
Le chancelier allemand Friedrich Merz tombe à 10 % d'approbation, l'AfD en tête à 27 %
Un sondage Infratest Dimap réalisé auprès de 1 303 électeurs place Friedrich Merz au niveau le plus bas jamais enregistré pour un chancelier dans l'histoire du Deutschlandtrend, la CDU/CSU reculant à 20 %.
Une approbation au plus bas pour le chancelier
Le chancelier allemand Friedrich Merz voit son taux d'approbation tomber à 10 % dans le sondage ARD-Deutschlandtrend publié le 1er octobre 2026. Ce chiffre, établi par Infratest Dimap auprès de 1 303 électeurs inscrits entre le 28 et le 30 septembre, constitue le plus faible niveau de satisfaction enregistré pour un chancelier en exercice depuis la création de l'enquête en 1997. Environ 88 % des personnes interrogées se déclarent mécontentes de son action, soit une hausse de cinq points sur un mois. Dans le détail, 1 % des répondants se disent très satisfaits et 9 % satisfaits. Le mécontentement à l'égard de la coalition fédérale CDU/CSU-SPD atteint 89 %, tandis que 10 % seulement approuvent l'action du gouvernement.
Le mécontentement gagne toutes les bases partisanes
Le rejet de la coalition gouvernementale s'étend aux électorats des partis qui la composent comme à ceux de l'opposition. Parmi les électeurs CDU et CSU, 67 % se déclarent mécontents de l'action gouvernementale, contre 82 % des sympathisants SPD. Les électeurs de l'opposition expriment un rejet quasi unanime : 98 % des partisans de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) et 99 % des électeurs de Die Linke critiquent le gouvernement fédéral. Le sondage fait suite aux élections régionales de septembre en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où l'AfD l'a emporté, ainsi qu'à Berlin, où Die Linke a remporté la Chambre des représentants. Ces résultats avaient déjà suscité des critiques internes au parti contre la direction de Merz.
Intentions de vote et rapports de force partisans
À la question sur les intentions de vote au niveau fédéral, l'AfD conserve la première place pour le sixième mois consécutif avec 27 % des voix. L'alliance CDU/CSU recule d'un point à 20 %, son plus bas niveau dans le Deutschlandtrend depuis septembre 2021. Bündnis 90/Die Grünen gagnent un point à 16 %, leur meilleur score depuis plus de trois ans. Le SPD reste stable à 13 %, tandis que Die Linke perd un point à 11 %. Le Parti libéral-démocrate (FDP) est crédité de 4 %, sous le seuil de 5 % requis pour entrer au Bundestag, les autres partis totalisant 9 %.
- AfD
- 27 %
- CDU/CSU
- 20 %
- Verts
- 16 %
- SPD
- 13 %
- Die Linke
- 11 %
- Autres
- 9 %
- FDP
- 4 %
Des écarts marqués dans les notes des ministres
Les taux de satisfaction à l'égard des membres du cabinet fédéral diffèrent nettement de ceux du chancelier. Le ministre de la Défense Boris Pistorius (SPD) reste la personnalité gouvernementale la mieux notée, avec 50 % de satisfaits, en baisse d'un point. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul recueille 34 % d'approbation, le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt 27 %. Le ministre des Finances Lars Klingbeil obtient 20 % de satisfaction, suivi du ministre de la Santé Carsten Linnemann à 18 % et de la ministre du Travail Bärbel Bas à 17 %.
- Boris Pistorius
- 50 %
- Johann Wadephul
- 34 %
- Alexander Dobrindt
- 27 %
- Lars Klingbeil
- 20 %
- Carsten Linnemann
- 18 %
- Bärbel Bas
- 17 %
- Friedrich Merz
- 10 %
Le regard du public sur les systèmes de protection sociale
L'enquête évalue l'opinion publique sur la protection sociale et la situation économique en Allemagne. Seuls 17 % des répondants se disent confiants dans la capacité du gouvernement fédéral à garantir l'avenir des filets de sécurité sociale, contre 79 % qui en doutent. Sur les mécanismes de réforme, 50 % des citoyens se déclarent prêts à accepter des coupes personnelles si la nécessité en est clairement expliquée, et 61 % favorisent une modulation des réductions selon la situation financière individuelle. Invités à choisir entre plusieurs options de réforme, 41 % préfèrent une hausse des cotisations sociales, contre 37 % qui privilégient une baisse des prestations. Par ailleurs, 77 % des répondants déclarent ressentir une charge financière croissante malgré les promesses d'allègement du gouvernement, et environ la moitié craignent de ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie.


