Diplomatie · Rome et Miami

L'escalade de la confrontation Trump–Meloni autour d'une photo et de la politique iranienne fait plonger les relations Italie–États-Unis à leur plus bas niveau depuis l'après-guerre

La Première ministre Giorgia Meloni a rejeté comme « complètement inventée » l'affirmation du président Donald Trump selon laquelle elle l'aurait supplié de prendre une photo avec elle, alors que le différend sur la politique iranienne et le respect mutuel pousse les relations bilatérales à leur point le plus bas depuis l'ère de l'après-guerre.

Texte IA fondé sur les articles de il Giornale.it, lastampa.it et Il Messaggero. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Rome, Miami · Italie, États-Unis
Comment on en est arrivé là
  1. 21 juinLe député Marco Pellegrini publie un faux selfie généré par IA, déclenchant des demandes de son exclusion de Copasir.
  2. 21 juinLa rencontre prévue Tajani–Rubio à Miami est en suspens ; la Farnesina refuse de confirmer la participation.
  3. 2 juil.Célébration de la fête de l'Indépendance américaine à la Villa Taverna, Rome – la participation italienne devrait être boycottée.

Les accusations de Trump

Vendredi 20 juin, le président Trump a déclaré à La7 que Meloni l'avait « supplié » de prendre une photo lors du sommet du G7 à Évian. Il a répété cette affirmation sur NBC, ajoutant qu'il aurait refusé la demande mais qu'il avait eu pitié d'elle.

La riposte de Meloni

Dans une réponse cinglante, la Première ministre Meloni a qualifié les déclarations du président de « complètement inventées » et a dit en être « franchement choquée ». Elle a ajouté regretter son manque de détermination face aux ennemis de l'Occident tout en attaquant ses alliés, et a déclaré : « Moi et l'Italie ne supplions jamais. »

« Les affirmations du président Trump sont totalement inventées, et j'en suis franchement choquée. »

Giorgia Meloni, première ministre de l'Italie

Une fausse photo aggrave la tempête politique

Le député d'opposition Marco Pellegrini (M5S), membre de la commission parlementaire du renseignement Copasir, a partagé sur les réseaux sociaux ce qui semblait être un selfie de Meloni souriant aux côtés d'un Trump renfrogné à Évian. L'image s'est révélée être un deepfake provenant d'un compte satirique. Frères d'Italie a exigé sa démission immédiate, le député Lucio Malan estimant qu'il pourrait s'agir d'une infraction pénale au titre de la loi italienne sur les deepfakes. Le Quirinal, où le président Mattarella avait déjà exprimé toute sa solidarité avec Meloni, est irrité par l'incapacité de l'opposition à se rallier à l'intérêt national.

Contacts diplomatiques gelés

À la suite de cette querelle, le gouvernement devrait boycotter la célébration de la fête de l'Indépendance américaine à la Villa Taverna à Rome le 2 juillet. Le vice-ministre des Affaires étrangères Edmondo Cirielli a déclaré qu'il n'y assisterait pas, tandis que le sénateur de la Ligue Claudio Borghi a exhorté à éviter un boycott. La rencontre prévue aujourd'hui entre le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani et le secrétaire d'État Marco Rubio à Miami est en suspens, la Farnesina refusant de confirmer la participation. L'entourage de Meloni a décrit les relations comme étant « à un plus bas historique ».

Le facteur iranien et la dérive transatlantique

Les analystes attribuent la fureur de Trump au refus de l'Italie d'envoyer des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz pendant la campagne menée par les États-Unis contre l'Iran. Le conflit s'est terminé par une trêve que beaucoup à Washington considèrent comme une humiliation : le mémorandum de Genève accorde 300 milliards de dollars à Téhéran et laisse le régime intact, tandis que le trafic de pétroliers dans le détroit est passé de 120 à moins de 20 navires par jour. Stan Veuger de l'American Enterprise Institute a qualifié la sortie de Trump de « totalement inappropriée » et a averti que les actions de l'administration aliénaient les alliés historiques, renforçant ainsi la Chine et la Russie.

« L'administration Trump a été un désastre pour les relations transatlantiques, et elle a également renforcé la Chine et la Russie tout en minant les liens avec les alliés sans aucune bonne raison. »

Stan Veuger, chercheur senior à l'American Enterprise Institute

La suite

Le dialogue bilatéral au niveau des dirigeants est rompu, mais les contacts ministériels sur des dossiers spécifiques pourraient se poursuivre. Les prochaines occasions multilatérales, un sommet de l'OTAN à Ankara en juillet, l'Assemblée générale des Nations unies en septembre et le G20 à Miami en décembre, ne devraient pas permettre un rééquilibrage sans un changement d'approche de la part de Washington.

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Sources et contexte

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