
Trump impose des droits de douane pour travail forcé à 60 pays alors que la taxe provisoire de 10 % expire
Les droits, allant de 10 % à 12,5 %, sont entrés en vigueur à minuit, heure de la côte Est, remplaçant une taxe provisoire de 150 jours et couvrant 99,4 % des importations américaines.
L'administration Trump a remplacé un droit de douane temporaire arrivant à expiration par un nouveau train de droits qui frappe la quasi-totalité des importations américaines, cette fois-ci fondé sur des allégations de travail forcé. Cette mesure, annoncée tard jeudi et entrée en vigueur à 00h01, heure avancée de l'Est, vendredi, impose des droits de 10 % ou 12,5 % sur les marchandises de 60 partenaires commerciaux, couvrant 99,4 % des importations américaines. Le pétrole, le gaz, les engrais et certains produits alimentaires sont exemptés.
Un nouveau fondement juridique
Les droits sont imposés sur le fondement de la section 301 du Trade Act de 1974, un texte qui a survécu à des contestations judiciaires et confère au président un large pouvoir pour agir contre les pratiques commerciales déloyales. L'administration s'est tournée vers la section 301 après que la Cour suprême a jugé en février que les droits de douane réciproques antérieurs, allant de 10 % à 50 % et imposés sur le fondement de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA), étaient illégaux. Cette décision (6-3) a contraint la Maison-Blanche à rembourser les importateurs et a conduit à l'imposition d'un droit de douane mondial temporaire de 10 % sur le fondement de la section 122 du même Trade Act, qui a expiré après 150 jours vendredi.
- La Cour suprême annule les droits de douane réciproques de Trump pris sur le fondement de l'IEEPA
- Trump impose un droit de douane temporaire de 10 % sur le fondement de la section 122
- Le droit de douane temporaire de 10 % expire ; les nouvelles taxes pour travail forcé entrent en vigueur
- Fin de l'exemption pour les marchandises en transit
- L'enquête de l'USTR sur 16 pays pour surproduction pourrait aboutir à des droits de douane supplémentaires au titre de la section 301
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a présenté ces nouveaux droits comme une mesure de défense des droits de l'homme.
Les États-Unis ont une interdiction d'importation pour travail forcé depuis près d'un siècle et l'appliquent rigoureusement. Il est grand temps que nos partenaires commerciaux fassent de même. L'action d'aujourd'hui commencera à corriger ce qui est à la fois une violation des droits de l'homme et une pratique commerciale faussée, afin d'améliorer le bien-être des travailleurs partout dans le monde.
Qui paie quoi
La structure tarifaire répartit les pays en trois groupes. Dix-sept nations, dont le Canada, le Mexique, le Royaume-Uni, l'Inde et plusieurs économies d'Amérique latine et d'Asie, sont soumises à un taux de 10 % parce qu'elles se sont engagées à adopter et à appliquer des interdictions d'importation pour travail forcé. L'Union européenne, Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et la Suisse se sont vu attribuer des taux qui, combinés aux droits de douane existants de la nation la plus favorisée, totalisent 10 % ou 12,5 %. Les 38 pays restants, parmi lesquels la Chine, le Vietnam, l'Australie et le Brésil, sont soumis au taux plein de 12,5 %. Les marchandises déjà en transit sont exemptées jusqu'au 28 juillet à 00h01 (HAE).
- Taux de 10 % (17 pays)
- 17 pays
- Taux de 12,5 % (38 pays)
- 38 pays
- Taux combinés (5 entités)
- 5 pays
Réaction internationale
Les partenaires commerciaux ont rapidement réagi. La chef de la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a déclaré que le bloc demanderait des éclaircissements à Washington, qualifiant les droits de douane de choc et notant que l'UE avait honoré ses engagements pris dans le cadre d'un accord commercial transatlantique conclu l'année dernière. Le Canada a insisté sur le fait qu'il ne devrait pas être ciblé, se présentant comme un leader dans la lutte contre les importations issues du travail forcé. Matthew Holmes, vice-président exécutif de la Chambre de commerce canadienne, a mis en doute le calendrier.
Si l'intention est vraiment de lutter contre le travail forcé, l'accent devrait être mis sur une approche coordonnée par le biais d'un mécanisme multilatéral. Le calendrier est quelque peu suspect, car les séries précédentes de droits de douane arrivent à expiration.
L'Australie et le Brésil ont qualifié les nouveaux droits d'injustifiés, et le ministre norvégien des Affaires étrangères a déclaré qu'ils n'avaient aucun fondement. Les marchés financiers ont montré peu de réaction initiale, l'attention étant focalisée sur le conflit au Moyen-Orient.
Quelle est la suite
L'administration a laissé entendre que d'autres droits de douane au titre de la section 301 pourraient suivre. Le bureau du représentant américain au Commerce a déjà ouvert une enquête pour déterminer si 16 pays, représentant 70 % des importations américaines, ont surproduit des biens au détriment des entreprises américaines. Cette enquête n'est pas encore conclue. Pour l'instant, les nouvelles taxes pour travail forcé maintiennent un plancher tarifaire sur la quasi-totalité des importations, perpétuant la vision du président Donald Trump d'un régime tarifaire quasi mondial malgré le revers de la Cour suprême.


