
À Tirana, la manifestation étudiante dégénère, les vitres du ministère brisées et la police fait usage de canons à eau
Les manifestants rassemblés devant le ministère albanais de l'Éducation ont lancé des pierres et des fumigènes, et la police a riposté aux canons à eau après que des participants sont entrés dans la cour.
Affrontements devant le ministère
Des centaines d'étudiants et de citoyens se sont rassemblés mardi 13 octobre 2026 devant le ministère de l'Éducation à Tirana pour protester contre le gouvernement. Les slogans ont rapidement cédé la place à la violence, les manifestants lançant des pétards, de l'encre, des œufs et des pavés arrachés au trottoir. Les vitres du ministère ont été brisées et la grille métallique du bâtiment a été renversée, permettant à des manifestants encagoulés de pénétrer dans la cour. La manifestation a commencé vers 14 heures et la police a utilisé des canons à eau vers 15 heures pour repousser la foule. Certaines sources mentionnent aussi du gaz lacrymogène et du gaz poivré, la foule répondant par des jets de pierres, y compris contre les policiers eux-mêmes.
Après la dispersion des manifestants par la police, des étudiants et d'autres personnes se sont regroupés le long de la rue Durrës, dans le centre de Tirana, rejoints par de nouveaux participants. Des images diffusées localement montrent des manifestants mettant le feu à des poubelles.
- Début de la manifestation devant le ministère de l'Éducation à Tirana, avec des jets de pierres et de pétards
- La police utilise des canons à eau pour disperser la foule
- Les manifestants se regroupent le long de la rue Durrës, dans le centre de Tirana, rejoints par de nouvelles personnes
Revendications et projet hôtelier lié à Trump
Les manifestants réclamaient la démission du Premier ministre Edi Rama ainsi que de meilleures conditions dans l'enseignement. Les organisateurs ont pointé les conditions dans les universités, le coût des études supérieures, un soutien financier insuffisant et de faibles perspectives d'emploi après l'obtention du diplôme. Certains participants ont aussi exprimé un mécontentement plus large face aux inégalités sociales et à la politique gouvernementale. Ces troubles font suite à plus de quatre mois de manifestations antigouvernementales déclenchées par un projet touristique de luxe, auquel les opposants s'opposent depuis fin mai. Ce projet implique Ivanka Trump et son mari Jared Kushner, fille et gendre du président américain Donald Trump, et il a alimenté les accusations de corruption et de manque de transparence.
Arrestations et réaction officielle
Les rapports de la presse locale cités par l'AFP et Reuters font état d'environ 12 personnes arrêtées. Un article grec titrait sur des dizaines d'arrestations, tandis que son texte évoquait de nombreuses interpellations sans donner de chiffre, si bien que le total reste incertain. La vice-Première ministre Albana Koçiu a condamné la violence dans un message publié sur Facebook.
Elle a cité les jets de pierres, les attaques contre les institutions et la police, ainsi que la destruction de biens publics parmi les méthodes que les jeunes ne devraient pas employer.La violence n'a pas été, n'est pas et ne sera jamais une solution.
Des mobilisations étudiantes plus larges en Europe
La manifestation de Tirana coïncide avec des mobilisations étudiantes dans d'autres pays européens. En France, des lycéens bloquent des établissements depuis des semaines pour réclamer davantage d'enseignants et de meilleurs bâtiments, affirmant que des locaux dégradés et des classes surchargées dégradent la qualité de l'enseignement. Avant la manifestation, un communiqué accusait le gouvernement d'avoir transformé la république parlementaire en une tyrannie qui ne produit que du mécontentement. Un manifestant a déclaré que l'Albanie avait besoin d'une révolution et d'une refonte complète du système, car la situation ne pouvait pas perdurer. Reuters a replacé la manifestation de Tirana dans une vague plus large d'activisme étudiant à travers l'Europe.
