
Mercedes gèle la prime de 90 000 salariés et exige plus de travail à salaire égal face à la hausse des coûts en Allemagne
Le constructeur automobile allemand Mercedes-Benz reporte le versement d'une prime spéciale que 90 000 salariés devaient recevoir en juillet et leur demande de travailler plus longtemps pour le même salaire, invoquant des coûts de production élevés en Allemagne et une baisse des ventes en Chine.
Mesures immédiates
Mercedes-Benz a informé vendredi ses effectifs en Allemagne que la prime annuelle « Transformationsbaustein », équivalant à 18,4 % d'un salaire mensuel brut, ne sera pas versée en juillet comme prévu initialement. Le paiement est reporté à 2027, une décision qui concerne environ 90 000 des 108 000 salariés du groupe en Allemagne. Le directoire a justifié cette mesure par des coûts de production devenus trop élevés sur le site historique par rapport à la concurrence internationale.
Pourquoi l'Allemagne est trop chère
La lettre du directoire, signée par le PDG Ola Källenius et ses collègues, affirme que le site allemand a perdu en compétitivité. Elle pointe une capacité de production bien supérieure à la demande, un taux d'absentéisme parfois plusieurs fois plus élevé qu'à l'étranger et un nombre inférieur de jours ouvrés annuels.
Le constructeur a indiqué que certains produits et fonctions administratives seraient transférés vers des sites internationaux plus compétitifs, alors que les deux tiers des effectifs sont actuellement basés en Allemagne.L'heure de travail doit devenir moins chère – dans le développement, les ventes, l'administration et la production. La manière la plus directe et, à notre avis, la plus équitable : nous devrions tous travailler davantage pour le même salaire.
Le comité d'entreprise s'oppose
Le comité central d'entreprise du groupe a qualifié le report de la prime de « décision unilatérale » et a estimé que les causes des difficultés actuelles ne sont pas imputables aux salariés. Il a ajouté que la demande d'heures supplémentaires sans rémunération n'est pas un concept convaincant pour l'avenir, surtout avec un taux d'utilisation déjà faible des usines allemandes.
Le président du conseil de surveillance, Martin Brudermüller, avait récemment suggéré un retour à la semaine de 40 heures ; la norme actuelle dans l'industrie automobile allemande est de 35 heures.Quiconque définit la compétitivité principalement par des heures supplémentaires non rémunérées se donne trop de facilité.
Contexte financier
Mercedes est confronté à des vents contraires depuis un certain temps. Le bénéfice du groupe a chuté de 17,2 % au premier trimestre 2026. En 2025, les bénéfices ont été divisés par deux, passant de 10,4 milliards d'euros à 5,3 milliards d'euros après un exercice 2024 déjà plus faible. Les droits de douane, les effets de change défavorables et la concurrence intense en Chine ont pesé sur les résultats, et les ventes comme le chiffre d'affaires ont reculé.
- 2024
- 10.4 Md €
- 2025
- 5.3 Md €

