
New York devient le premier État américain à imposer un moratoire sur les grands centres de données
La gouverneure Kathy Hochul a signé mardi un décret suspendant la délivrance de permis environnementaux pour les centres de données consommant 50 mégawatts ou plus, invoquant des menaces sur les factures d'électricité, les ressources en eau et la stabilité du réseau.
Le décret
La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a signé mardi le premier moratoire national sur les centres de données, suspendant immédiatement la délivrance de permis environnementaux pour les grandes installations pour une durée maximale d'un an. Le décret s'applique aux centres de données consommant 50 mégawatts ou plus, un seuil conçu pour exonérer les installations plus petites utilisées par les hôpitaux et les universités. Pendant cette pause, le Département de la conservation de l'environnement de l'État n'approuvera aucun permis discrétionnaire qui n'a pas déjà été jugé complet.
Alors que le développement des centres de données menace de faire grimper les factures d'électricité, d'épuiser nos ressources naturelles et de créer de l'incertitude pour les New-Yorkais, il est de ma responsabilité d'agir et de montrer la voie.
Portée et impact immédiat
Le moratoire cible les centres de données dits hyperscale, et le seuil de 50 mégawatts est plus élevé que le seuil de 20 mégawatts inclus dans un projet de loi adopté par la législature de l'État le mois dernier. Le bureau de Hochul n'a pas pu dire immédiatement combien de projets seraient concernés, mais un collaborateur a reconnu qu'une installation de 19,4 milliards de dollars suscitant des inquiétudes dans le comté de Genesee serait probablement impactée si elle a encore besoin de permis du Département de la conservation de l'environnement. Le décret protège explicitement les besoins de données internes des services financiers, des hôpitaux et des universités.
Prochaines étapes
Dans les 60 jours, l'État publiera des directives pour aider les gouvernements locaux à négocier des avantages communautaires tels que des améliorations d'infrastructures, des investissements dans les services de garde d'enfants ou un soutien financier direct de la part des promoteurs. Le Département des services publics est également invité à envisager la création d'un Fonds d'accélération du réseau de New York, qui obligerait les opérateurs de centres de données à investir dans le vieillissant réseau électrique de l'État. L'embauche locale, l'apprentissage et les normes salariales en vigueur sont prioritaires dans le décret, et Hochul a déclaré qu'elle poursuivrait une législation visant à supprimer les exonérations de taxe sur les ventes pour les grands centres de données.
- La législature de New York adopte le Responsible Data Center Development Act avec un seuil de 20 MW ; le projet de loi attend la signature de la gouverneure.
- La gouverneure Hochul signe un décret suspendant les permis pour les centres de données de plus de 50 MW pour une durée maximale d'un an.
- L'État publiera des directives pour permettre aux gouvernements locaux de négocier des accords d'avantages communautaires avec les promoteurs.
- Le moratoire sera levé une fois qu'une déclaration d'impact environnemental générique établissant des normes environnementales cohérentes sera finalisée.
Contexte législatif
Un moratoire plus étendu, le Responsible Data Center Development Act, a été adopté par la législature en juin mais n'a pas encore été soumis à Hochul. Des responsables du bureau de la gouverneure ont décrit le projet de loi comme complexe et ont déclaré qu'il faudrait du temps pour l'examiner. Le décret permet à Hochul de mettre en œuvre une pause inédite au niveau national tout en examinant cette législation, et elle n'a pas indiqué si elle la signerait.
Opposition nationale croissante
L'action de New York intervient alors que la résistance à la construction de centres de données s'intensifie à travers le pays. Un sondage Reuters/Ipsos a révélé qu'un Américain sur trois seulement approuve le rythme rapide de la construction de centres de données, et que la plupart s'opposeraient à une installation dans leur propre communauté. Un sondage Gallup a également montré une opposition tant des républicains que des démocrates. Le président Trump a cherché à contrer cette opposition en obtenant l'engagement des entreprises technologiques de couvrir leurs propres coûts énergétiques, mais l'industrie se précipite toujours pour ériger jusqu'à 1 500 nouveaux centres de données, de la Virginie à l'État de Washington. La gouverneure de l'Arizona, Katie Hobbs, a signé en juin un moratoire de trois ans sur les nouvelles exonérations de taxe sur les ventes pour les centres de données, la gouverneure du Maine a opposé son veto à une interdiction nationale en avril, et la Nation séminole a adopté un moratoire complet en mars.


