
Merz limoge le ministre des Transports Schnieder alors que le remaniement ministériel s'élargit après le départ de Spahn
Le chancelier Friedrich Merz écarte Patrick Schnieder du poste de ministre des Transports, invoquant son insatisfaction face à la gestion des crises du réseau ferroviaire et des infrastructures. Fritz Güntzler est pressenti pour lui succéder.
Remaniement déclenché par la démission de Spahn
Le remaniement ministériel a commencé après que Jens Spahn a démissionné de son poste de chef du groupe parlementaire CDU/CSU samedi 18 juillet. Spahn a quitté ses fonctions suite à des allégations liées à son recours à une mère porteuse aux États-Unis pour la naissance de son fils. Mercredi 22 juillet, le chancelier Friedrich Merz a nommé Thorsten Frei, l'ancien chef de la Chancellerie, pour succéder à Spahn. Cette décision a déclenché une réorganisation plus large du gouvernement et de la direction du parti, avec d'autres changements signalés le matin du 24 juillet. Le journal « Bild » et « Table.Briefings » ont été les premiers à rapporter le limogeage de Schnieder, confirmé plus tard par l'agence de presse dpa, citant des sources proches du parti et de la coalition.
- Jens Spahn démissionne de son poste de chef du groupe parlementaire après des allégations de gestation pour autrui.
- Thorsten Frei nommé pour succéder à Spahn.
- Le chancelier Merz tient une conférence de presse ; le ministre des Transports Schnieder limogé, Fritz Güntzler nommé successeur.
Le limogeage de Schnieder et la crise ferroviaire
Le ministre des Transports Patrick Schnieder a été informé qu'il devait quitter son poste, selon plusieurs médias vendredi. La décision, selon des sources proches du parti et de la coalition, découle du mécontentement profond et persistant de Merz face aux performances de Schnieder, en particulier sur les problèmes chroniques de la compagnie ferroviaire publique Deutsche Bahn. De nombreux trains restent imponctuels, et la rénovation des lignes très fréquentées a connu des retards. Un fonds spécial financé par la dette pour la modernisation des infrastructures se concentre sur le rail et les ponts, mais il manque des milliards pour la construction neuve et l'extension des autoroutes et des lignes ferroviaires, car cet argent doit provenir du budget fédéral central sous tension. En septembre 2025, le ministère des Transports lui-même a signalé des trous de plusieurs milliards d'euros menaçant de retarder de nouveaux projets, et des listes circulaient parmi les Länder montrant quels projets ne pouvaient pas obtenir de permis de construire et dans quelles circonscriptions électorales ils se trouvaient. Ces rapports ont provoqué des frictions avec le ministère des Finances, mais les dirigeants de la coalition ont ensuite convenu de fonds supplémentaires.
Tout ce qui est prêt à être construit sera construit.
Un rôle clé dans le redressement du chemin de fer est attribué à la nouvelle patronne de la Bahn, Evelyn Palla, qui a succédé à Richard Lutz l'année dernière. Schnieder avait mis l'accent sur certains points dans le secteur ferroviaire, mais les retards persistants et le manque de fiabilité lui ont finalement coûté la confiance de Merz.
Changements plus larges au sein du cabinet
Le remaniement s'étend bien au-delà du portefeuille des transports. Selon des médias, la ministre de la Santé Nina Warken doit devenir la nouvelle chef de la Chancellerie. Son ministère actuel serait repris par le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann. Le poste de Linnemann, à son tour, devrait revenir à la trésorière de la CDU, Franziska Hoppermann, députée de Hambourg. Aucune de ces mesures n'avait été officiellement confirmée vendredi matin. Merz a programmé une conférence de presse à 9h00 pour annoncer les changements de personnel. Le chancelier avait déjà indiqué mercredi que d'autres changements étaient à venir, mais il n'a pas confirmé le limogeage de Schnieder dans sa déclaration initiale.
La suite pour les transports
Fritz Güntzler, un homme politique financier de la CDU originaire de Göttingen, qui siège au Bundestag depuis 2013, est le favori pour remplacer Schnieder. Expert-comptable et conseiller fiscal de formation, Güntzler héritera d'un ministère aux prises avec la crise ferroviaire et un budget serré pour les nouvelles infrastructures. Le fonds spécial peut couvrir la rénovation du réseau ferroviaire et des ponts existants, mais le budget central, qui finance les nouvelles constructions, reste sous une pression sévère. Le nouveau ministre devra naviguer entre ces contraintes tout en remédiant aux retards persistants et au manque de fiabilité qui ont érodé la confiance du public dans le système ferroviaire. La coalition des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates devra également s'accorder sur des solutions de financement à long terme pour éviter de nouveaux retards de projets.

