant 15 migrants au large de Zarzis, laissant deux personnes disparues et un survivant secouru après 48 heures en mer.
Opérations de recherche au large de Zarzis
La Garde nationale tunisienne a annoncé dimanche que les équipes de recherche ont récupéré 12 corps en mer après le naufrage d'un bateau de migrants au large de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie. Le navire a quitté les côtes tôt jeudi matin avec 15 ressortissants tunisiens à destination de l'Italie. Il a coulé dans la nuit de vendredi à samedi. Un navire marchand de passage a secouru l'unique survivant après qu'il a dérivé pendant environ 48 heures dans l'eau.
Les premiers rapports officiels dimanche faisaient état de 11 corps récupérés avant que les unités maritimes ne localisent une autre victime plus tard dans la journée. La Garde nationale tunisienne a détaillé le nombre de récupérations dans un communiqué officiel dimanche.
Les opérations de recherche ont permis de récupérer trois corps hier et neuf aujourd'hui, portant le total à 12.
Les personnels de recherche et de sauvetage des garde-côtes, des unités militaires et des services de protection civile poursuivent les opérations pour localiser les deux passagers toujours portés disparus, appuyés par deux hélicoptères.
- Un bateau transportant 15 migrants quitte le sud-est de la Tunisie vers l'Italie.
- Le navire coule au large de Zarzis.
- Un navire marchand secourt l'unique survivant ; les équipes de recherche récupèrent trois corps alors que des manifestations éclatent à Ben Guerdane.
- La Garde nationale récupère neuf corps supplémentaires, portant le bilan des corps retrouvés à 12.
Détails des passagers et troubles locaux
Selon l'Observatoire tunisien des droits de l'homme, les passagers étaient majoritairement des jeunes cherchant à traverser la Méditerranée. Parmi eux se trouvaient sept membres d'une même famille, ainsi qu'un homme voyageant avec sa femme enceinte. Quatorze des 15 passagers étaient originaires de Ben Guerdane, une ville marginalisée près de la frontière libyenne, tandis que le 15e passager venait de Zarzis.
La nouvelle du naufrage a provoqué des troubles immédiats à Ben Guerdane samedi soir. Des dizaines de résidents locaux et de jeunes sont descendus dans les rues pour exiger des autorités qu'elles accélèrent les opérations de recherche des passagers disparus. Les manifestants ont bloqué des routes et incendié des pneus de voitures dans toute la ville. La police tunisienne a répondu en déployant des gaz lacrymogènes pour disperser les foules rassemblées.
- Corps récupérés
- 12 personnes
- Disparus
- 2 personnes
- Secourus
- 1 personnes
Route de la Méditerranée centrale et politique de l'Union européenne
La Tunisie se trouve à environ 145 kilomètres de l'île italienne de Lampedusa, ce qui fait de son littoral un point de départ fréquent pour les traversées maritimes vers l'Europe. Les données de l'Organisation internationale pour les migrations identifient la Méditerranée centrale comme la route migratoire la plus meurtrière au monde. L'organisation a signalé qu'au moins 914 migrants sont morts ou portés disparus dans ce corridor en 2026. Les chiffres publiés plus tôt ce mois-ci montrent que les décès de migrants sur la route de la Méditerranée centrale ont plus que doublé au cours des quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025.
En 2023, la Tunisie et l'Union européenne ont signé un accord prévoyant un financement de 255 millions d'euros, dont près de la moitié allouée à la lutte contre l'immigration irrégulière. L'accord a reçu un fort soutien du gouvernement italien pour accroître la capacité des autorités tunisiennes à empêcher les bateaux de partir. Les organisations de défense des droits, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont appelé le mois dernier l'Union européenne à suspendre le financement des actions de contrôle aux frontières impliquant les forces de sécurité tunisiennes, affirmant que l'accord contribuait aux abus contre les migrants et les demandeurs d'asile.

