Généré par IA·En savoir plus
© The New York Times
Conflits·-3 h

La gardienne des tortues libanaises Mona Khalil meurt après une frappe israélienne sur sa maison de Mansouri

Mona Khalil, qui protégeait les tortues marines menacées sur la côte sud du Liban depuis plus de 25 ans, est décédée vendredi après qu'une frappe aérienne israélienne a touché sa maison à Mansouri deux semaines plus tôt.

Une vie dédiée aux tortues

Mona Khalil est née à Lagos, au Nigeria, en 1949, de parents libanais. Elle a ensuite vécu aux Pays-Bas, où elle travaillait comme restauratrice de porcelaine, avant qu'une rencontre fortuite sur une plage près de Tyr ne change sa vie. En 1999, alors qu'elle visitait la maison familiale en bord de mer, elle a vu une tortue verte pondre ses œufs sur le sable. Elle a appris que les tortues caouannes et vertes étaient gravement menacées en Méditerranée et a décidé de rester au Liban pour les protéger.

En 2000, après le retrait israélien du sud du Liban, elle a contribué à fonder l'Orange House Project, une maison d'hôtes et un centre de conservation surplombant la plage de Mansouri. Le projet est devenu un pôle d'éducation environnementale, de recherche marine et d'écotourisme, attirant des volontaires du monde entier. Khalil a passé des décennies à surveiller les sites de nidification, à protéger les nouveau-nés et à lutter contre le développement côtier et la pêche destructrice.

Le parcours de Mona Khalil, de la rencontre avec une tortue à la frappe mortelle
  1. Naissance à Lagos, au Nigeria, de parents libanais.
  2. Aperçoit une tortue verte pondant ses œufs sur la plage de Mansouri, déclenchant sa mission de conservation.
  3. Revient définitivement au Liban et contribue à fonder l'Orange House Project pour la protection des tortues.
  4. Blessée dans une frappe aérienne israélienne sur sa maison de Mansouri, ainsi que son assistante.
  5. Décède au centre médical de l'Université américaine de Beyrouth des suites de ses blessures.

La frappe et les derniers jours

Le 4 juin, une frappe aérienne israélienne a touché sa maison familiale dans le village côtier de Mansouri, à environ 90 km au sud de Beyrouth. Khalil, âgée de 76 ou 77 ans selon différentes sources, a été blessée ainsi que son assistante. Elles ont été emmenées à l'hôpital Jabal Amel avec de graves brûlures et ont subi plusieurs opérations. Khalil a ensuite été transférée au centre médical de l'Université américaine de Beyrouth, où elle est décédée le matin du vendredi 20 juin.

À l'intérieur, je suis en colère.

Sa sœur Amal Khalil se souvient d'elle comme « une personne équilibrée, extrêmement dure, extrêmement gentille. »

Une femme de deux mondes

Khalil a grandi au Nigeria et fréquenté une école évangélique américaine à Beyrouth. Elle parlait un arabe approximatif et disait dans une interview se sentir plus nigériane que libanaise. Pourtant, elle est retournée dans le pays de ses ancêtres et a construit sa vie autour d'un bout de plage qu'elle appelait chez elle. Ses amis décrivaient un lien singulier avec le littoral.

Elle parlait de la plage comme si c'était une personne. Son lien avec le coucher de soleil, son lien avec l'eau et les tortues… elle était vraiment dévouée à la conservation, et à l'âme, à l'esprit de la conservation.

Le tribut du conflit

La mort de Khalil survient le jour où Israël a intensifié ses frappes aériennes dans le sud du Liban. Les attaques ont tué au moins 50 personnes et blessé des dizaines d'autres, selon des rapports locaux, et menacent de compromettre un fragile accord de paix entre l'Iran et les États-Unis. Plus de 4 000 personnes ont été tuées dans le cycle actuel des combats entre Israël et le Hezbollah.

Le groupe environnemental Live Love Tyre a déclaré dans un communiqué : « Elle restera dans les mémoires grâce à un héritage incroyable. … Sa vie était altruiste et marquante. » La journaliste et volontaire Fadia Jomaa a ajouté : « C'est une perte pour tout le Liban … pas seulement pour nous. Une perte pour la vie que vous avez si fidèlement protégée. »

Mansouri · Tyr · Beyrouth

6 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie