- 9 oct.Des antennes auraient été incendiées au sud de Sofia
- 14 oct.Le parquet met les deux suspects en examen
- 16 oct.Les suspects sont inscrits sur la liste des personnes recherchées
- 19 oct.Le tribunal de la ville de Sofia approuve les mandats d'arrêt européens
Mandats délivrés à Sofia
Le tribunal de la ville de Sofia a approuvé lundi 19 octobre des mandats d'arrêt européens contre deux ressortissants allemands de 19 ans soupçonnés d'avoir incendié des antennes Starlink. La demande émanait du parquet, et le tribunal a estimé que les éléments réunis permettaient de soupçonner raisonnablement les deux hommes. Leurs avocats commis d'office ont annoncé qu'ils contesteraient cette décision, susceptible d'appel dans un délai de trois jours. Le parquet avait mis les deux suspects en examen le 14 octobre et les avait inscrits sur la liste des personnes recherchées à partir du 16 octobre. Le tribunal a motivé ainsi son appréciation des preuves.
« Les preuves réunies permettent de conclure qu'il existe des motifs raisonnables de soupçonner l'implication des deux prévenus. »
Ce que le parquet reproche aux suspects
Selon le parquet, les deux hommes ont mis le feu le soir du 9 octobre, vers 22 h 25 heure locale, sur un site comptant 18 antennes dans une zone montagneuse au sud de Sofia. D'après le dossier, trois antennes ont été entièrement détruites, deux partiellement brûlées et trois autres endommagées. Le parquet affirme que les suspects sont entrés en Bulgarie depuis la Serbie ce jour-là à bord d'une Volkswagen immatriculée en Allemagne et appartenant à un tiers, en invoquant le tourisme comme motif de leur voyage. Ils ont quitté le pays par le même poste-frontière le soir même, vers 23 h 55, après n'être restés que quelques heures sur le territoire. La défense conteste l'identification et soutient que les images de vidéosurveillance ne la permettent pas, tandis que le parquet indique que les auteurs portaient des masques et des gants. Le tribunal a néanmoins jugé les témoignages et les éléments de preuve suffisants à ce stade.
- Entièrement détruites
- 3 antennes
- Partiellement brûlées
- 2 antennes
- Endommagées
- 3 antennes
Données tirées du texte de l’article
Mises en examen et chronologie
Le parquet a mis les deux hommes en examen le 14 octobre, et les suspects sont recherchés depuis le 16 octobre. L'incendie volontaire est passible de trois à douze ans de prison au titre de cette qualification. L'approbation des mandats d'arrêt européens par le tribunal le 19 octobre constitue la dernière étape en date de l'affaire. Les dates clés figurent dans la chronologie ci-dessous.
Les responsables bulgares et l'opposition
Le Premier ministre bulgare Rumen Radev a confirmé l'incendie le 14 octobre. Le directeur de la DANS, Plamen Tonchev, a déclaré qu'il partait de l'hypothèse d'un sabotage délibéré et que des actes similaires ne pouvaient être exclus à l'avenir. Le ministre de l'Intérieur Ivan Demerdzhiev a indiqué que la police avait renforcé la protection d'installations telles que les stations Starlink, tout en soulignant que leur sécurité incombe aux propriétaires. La coalition d'opposition Bulgarie démocratique a signalé l'incendie et affirmé que 11 des 17 antennes reliées à SpaceX, que l'Ukraine utilise, avaient été volontairement incendiées le 9 octobre, un décompte qui diffère des chiffres du parquet. Les partis d'opposition n'excluent pas un sabotage et soupçonnent un lien avec la Russie.
Liens avec la Pologne, l'Allemagne et la Lituanie
Les mandats bulgares font suite à une affaire polonaise. Une station terrestre Starlink située au sud de Varsovie, dans le centre de la Pologne, a pris feu le 23 septembre, et les responsables polonais estiment que la Russie en est à l'origine. Le Premier ministre Donald Tusk a qualifié l'attaque d'acte de « guerre hybride », et l'agence de renseignement intérieur polonaise a affirmé que la Russie avait coopéré avec des éléments de la criminalité organisée en Allemagne. Au cours de la semaine du 12 octobre, la police allemande a interpellé quatre personnes, trois hommes et une femme, dont deux ressortissants turcs, et des arrestations ont eu lieu à Nürtingen, près de Stuttgart. Dimanche 18 octobre, le Premier ministre lituanien Mindaugas Sinkevičius a déclaré que la Russie était probablement à l'origine d'une tentative d'incendie dans des locaux de Vilnius où sont stockés des équipements de communication par satellite Starlink. Les forces armées ukrainiennes utilisent Starshield, un service Starlink de qualité militaire, pour leurs communications sur le champ de bataille.