
Merz et Macron discutent dissuasion nucléaire et retombées de l'avion de chasse lors du sommet de Rhénanie
Le chancelier Friedrich Merz a accueilli le président Emmanuel Macron au château de Bensberg près de Cologne jeudi soir, avant un conseil ministériel complet vendredi. Les deux dirigeants entendent surmonter l'effondrement d'un programme conjoint d'avion de chasse et approfondir la coopération sur la dissuasion nucléaire française pour l'Europe.
Un accueil chaleureux au château de Bensberg
Le chancelier Friedrich Merz a reçu le président Emmanuel Macron jeudi soir au château de Bensberg, un grand hôtel surplombant Cologne. Les deux dirigeants ont tenu une discussion de travail dans le salon Medicis avant de dîner seuls au restaurant deux étoiles du château, qui servait une cuisine française – un contraste délibéré avec les sandwiches au poisson debout proposés lors du conseil ministériel de Hambourg en 2023 sous l'ancien chancelier Olaf Scholz. Merz a noté qu'il s'agissait de la deuxième fois que les deux hommes se rencontraient cette semaine, après un sommet sur l'Ukraine et le défilé militaire du 14 juillet à Paris, qu'il a qualifié d'« événement véritablement émouvant ».
Je crois pouvoir dire que les derniers mois ont apporté un véritable rapprochement franco-allemand sur l'agenda européen.
Surmonter l'effondrement de l'avion de chasse
Les paroles chaleureuses masquent un partenariat tendu. Le « moteur » franco-allemand, censé faire avancer l'Europe, a toussé, surtout après l'effondrement du programme conjoint d'avion de chasse Future Combat Air System (FCAS) en raison de différends entre les fabricants et d'exigences nationales conflictuelles. Merz et Macron utilisent le sommet de Rhénanie pour dépasser cet échec. Vendredi matin, ils se rendront avec leurs ministres des Affaires étrangères et de la Défense à la base aérienne de Nörvenich, où des soldats allemands et français doivent démontrer l'entretien croisé des Eurofighter de chacun, symbole d'une coopération étroite.
La dissuasion nucléaire au centre des débats
À Nörvenich, les dirigeants discuteront également du rôle de l'arsenal nucléaire français dans la sécurité européenne, en s'appuyant sur un partenariat nucléaire conclu en mars 2026. Les discussions constituent une étape dans la volonté de l'Allemagne de s'appuyer sur les capacités de dissuasion françaises alors que le continent réévalue sa posture de défense. Le conseil de défense et de sécurité est la première session formelle du sommet, avant que le conseil ministériel complet ne se réunisse au château d'Augustusburg à Brühl.
- Merz accueille Macron au château de Bensberg ; discussion de travail et dîner privé
- Conseil de défense et de sécurité à la base aérienne de Nörvenich ; les soldats démontrent l'entretien croisé des avions de chasse
- Conseil ministériel franco-allemand réuni au château d'Augustusburg à Brühl
- Conférence de presse conjointe de Merz et Macron
L'ombre de 2027 et de Le Pen
La rencontre a un poids supplémentaire car il s'agit probablement du dernier conseil ministériel franco-allemand avec Macron, qui quittera ses fonctions après l'élection présidentielle d'avril 2027. À Berlin et à Paris, nombreux sont ceux qui craignent qu'une victoire de l'extrême droite Marine Le Pen, avec ses positions eurosceptiques, ne puisse compromettre des années de coopération bilatérale. La politologue Ulrike Franke du Conseil européen des relations internationales a exhorté les deux gouvernements à ancrer les projets communs dans l'intérêt national plutôt que dans la seule bonne volonté, afin qu'une future administration ait plus de mal à les démanteler.
Ce que je souhaiterais, c'est que nous regardions un peu plus ce qui relève de l'intérêt national des deux États.
Un programme large au-delà de la défense
Au-delà de la défense, le conseil ministériel abordera le prochain budget pluriannuel de l'UE, sur lequel la France et l'Allemagne ont des priorités divergentes, ainsi que la coopération en matière d'intelligence artificielle et de transition énergétique. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement à soutenir l'Ukraine et à renforcer l'industrie européenne. Merz a souligné la résonance historique du lieu de Brühl : c'est là, il y a 65 ans, que Charles de Gaulle a proposé à Konrad Adenauer le traité de l'Élysée, qui reste « la base de notre travail », a déclaré Merz.
La suite
Le sommet se conclut vendredi après-midi par une conférence de presse conjointe de Merz et Macron. Les responsables des deux côtés espèrent que cette démonstration visible d'unité rassurera les partenaires européens sur le fait que l'axe franco-allemand, bien qu'ébranlé, n'est pas brisé. La question de savoir si la dynamique renouvelée se traduira par des projets concrets avant la fin du mandat de Macron demeure ouverte.

