Macron accueille le prince héritier saoudien MBS à Paris pour une visite diplomatique de deux jours
Le président français Emmanuel Macron a reçu Mohammed ben Salmane dimanche pour des entretiens portant sur l'énergie, les transports et la sécurité au Moyen-Orient, suscitant les critiques des syndicats de journalistes français.
Réunions bilatérales à Paris
Le président français Emmanuel Macron a accueilli dimanche le prince héritier et dirigeant de facto d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, pour une visite officielle de deux jours en France. La visite couvre un large éventail de sujets bilatéraux et internationaux, allant de l'esport compétitif aux conflits en cours au Moyen-Orient. Cette réception diplomatique fait suite à un précédent voyage officiel du prince héritier saoudien à Paris en juillet 2022. Le deuxième jour de la visite, lundi, les délégations française et saoudienne prévoient de signer plusieurs accords bilatéraux couvrant les secteurs de la santé, des transports et de l'énergie. Un responsable de la présidence française a déclaré que ces accords reflètent la solidité des relations bilatérales entre Paris et Riyad.
- Mohammed ben Salmane visite la France suite à une invitation antérieure d'Emmanuel Macron
- Macron reçoit MBS à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d'esport de Paris
- La France et l'Arabie saoudite signent des accords bilatéraux sur la santé, les transports et l'énergie
- Macron et MBS président la première réunion du conseil de partenariat stratégique saoudo-français
Événements culturels et accords économiques
Le programme a débuté dimanche soir à 18h00 GMT, Macron recevant le dirigeant saoudien à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d'esport à Paris. Ce tournoi compétitif a réuni les meilleurs performeurs dans les disciplines numériques et de plateau, allant des jeux vidéo aux échecs. L'événement, qui a reçu un soutien substantiel de Mohammed ben Salmane, s'est déroulé pour la première fois en dehors de l'Arabie saoudite. Au-delà de la compétition de jeux, les fonds d'investissement saoudiens ont examiné d'autres projets de loisirs et de divertissement en France. Une initiative à l'étude est un grand parc à thème connu sous le nom de Dragons Ball, envisagé dans le département du Val-d'Oise, en banlieue parisienne. Un responsable de la présidence française a refusé de confirmer si le projet Dragons Ball serait inclus dans les accords formels signés lundi. L'engagement commercial bilatéral a lieu alors que l'Arabie saoudite se prépare à accueillir plusieurs événements mondiaux, dont l'Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de football masculin en 2034.
Conseil de partenariat stratégique et diplomatie régionale
Lundi après-midi, Macron et Mohammed ben Salmane doivent présider la première réunion du conseil de partenariat stratégique saoudo-français. Les deux dirigeants examineront les défis de sécurité régionale au Moyen-Orient, où l'Arabie saoudite agit comme un proche allié des États-Unis tout en gérant des tensions de longue date avec l'Iran. Riyad surveille également les développements politiques et militaires en Iran à la suite de la guerre américano-israélienne. Selon la présidence française, Macron et ben Salmane discuteront des questions régionales clés dans un cadre nécessitant une coordination étroite entre la France et ses partenaires du Golfe pour favoriser la paix et la stabilité dans tout le Moyen-Orient.
Manifestations pour la liberté de la presse et affaire Khashoggi
Quatre syndicats de journalistes français ont publié dimanche un communiqué commun condamnant Emmanuel Macron pour avoir accueilli le dirigeant saoudien en France. Le Syndicat national des journalistes, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO ont dénoncé cette visite de deux jours comme une insulte aux défenseurs de la liberté de la presse.
Après un précédent en juillet 2022, cette nouvelle invitation du prince héritier par Emmanuel Macron sonne comme une provocation pour les défenseurs de la liberté de la presse et de la liberté d'expression.
Les organisations syndicales et les groupes de défense des droits humains ont exprimé des inquiétudes concernant la liberté de la presse et la responsabilité de l'État, notant que la visite a lieu huit ans après l'assassinat en 2018 du journaliste dissident saoudien Jamal Khashoggi. Khashoggi a été assassiné et démembré à l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Une enquête des Nations unies a ensuite qualifié le meurtre d'exécution extrajudiciaire pour laquelle l'État saoudien porte la responsabilité. Les services de renseignement américains ont également estimé que Mohammed ben Salmane avait approuvé l'opération d'Istanbul qui a entraîné la mort de Khashoggi.


