En bref
Macron a déclaré mercredi 21 octobre à Doha qu'il ne voyait aucune ingérence étrangère claire dans les émeutes, mais que les commentaires de dirigeants étrangers reposaient sur des informations manipulées, notamment des images générées par IA.
Depuis les émeutes qui ont touché Paris, Lyon, Marseille et Nice, près de 150 personnes ont été incarcérées et plus de 800 ont comparu devant les tribunaux, selon la BBC.
Trump a imputé la violence aux immigrés et aux islamistes, et Netanyahu a déclaré mardi 20 octobre à i24 que la France était frappée par une invasion de l'islam extrémiste.
L'UNEF a appelé à des manifestations le samedi 24 octobre et les Gilets jaunes ont déposé des déclarations pour une marche dans le centre de Paris, tandis que les syndicats prévoient une grève nationale le 5 novembre.
- 22 oct.La police interdit des manifestations dans plusieurs quartiers de Paris ; Macron doit rencontrer des responsables du renseignement et des ministres
- 24 oct.L'UNEF et les Gilets jaunes prévoient des manifestations à Paris
- 5 nov.Les syndicats prévoient une grève nationale sur le coût de la vie et les coupes dans les services publics
L'accusation de Macron depuis Doha
Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé devant des journalistes à Doha le mercredi 21 octobre, lors d'une visite de trois jours dans les pays du Golfe. Il n'a nommé personne, mais il a accusé des dirigeants étrangers de faire campagne aux frais de la France avec des commentaires sur les troubles, qu'il a qualifiés d'inacceptables et de stupides. Interrogé pour savoir s'il visait Donald Trump, il a répondu que Trump figurait parmi ceux qu'il visait. Il a cité des dirigeants de la région et de l'autre côté de l'Atlantique qui sont, selon ses mots, en campagne électorale.
Les émeutes et les manifestations qui les ont précédées
La violence a éclaté le samedi 17 octobre, après des semaines de manifestations étudiantes contre la mauvaise qualité de l'enseignement, le manque d'enseignants et des bâtiments scolaires délabrés. Les rassemblements se sont ensuite élargis en une protestation plus large contre le prix élevé des carburants et la hausse du coût de la vie. Des jeunes masqués se sont affrontés à la police, ont pillé des commerces et endommagé des bâtiments publics, et le gouvernement a admis que la police avait « perdu le contrôle » pendant les violences. Près de 150 personnes ont été incarcérées et plus de 800 ont comparu devant les tribunaux depuis les émeutes, qui ont touché Paris, Lyon, Marseille et Nice. Macron a promis que les autorités seraient sans compromis envers les agitateurs d'extrême gauche, qu'il a jugés responsables d'une grande partie des désordres.
Les accusations de Trump et de Netanyahu
Trump a commenté à plusieurs reprises la violence en France depuis samedi, imputant les troubles aux immigrés et aux islamistes sans apporter de preuves, selon Deutsche Welle. Il a écrit sur Truth Social que la France était en feu et appelé à la fermeture des frontières, et il a déclaré que Paris deviendrait bientôt une ville musulmane. Certaines de ses déclarations ont été faites lors d'un meeting de campagne, son parti républicain étant confronté aux élections de mi-mandat en novembre. Netanyahu, interrogé mardi 20 octobre par la chaîne israélienne i24, a dit s'inquiéter de la violence à Paris. Il a affirmé que la France, qui compte la plus importante minorité musulmane d'Europe, était frappée par une invasion de l'islam extrémiste.
Désinformation et images générées par IA
Macron a déclaré n'avoir constaté aucune ingérence étrangère claire dans les événements eux-mêmes, mais il a soutenu que des manipulations étrangères de l'information avaient suivi les émeutes et alimenté des commentaires inacceptables.
« Il n'y a pas eu d'ingérence étrangère claire dans les événements qui ont eu lieu. »
Des vidéos générées par IA ont circulé pendant et après les troubles, montrant des scènes qui ne se sont jamais produites en France. Une fausse image d'un couple de personnes âgées blanches prétendument dévalisées par des émeutiers masqués est également devenue virale. Macron a dit n'avoir aucune preuve que la Russie, l'Iran ou l'Algérie avaient incité à la violence, comme certains médias l'avaient suggéré. Il a rejeté l'affirmation selon laquelle la France aurait été submergée par des hordes de migrants et d'islamistes.
« Certains ont affirmé que nous étions envahis par des hordes de migrants et d'islamistes, ce qui est totalement faux. »
L'opposition et la suite
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle, a accusé Macron de nier la réalité et de chercher à reporter sur d'autres la responsabilité des problèmes du pays.
« Les propos complotistes du chef de l'État sont graves. »
Marion Maréchal a accusé Macron de minimiser « le chaos des émeutes » et a contesté sa politique migratoire. Macron a déclaré qu'aucune violence n'est légitime, verbale ou physique, contre les biens ou contre les personnes. Le syndicat étudiant UNEF a appelé à de nouvelles manifestations le samedi 24 octobre, et les Gilets jaunes ont déposé des déclarations pour une marche dans le centre de Paris le même jour. Les syndicats prévoient toujours une grève nationale le 5 novembre sur le coût de la vie et les coupes dans les services publics, après des négociations avec le gouvernement qui se sont achevées sans accord. Macron devait rencontrer jeudi 22 octobre des responsables du renseignement et des ministres de premier plan pour discuter de la crise.