
Mère de cinq bébés morts découverts à Orange, inculpée pour meurtre ; le père libéré sans poursuites
Une femme de 32 ans a été inculpée et placée en détention pour le meurtre de cinq nourrissons retrouvés morts dans un appartement à Orange, dans le Vaucluse, lundi. Son compagnon, qui a découvert les restes et alerté les autorités, a été libéré sans poursuites.
La découverte
Le dimanche 26 juillet, une femme de 32 ans à Orange (Vaucluse) a accouché à la maison d'un petit garçon en bonne santé tandis que son compagnon était sorti avec leurs deux aînés, âgés de 8 et 9 ans. Selon une source policière citée par plusieurs médias, le compagnon était parti pour qu'elle puisse se reposer en raison de douleurs abdominales. À son retour, il a trouvé le nouveau-né et a alerté l'hôpital. Troublé par la découverte tardive de la grossesse (le couple avait déjà connu des dénis de grossesse), l'homme a fouillé l'appartement et a découvert ce qui semblait être des restes humains dans une boîte en carton : un nouveau-né en décomposition. Il a contacté le centre hospitalier d'Orange, qui a informé le parquet de Carpentras. La police a perquisitionné le domicile lundi soir et a découvert quatre autres corps de nourrissons, certains réduits à l'état de squelette. Un médecin légiste a déterminé que les ossements et le corps en décomposition appartenaient à cinq nourrissons.
Les accusations
La mère a été hospitalisée après l'accouchement et arrêtée le mercredi 29 juillet à sa sortie. Elle a été placée en garde à vue à Avignon et interrogée. Le compagnon a également été placé en garde à vue mercredi matin mais a été libéré sans poursuites jeudi soir. Le vendredi 31 juillet, la mère a été présentée à un juge d'instruction à Avignon et mise en examen pour « meurtre sur mineur de moins de 15 ans ». Le procureur adjoint, Jean-François Mayet, a indiqué que la période de prévention s'étend d'avril 2018 à octobre 2025. La mère, décrite par Le Parisien comme « taciturne », a admis avoir accouché secrètement des nourrissons mais a maintenu qu'ils étaient tous mort-nés. Elle a déclaré aux enquêteurs : « Tous ces bébés étaient mort-nés », et a nié tout acte d'étouffement. Les premières observations indiquent que le cordon ombilical était encore autour du cou des nourrissons et qu'ils n'ont peut-être jamais respiré. Des examens médico-légaux sont en cours pour déterminer si l'un d'eux a respiré.
Le récit du père
Le compagnon, âgé de 32 ans, dont le nom n'a pas été rendu public, ne fait l'objet d'aucune poursuite. Son avocate, Hayet El Aouadi, a déclaré à France Bleu Vaucluse que son client est « un père anéanti qui se concentre sur ses deux enfants » et qu'« il est en état de choc, le ciel lui est tombé sur la tête ». Il maintient n'avoir eu connaissance ni des grossesses ni des accouchements. Le parquet a confirmé que l'homme a déclaré n'avoir absolument pas eu connaissance des grossesses potentielles. Il avait été présent lors des accouchements précédents de leurs deux enfants mais était absent le dimanche de l'accouchement.
Il ne savait rien du tout.
Mesures de protection de l'enfance
Les trois enfants survivants du couple (les deux aînés, âgés de 8 et 9 ans, et le nouveau-né) font l'objet de mesures urgentes de protection de l'enfance. Le parquet de Carpentras a demandé aux services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de réaliser une évaluation rapide de la situation des aînés ; ils sont actuellement pris en charge par des proches. Le nouveau-né a été placé sous mesure de garde provisoire en attendant la saisine d'un juge des enfants. L'enquête est désormais sous la supervision du juge d'instruction d'Avignon.
- La mère accouche à la maison d'un petit garçon en bonne santé.
- Le compagnon découvre les restes d'un nourrisson en décomposition dans une boîte ; alerte l'hôpital.
- La mère arrêtée à sa sortie de l'hôpital et placée en garde à vue ; le compagnon également placé en garde à vue.
- Le compagnon libéré sans poursuites.
- La mère inculpée pour meurtre de cinq mineurs de moins de 15 ans et placée en détention provisoire.
Résonance historique
L'affaire a suscité des comparaisons avec l'affaire Dominique Cottrez en 2010, dans laquelle huit corps de nouveau-nés avaient été découverts enterrés dans un jardin et un garage dans le nord de la France. Cottrez a été condamnée à neuf ans de prison en 2015. Cette affaire reste le cas d'infanticide le plus grave en France à ce jour.

